‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 415 sur 477 · TENDANCES COMMUNISTES DE LA REVOLUTION SOCIALE · texte numérisé non relu

TENDANCES COMMUNISTES DE LA REVOLUTION SOCIALE

Les interrogatoires des chefs d'insurgés après leur défaite, interrogatoires dont un grand nombre nous ont été conservés, prouvent clairement que, par le renversement de tout droit, de tout ordre social, les rebelles espéraient obtenir l'égalité et la fraternité parfaites.

Thomas Münzer avouait sans détour que lui et ses compagnons n'avaient entrepris la guerre que dans le dessein - de mettre en commun tous les biens de la terre ' ". Jean Laue, l'ex-grand maître de l'Ordre Teutonique, prêchait publiquement à Mulhausen « qu'il fallait sortir des coffres l'argent, cette idole des riches bourgeois, parce que tous les biens étaient communs^ - .

En Alsace, le révolutionnaire WoIfGerstenwell avouait que le principal motif de son entreprise et de celle de ses compagnons, c'était le partage des biens; dès leur entrée à Saverne, ils s'étaient proposé de mettre la main sur les propriétés des riches. C'était au tour de ceux-ci à souffrir la misère tandis que les pauvres jouiraient de la fortune. De plus, ils voulaient renverser toute autorité et devenir les maîtres. Les chefs des paysans révoltés de Rappoltswiller firent les mêmes aveux ^

Simon de Weiersheim et ses compagnons confessèrent en présence de sept témoins que non-seulement leur intention avait été « de partager entre eux tous les biens communaux et d'établir l'égalité de biens entre riches et pauvres ), mais qu'ils avaient juré d'exterminer et de proscrire les seigneurs, les nobles et les prêtres, et de se partager leurs biens. « Étant pauvre ", disait ouvertement Georges Voltz, " je me promis de devenir riche par ce moyen*. "

vite exposés à être dépouillés, à perdre la vie et les biens comme ceux dont ils auraient auparavant partayé les dépouilles, de sorte que ces avides tyrans, après s'être jelés d'abord sur les seigneurs, ne tarderaient pas à se dévorer ensuite les uns les autres. "

' Voy. plus haut, p. 393.

' Voy. Seidemann, Beiträge, t. XI, p. 382, et Mûhlhauser Chronik., p. 393. ^ Voy. Schreiber, Bauernkrieg, t. Il, p. 195-196. — Jörg, p. 293. Dans une chanson populaire du temps, on lit :

La bande des ruitres est tout enflée d'orgueil,

Les psysans veulent s'unir, se liguer,

Oui, pour aller en enfer!

I!s prétendent ^tre les seuls maîtres,

lis veulent partager tous les biens.

LlLIENCRON, t. III, p. 497.

* Voy. JÖRO, p. 292. — Schreiber, Bauernkrieg, t. II, p. 197-198. — « On trouTC toute une série de ces aveux dans les archives de Strasbourg», dit l'éditeur. A propos de l'émeute du Tyrol, l'archiduc Ferdinand écrivait le 22 mai 1525 « que ces séditions et révoltes ne provenaient que de quelques individus, gens ayant • peu ou rien à perdre •. Dans la « Défense et articles de protestation de la ville de Botzen > où la cité cherche à se disculper d'avoir laissé piller la maison des chevaliers de l'Ordre Teutonique, on lit « quau moment de l'émeute, la ville était pleine d'étrangers, d'hommes et de femmes, qui espéraient voir durer le pillage et avaient même apporté des sacs avec eux dans l'espoir d'avoir du bon butin à y mettre ». — Voy. Grelter, p. 41.

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