‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 396 sur 477 · LUTHER DONNE A TOUT CHRETIEN LE DROIT D'ENSEIGNER L'EVANGILE · texte numérisé non relu

LUTHER DONNE A TOUT CHRETIEN LE DROIT D'ENSEIGNER L'EVANGILE

malgré la parole et le commandement exprès de Dieu, nous ont imposé leurs dogmes et ont prétendu régner sur nous. »

« Concluons donc, maintenant : Une communauté chrétienne qui a reçu l'Évangile a non-seulement le droit et le pouvoir, mais est strictement obligée, sous peine de salut, sous peine de manquer à l'obligation que nous avons tous contractée envers le Christ au jour de notre baptême, de se soustraire à l'autorité desdits évêques, abbés ou recteurs; car il est évident que tous ces personnages enseigneni et régnent malgré Dieu et sa parole. Oue ceci soit dit une bonne fois, solidement établi, et qu'on se persuade bien que le droit divin elle salut de notre âme exigent absolument que nous fuyions et abolissions les ordres ou juridictions de tous les évêques, abbés, monastère*, etc. ')

" Mais parce qu'une communauté chrétienne ne doit ni ne peut subsister sans la parole de Dieu, ce qui vient d'être expliqué prouve surabondamment qu'il faut la pourvoir de docteurs et de prédicants, afin que le ministère de la parole y soit exercé; et comme, dans les funestes temps ou nous vivons, les évêques et leurs faux assistants spirituels ne sont ni ne consentent à être ces docteurs et n'en veulent ni donner ni tolérer, que Dieu ne doit p is être tenté, et que nous ne pouvons nous attendre à ce que de nouveaux apôtres nous tombent du ciel, il faut nous en tenir à l'Écriture, et élire entre nous, puis établir, ceux d'entre nous qui seront trouvés aptes au ministère, ceux dont Dieu a éclairé l'intelligence et qu'il a ornés de ses dons. Tout chrétien sait ce qu'il faut savoir; tout chrétien a reçu l'onction sacerdotale; non-seulement tout homme a le droit et le pouvoir d'annoncer la parole de Dieu, mais il y est obligé, sous peine de perdre son âme et d'offenser gravement le Seigneur. « " Quand un chré'.ien se trouve absolument isolé dans un pays (c'est-à-dire lorsqu'il n'y rencontre point de luthériens), il n'a besoin d'autre élection que son nom de chrétien; il est appelé de Dieu, sacré intérieurement par Dieu même, et la charité fraternelle l'obligea prêcher l'Évangile aux païens ou aux chrétiens égarés, bien que personne ne l'y ait convié. Si au contraire il y a des chrétiens dans le lieu qu'il habite, ayant par conséquent même pouvoir, même droit que lui, il ne doit pas prendre sur lui d'exercer le saint ministère, mais attendre qu'il soit choisi et élu, afin d'enseigner et de prêcher la parole au nom et sur le commandement de ses frères. »Mais bientôt Luther se ravise : " Telle est cependant la puissance du chrétien », dit-il, « que, même au milieu de ses frères et sans y avoir été appelé par les hommes, il peut et doit se mettre eu avant et enseigner, aussitôt qu'il apprend que la communauté dont il est membre n'a point de docteur. >'

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<,)uaut aux évoques et autres supérieurs spirituels assis sur la chaire du déiDOU, ce sont des loups, et il leur convient aussi peu d'annoncer la |)arole et d'exercer la charge pastorale (ju'aux Turcs et aux .Inils. Qu'ils aillent donc paitre les ânes et les chiens! Ce sont des ivrans et des misérables, qui ont agi envers nous en apôtres du diable qu'ils sont '. >'

Conformément an principe de Luther « que tout auditeur a le droit de décider sur la vraie doctrine, et que chacun a le devoir de se mettre en avant et d'enseigner i, Thomas Münzer (comme le firen: après lui beaucoup d'autres prédicants), après avoir- pendant quelque temps écoulé avec loi et attention le nouvel évangéliste de Wittemberg », déclara que sa doctrine était défectueuse, et que c'était lui, Miinzer, qui avait été ciioisi par Dieu pour annoncer la saine doctrine, qui dillérait essentiellement de celle de Luther.

Miinzer, après avoir quitté Zwickau-, s'était reudu en Bohême pour y servir « la cause de l'Évangile » et « faire retentir sur les trompettes éclatantes un nouveau cantique ». « En Bohème -, écrivait-il, " Dieu allait accomplir en faveur des élus des choses merveilleuses. Là serait fondée la véritable Église, et le peuple de Bohème était destiné à devenir la lumière des nations. » Comme Luther, Miinzer se donnait pour l'envoyé du ciel; il était prêt à sacrifier sa vie pour prouver l'authenticité de sa mission; le Seigneur « aiguisait sa faucille, et lui n'aurait qu'à récolter les épis miirs de la moisson' -.

Mais les Bohèmes ayant refusé de confirmer cette divine mission et l'ayant chassé de leur pays, il se rendit à Nordhausen, puis à Alstedt, petite ville isolée de l'électorat de Saxe. La communauté d'Alstedt l'élut pour son pasteur; Miinzer s'y établit, et y épousa une religieuse.

Uni à d'autres prédicants, et sans se soucier aucunement de Luther, il commença par organiser un nouveau culte, rejeta le baptême des enfants*, la présence réelle, et ne tarda pas à prêcher un Évangile entièrement différent de celui de Luther \ Luther, selon

• Sûmmenll Werke, t. XXH, p. 140-151.

- Voy. plus haut, p. 223.

' Seidemann, Thomas Mû.izer, p. 122-124. — Voy. aussi 19-20. « Ma doctrine vieut d'en haut. Dieu même me l'a communiquée, comme je suis prêt à le prouver par tous les livres de la Bible. » Lettre de Miinzer, le mercredi après saint .\ndré (2 décembre) 1523. — Voy. l'on dem getichten Glauben, Blatt B-.

* Tous les maux de la chrétienté - venaient d'une fausse doctrine sur le ï aplême, et d'une foi inventée à plaisir... « « Le véritable baptême n'a pas été compris, et les enfants ont été introduits dans le christianisme d'une manière grossière et digne des singes. ■> Mlnzer, Protestation, BI. C-. k^. B.

° » Grâce à moi, la prédication évangélique de la doctrine chrétienne sera de beaucoup améliorée. Protestation Blatt., C-.

r.90 MUNZER SUR L'EVANGILE DE LUTHER.

Miinzer, avait égaré la chrétienté. « Tu n'es qu'un grossier archidiable «, lui écrivait-il; » croyant comprendre le texte d'isaie, et sans la moindre intelligence des choses divines, tu as fait de Dieu le principe du mal. N'est-ce pas là la preuve manifeste des effroyables châtiments de Dieu sur toi? Cependant tu es encore aveugle, et, tout aveugle que tu es, tu prétends être le guide de l'univers, et tu t'irrites lorsque Dieu révèle au monde que tu n'es qu'un pauvre pécheur, une misérable vipère, malgré toute ta dégoûtante humilité. Ton esprit extravagant, fantasque, a établi, par ton saint Augustin, une doctrine inique et hardie sur le libre arbitre, au grand déshonneur de l'humanité. >' « Luther ii, dit ailleurs Münzer, - est un réformateur inintelligent, un homme efféminé, qui met des coussins sous la chair délicate des pécheurs; il élève trop la foi et rabaisse trop les œuvres. Sa prédication sur la foi inerte a fait plus de tort à l'Évangile que toutes les doctrines papistes. >; " On dépasse singulièrement le but en soutenant que la foi justifie seule, sans le secours des œuvres. C'est là un discours impudent, car, s'il en était ainsi, la foi ne vaudrait pas une obole, pas même un moucheron! » Ceux qui se disent évangélistes portent la foi aux nues; et là-dessus la nature présomptueuse de s'écrier : S'il ne s'agit que de croire, oh! comme lu y parviendras vite! Elle dit encore : Tu es né de parents chrétiens, tu n'as jamais cessé d'espérer en Dieu, tu resteras ferme dans ta foi! Oui, assurément, tu es un vrai chrétien! Oh: comme je puis obtenir le ciel à bon marché! Honte aux prêtres! Ah! les maudits, comme ils m'ont rendu la chose aigre! Nos gens pensent alors parvenir au salut tout en menant une vie criminelle; ils ne lisent et n'entendent plus rien de tout ce qui n été enseigné sur la foi et les œuvres, et se croient bons évangélistes, grâce à quelques paroles sonores. C'est là une énorme, une lourde, une grossière erreur, et c'est à cause d'elle que beaucoup mènent une vie honteuse. Luther sert de manteau à leur ignominie, car on aime à entendre prêcher un Christ doux comme le miel, qui a tout expié pour nous et qui donne tout pour rien. ^ " Nos docteurs d'aujourd'hui ont toujours la sainte Écriture à la bouche; ils écrivent et lèchent toutes sortes de livres; plus ils vont, plus ils répètent : « Crois, crois! ' Et cependant ils nient l'avènement de la foi, ils raillent l'esprit de Dieu, et, en fin de compte, ils ne croient à rien du tout, comme tu peux t'en apercevoir! Ceux qui prêchent cette foi unique ne sont que des pourceaux! Christ a dit et répété : Mes brebis entendent ma voix, et elles ne suivent pas la voix du mercenaire. Or Luther est un mercenaire; il dévaste et rend inculte le sentier de la vie éternelle; il y fait croître les épines et les chardons, et rabâche sans cesse : Crois, crois! tiens toi ferme, ferme; que ta foi soit si forte,

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si forte, qu'avec elle tu puisses enfoncer des pieux dans la terre! ^ Dans la P'mi.ssc Foi de mosquée, Miinzer se plaint encore (jue Luther, « le noir marmouset venimeux >', et les nouveaux évangélistes ses disciples, aient empoisonné le lémoignajje écrit du Saint- Ksprit. u Les luthériens ne souffrent pas la plus légère contradiction, ils préfèrent envoyer tous leurs adversaires au diable. Leur doctrine ne veut à aucun prix en venir aux actes, car elle n'aspire qu'à la liberté de la chair. Les évangélistes sont des esclaves de leur ventre; comme ils enseignent tout ce qu'ils veulent, ils ont trouvé bon de prêcher aussi le ventre! « ' Les prêtres épousent de vieilles femmes avec de grandes fortunes, car ils ont peur de finir par être sans pain. Oui, en vérité, ce sont de beaux évangélistes! Ils ont véritablement une ferme, ferme foi! Il serait bien loti, celui qui se confierait à leur masque hypocrite et à tout ce que rabâche leur idole de moine ! Ils fout sonner leur fameuse foi si haut que cela n'est pas croyable ! Il faut n'avoir ni bon sens ni intelligence pour enseigner ce qu'ils nous racontent! Ils calomnient tout ce qu'ils ne veulent pas admettre, et se refusent à entendre et à voir. « « Oh! chers maîtres, ne soyez pas tellement fiers de votre foi idiote! Ne donnez pas, à cause d'elle, tout le monde au diable, excepté vous, comme vous avez coutume de le faire! On va tous les jours en plus grandes troupes à Satan, grâce à vous autres! Vos évangélistes rapaces et usuriers déshonorent leur nom par leurs actes! Cependant, à leur avis, personne n'est chrétien s'il n'adopte leur doctrine sur la foi'. "

Mais si Münzer jugeait ainsi le dogme fondamental des luthériens, il était entièrement d'accord avec Luther pour rejeter l'autorité de l'Église. Il niait que la révélation piU venir du dehors : " L'homme ne reçoit la révélation ni par l'Église, ni par la prédication, encore moins par la parole morte de la Bible-, mais uniquement par l'Espril-Saint, qui parie directement à chacun de nous. Seule, la parole vivante et directe de Dieu peut donner la foi. Il faut l'écouter dans le sanctuaire intime de son âme, et s'efforcer de l'annoncer aux autres au moment même où elle se fait entendre. Tremblant, bouleversé à la vue de ses iniquités et de son incrédulité, l'homme reçoit les communications de Dieu, les visions célestes. Il doit les attendre

• Bl. »:-. D. i:. Il appelait Luther ■ archipaïen, archicoquin, docteur Mensonge, la femme impudique de Babyione, le pape de Wittemberg, dragon, Ijasilic ', etc. Strobel, p. 1>8-197. Seidemann, p. 47.

* • Quand bien même tu aurais avalé je ne sais combien de Bibles, cela ne t'aiderait en rien, tu n'auras la foi que si Dieu te la donne et te l'enseigne lui-même. » Protestatio,,, Bl. B-.

dans une profonde componction de coeur', puis demander des signes à Dieu, afin de pouvoir bien s'assurer que sa ioi est véritable. Celui qui réclame hardiment et énergiquement de tels signes, fût-ce même avec impatience et colère, sera exaucé par le Seigneur. Dieu se plaira à apaiser sa soif et s'entretiendra familièrement avec lui, comme autrefois avec Abraham et .lacob. »

= De tels enseignements plaisaient extrêmement au peuple », rapporte un chroniqueur contemporain. « 11 lui était agréable de s'imaginer parler à Dieu de si près et recevoir de lui directement des signes, car la nature humaine est curieuse; elle aime les choses extraordinaires et mystiques. L'homme du peuple, en sa vanité, était flatté de se croire plus saint, plus instruit que tous les savants -. »

Münzer donnait sa doctrine pour le « véritable Évangile », pour la < pure parole de Dieu » ; il la croyait destinée à fonder la « véritable Eglise des élus « et à renouveler la face de la terre. Mais pour la propager, il était indispensable d'entrer franchement en lutte et de se servir du glaive. Dans ses sermons et ses écrits, il s'efforce, en paroles ardentes, de décider l'électeur Frédéric et le duc Jean de Saxe à prendre l'initiative de la guerre sainte : « Princes bien-aimés >;, leur dit-il dans un sermon prêché en leur présence au château d'Alstedt, « entendez votre sentence de la bouche même de Dieu, et ne vous laissez plus séduire par vos prêtres hypocrites; qu'une patience et une bonté illusoires ne vous arrêtent point, car la pierre qui s'est détachée d'elle-même de la montagne est devenue redoutable, et les pauvres laïques et paysans ont une vue plus pénétrante que la vôtre. Oui, Dieu soit loué, le peuple est devenu si fort que, si vous autres seigneurs ou princes voisins vouliez le persécuter à cause de l'Évangile, il vous renverserait immédiatement, j'en ai la ferme conviction, tant la pierre est devenue énorme. Le monde, tout inintelligent qu'il est, s'en épouvante depuis longtemps; il en est venu à bout lorsqu'elle était encore petite, mais que fera-t-il maintenant qu'elle peut l'écraser? Pour vous, chers princes, marchez hardiment sur la pierre angulaire, à l'exemple de saint Pierre; cherchez loyalement et uniquement la justice de Dieu, embrassez vaillamment la cause de T Évangile, et Dieu sera à vos côtés, n'en doutez point. Si vous pouviez comprendre la détresse de la chré-

' " Attendre les visions et les recevoir avec une coraponction profonde, c'est ajîir dans un esprit vraiment apostolique, patriarcal et prophétique. Aussi n'est-il pas étonnant que le Frère Gros-Porc et le Frère Douce-Vie aient rejeté de pareils moyens. •> Mudegunçj des atidon Unterschieds Danidïs, Bl. B'-'' et C.

- Voy. Si\oiii:L, p. 165-167, 188-197. Se rapprochant des doctrines panthéistes, MüDzer émet cet axiome : « l.a foi n'est autre chose que le Verbe fait chair en nous, que le Christ né eu nous. »

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lieuté, si vous faisiez réHexion sur ses maux, vos cœurs brûleraient du même zèle que celui dont fut embrasé jadis le roi .léhu. « Les princes devaient chasser par l'épée « tous les ennemis de l'Evangile », s'ils voulaient être non des démons, mais des serviteurs de Dieu. Le Christ n'avait-il pas dit en propres termes : • Saisissez-vous de mes ennemis, et égor<jez-les devant mes yeux "? - Et pourquoi cette rigueur? me diras-tu. Ah! parce que ces méchants ont corrompu le royaume du Christ et pensent encore excuser leur malice en la cachant sous le masque de la loi chrétienne, scandalisant le monde entier parleur détestable hypocrisie. « Ceux qui s'opposent à la révélation divine seront massacrés sans miséricorde; c'est ainsi qu'Ézéchias, Josias, Cyrus, Daniel et Élie mirent autrefois à mort les prêtres de Baal. Sans cette extermination nécessaire, l'Église chrélienne ne pourra jamais être ramenée à sa pureté primitive. Il faut arracher l'ivraie du champ du Seigneur au temps de la moisson, afin que le beau froment doré pousse des racines profondes et puisse pros|)érer. Or les anges qui aiguisent leurs faucilles pour ce travail béni sont les vrais serviteurs de Dieu, et ils accomplissent le désir de la divine Sagesse. « Tous les papistes devaient donc périr : = Dieu a dit : Vous serez sans miséricorde pour les adorateurs d'idoles, vous briserez leurs autels, vous mettrez en poudre leurs images et vous les brûlerez, si vous voulez que mon courroux ne s'élève point contre vous. Les impies n'ont pas le droit de vivre. » " Pour vous ne redoutez rien, car celui-là veut régner seul, auquel toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre '. »

Tandis que Münzer exhortait ainsi les princes " à ces grandes et divines choses ", il organisait publiquement à Alstedt une ligue dont les membres s'engageaient par serment à soutenir et à favoriser l'établissement du nouveau royaume de Dieu. Dans ce royaume, d'après la propre déclaration de Miinzer, les chrétiens seraient tous égaux entre eux, les biens de la terre seraient communs; on les partagerait entre tous, selon les nécessités et besoins de chacun. Tous les chrétiens devaient en faire partie. Les princes, comtes ou seigneurs, qui refuseraient d'y entrer après avoir été avertis de réfléchir mûrement à la résolution qu'il convenait de prendre, auraient la tête tranchée ou seraient pendus -. -i

Münzer recruta un nombre considérable d'adeptes, épris de sa doctrine mystique et comnviniste à la fois. On accourait en foule à ses sermons. -^ D'Eislebeu, de Mansfeld, de Sangerhausen, de Frankenhausen, de Ouerfurt, de Halle, d' Aschersleben et d'ail-

■ Jluslegung des andern Unterschieds Danielis, Bl. (,*, li^. ^ Münzers Bekenntnuss, Bl. A--'.

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