‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 386 sur 477 · UNION DE R ATI S BONNE · texte numérisé non relu

UNION DE R ATI S BONNE

prélats avaient juré de faire exécuter Tédit de Worms dans leurs États, autant que cela serait en leur pouvoir et selon rengagement qu'ils en avaient pris à la Diète de Nuremberg. Ils avaient aussi promis de

firent publier un édit sévère contre les luthériens. Pour motiver leurs rigueurs, ils s'efforçaient de démontrer à leurs sujets que de l'Évangile de Luther on ne pouvait attendre que le bouleversement de toutes les lois divines et humaines, et qu'il pouvait causer une irréparable et grave confusion dans les choses de la foi. La correspondance des ducs avec le docteur Jean Eck, leur ambassadeur accrédité à Rome, prouve sans réplique que les offres du Souverain PoiiJife n'eurent lieu qu'après que le Pape leur eut témoigné la satisfaction que leur conduite lui causait, et avoir reçu d'eux plusieurs de leurs suppliques. (Voy. la dépêche du duc Louis à son frère le duc Guillaume, 6 novembre 1522, dans .louG, p. 323.) Le docteur Eik obtint l'année suivante les brefs du Pape qu'avait sollicités la Bavière (des 1" et 12 juin 1523). Entre autres avantages, le Pape abandonnait aux ducs la cinquième partie des revenus ecclésiastiques, à condition que cet argent serait affecté à la guerre contre les infidèles . " contra perfidos orthodoxae fidei hostes », ce sont les propres termes du bref. " Les dépêches du docteur Eck, dit ilegel p. 375), démontrent avec évidence que ces paroles désignent les Turcs, et non les luthériens. ■> liegel ajoute dans un louable esprit d'impartialité ; " Ce ne sont donc pas des avantages demandés et obtenus postérieurement qui ont pu décider les princes bavarois aux rigoureuses mesures qu'ils crurent devoir adopter pour combattre la doctrine luthérienne et ses partisans; il faut nous eu tenir iimplement aux motifs exposés dans leur ordonnance : les ducs déclarent que de la doctrine luthérienne ne peuvent sortir que le bouleversement de l'ordre établi et l'anarchie religieuse. < Eck, dans le voya e qu'il fit à Piome au printemps de 1523, avait reçu les graves plaintes des ducs sur l'apathie des évêques ba\arois qui ne prenaient aucune mesure pour empê;her la nouvelle doctrine de pénétrer dans le pays. Lorsqu'on leur amenait des prêtres accusés de l'avoir prêchée puijiiqutment afin qu'ils sévissent contre eux, les é>éques se montraient totalement indifférents, et l'étaient également lorsqu'il s'agissait de réprimer l'inconduite et les scandales de leur clergé. Le pape Adrien autorisa une commission composée de six abbés bavarois et de trois doyens à dégrader les prêtres convaincus d'hérésie, et à les livrer au bras séculier, si les évêques n'avaient déjà fait leur devoir dans un délai fixé (12 juin 1523). En même temps, Adrien faisait de libérales donations à l'Université d'Ingoistadt, et surtout à la faculté de théologie, afin de la mettre en état de rétribuer des hommes éclairés et savants, exercés à la controverse. Il donnait aussi aux dtics le droit de proposer pour un canonicat, ù chacun des chapitres des principales églises de Bavière, un des professeurs de théologie dingolstadt. L'instruction lemise par le duc Guillaume au docteur Eck portait que l'erreur luthérienne, qui allait toujours grandiss ;nt, ne pourrait être extirpée saus grand labeur et fatigue, et avant tout par la grâce du Tout-Puissant, et que les théologiens, docteurs dans les sciences sacrées, devaient travailler à la détruire. >• Mais dans notre Université d'Ingoistadt, disait le duc, nous n'avons plus à présent que deux théologiens. On y enseigne surtout le grec, l'hébreu et la poésie. A cause du mouvement luthérien qui trouble les esprits, les étudiants ecclésiastiques et laïques sont bien plus attirés vers la poé^ie que vers l'étude de la sainte Écriture. Aussi la fausse doctri:;e gague-t-elle tous les jours du terrain. « Le duc deujandait que quatre théologiens fussent adjoints aux deux professeurs déjà en fonction pour l'enseignement public de la philosophie et de la sainte Écriture. (Joug, p. 323-325.) Le gouverneur, les autorités et conseillers du duché de Wurtemi)erg s'expriment à peu près dans les mêmes termes dans un rescrit adressé à l'archiduc Ferdinand {2 juin 1524). Ils se plaignent surtout de l'extrême indulgence des évêques pour les prêtres convaincus d'hérésie. Ce rescrit demandait encore que tous les prêtres hérétiques fussent privés de leurs bénéfices, et proscrits, et que leurs emplois et prébendes fussent

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