CHAPITRE PREMIER
INFLUENCE DES DOCTRINES DE JEAN HUSS EN ALLEMAGNE. — PRÉLUDES DE LA RÉVOLUTION SOCLALE.
" C'est à Jean Huss et à ses disciples ", dit un contemporalu de la révolution sociale du seizième siècle, " qu'il faut rattacher presque toutes ces funestes doctrines sur l'autorité spirituelle et temporelle, sur la propriété, sur les droits, qui engendrent maintenant parmi nous, comme autrefois en Bohème, l'insubordination, l'émeute, le pillage, l'incendie et le meurtre. C'est à elles qu'il faut s'en prendre du grave ébranlement social qui nous épouvante à cette heure. Depuis longtemps déjà, le poison de ces faux principes se répand de Bohème en Allemagne, et partout où il s'insinue, on le voit produire les mêmes calamités'. »
Jean Huss avait porté une grave atteinte à l'autorité ecclésiastique et séculière en enseignant qu'aussitôt qu'un homme se rendait coupable de péché mortel, il devenait par cela même incapable d'exercer les fonctions dont il avait été investi, parce que « Dieu retirait aussitôt sa divine sanction à son autorité et à sa charge ». Évèque ou souverain temporel perdait tout droit à l'obéissance de ses sujets, dès qu'il devenait prévaricateur. En ces sortes d'occasions, c'était aux ' vrais croyants » qu'il appartenait de décider.
Jean Huss avait en outre déclaré la guerre à tout ordre social eu
' Cinilra M, Lutherum et Lulheranisini faulores, foL 14.