A \ A R <; II I K I? E M 0 I F, U SE
avait rejeté l'autorité du siège apostolique, les couciles généraux, et beaucoup d'autres dogmes fondamentaux de l'Église. Comme les < frères de lîohéme >, il avait vu dans la sainte Kcriture Tunique source de la foi; comme eux, il avait aboli toute différence entre les prêtres et les laïques, et enseigné le sacerdoce universel, appelant le Pape Antéchrist, et l'antique Église, avec sa constitution, ses lois, ses institutions, ses droits, ses usages, une ■•<■ invention de l'enfer' ". Aussi ce qu'on avait vu se produire en lîohéme, c'est-àdire " cette effroyable licence religieuse » dont des témoins oculaires ont rapporté les excès, allait-il nécessairement se reproduire en Allemagne. Comme Luther le constatait (l.>2.jj, il y avait maintenant presque autant de sectes et de Credo que de têtes. C'est ainsi qu'en 1502 lioliuslav Hassenstein avait écrit de Bohême qu'en ce pays les sectes étaient innombrables; qu'on y rencontrait des wicléfites, des Picards, des contempteurs de la divinité de Jésus-Christ, des sectaires niant l'enfer, l'immortalité de* l'âme, ou persuadés que toutes les religions étaient également bonnes; vieillards, adolescents, hommes et femmes se croyaient appelés à expliquer la sainte Écriture, et se disputaient sur des points de foi-.
Dès qu'on eut détruit l'obéissance envers l'autorité de l'Eglise, d'abord en Bohème, puis en Allemagne, rien n'eut plus un ferme équilibre dans la pensée ni dans le cœur du peuple.
Et sur le terrain social, d'abord en Bohême, puis eu Allemagne, tout chancela, tout fut ébranlé par la propagation des principes de Jean Huss.
' Le premier, Wiclef avait appelé le Pape l'Antéchrist. II avait dit à plusieurs reprises en parlant du Pape : ^ ...homo peccati Antichristus insignis loquitur, quodsit summus Chiisli vicarius. » Nul iiomme sur la terre ne désignait plus clairement l'Antéchrist, le lieutenant de Satan, que le Pape : « ...ut sit vicarius principalis Satanœ et pra^cipuus Antichristus '. etc. Dans ses prédications, Wiclef, sans autre commentaire, disait Anlechrist pour Pape. — Voy. Leculer, t. I, p. 583-584, 601, note 3. Les rapports entre les doctrines de Wiclef, de .Jean Husi et de Luther sont symliolisés dans un cantional hussite de la ville de Prague. En haut se tient Viclef, qui bat le briquet ; au-dessous, liuss, qui allume les charbons; bien plus bas encore, Luther, qui agite une torche enflammée. — Voy. Leculer, t. II, p. '2Sô, note 2.
-Voy. notre premier vol., p. 582.