‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 457 sur 477 · VICTOIRES REMPORTEES SUR LES REBELLES EN FRANCOME · texte numérisé non relu

VICTOIRES REMPORTEES SUR LES REBELLES EN FRANCOME

milieu de la uuit du 29 au 30 mai, non loin d'Adolzfurt, et précisément au moment oii la sanglante bataille allait se livrer. Sa trahison fut pour les paysans le signal de la déroute'. A Konigshofeu, où Tarmée des princes alliés offrit la bataille aux hordes du Neckar et de rodenwald, Georges Metzler, le général en second de V ■■ Union chrétienne », chercha également son saint dans k fuite au moment même où l'action allait s'engager *.

Pendant cette horrible journée, les paysans, privés de chef, affolés par la terreur, furent traqués comme un troupeau de sangliers ». " La plupart jetaient leurs fusils, les autres, dans leur épouvante et leur angoisse, ne savaient comment s'en servir; fuir leur semblait la meilleure arme. On en fit un affreux carnage. Une troupe de ces malheureux s'étant jetés dans un bois, pensant pouvoir se défendre en interceptant les chemins, furent mis à mort par les soldats. Lesunsgrimpaientsurlesarbreset étaient abattus à coups de mousquet; les autres élaient massacrés par les piques de la cavalerie, ou périssaient sous les pieds des chevaux. Environ treize cents finirent ainsi^ » ^- Le chiffre total des victimes fut de trois mille*. Il y eut trois cents prisonniers. L'artillerie, les munitions de guerre furent capturées. - Et les vainqueurs, pleins d'allégresse, parcouraient le champ de bataille, au joyeux son des clairons et des trompettes. ■

Le 3 juin, Mergensteiu se rendit à grâce et à merci . Le 4, les armées de Franconie, commandées par Florian de Geyer, furent mises en déroute à Ingolstadt, au sud de Wurzbourg \ < Au village et

1 Voy. WEGELE,p. 159-164. —Voy. Stalin, t. IV, p. 304-305, note 3. (,e 29 mai, Goîz rapportait à llans Reuter, maire de Bieriiigen, qui commandait avec lui l'armée de ITiiion, qu'il avait njjtenu de Dietrich Spät, au nom de la li[;ue souabe. la promesse que les paysans, même s'ils avaient commis des actes dhosiilité envers la ligue, seraient recula miséricorde et merci, excepté les moteurs de l'émeute et les meurtriers de V/einsberg. Mais comme les paysans ne voulurent point croire Götz, il s'écria : ^ Plutôt je serai loin de vous, plus je serai satisfait, car, de la manière dont vont les choses, je vois bien que je ne pourrais longtemps mériter vos remerciments! Me mettre en campagne, guerroyer contre les ennemis ne me convient pas, car bien que j'aie soutenu votre cause, je suis engafîé, comme vous le savez, avec la ligue, et en récompense de tout le zèle que j'ai montré pour vous, elle me ferait vite mon affaire. Donc, je vous supplie de me décharger de mon fardeau. » - En dehors de cela ». poursuit Götz, -je n'ai rien à te mander, si ce n'est que la ligue a beaucoup de cavalerie. - Dans Berlichinc.en Rossach, p. 237. — Voy. l'article de Baumgartner sur Götz de Berlichingen dans les Stimmen aus Maria Laach, 1879, p 31Ö-313.

' Voy. Bensen, p 424.

3 IlEROLT, p. lOy-110.

* C'est le chiffre que donne Georges de Waldbourg dans sa relation de la bataille. — Voy. Be.nse.n, p. 569.

5 Florian de Geyer parvint à se frayer un passage à travers l'armée ennemie, et se rendit dans le lerritoiie de Hall, où, le 9 juin, il succomba dans un duel avec son beau-frère Guillaume de Grumbacb, devenu plus tard si célèbre. — Voy. Stali.n, t. IV, p. 306.

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cliAleau criii{;ül.sla(l( -, r.iconlc Scliiirlliti de Hiirtenbach dans ses Mcinoircs, < nous avons massacré (jualrc mille paysans. (^)ua(re cents s'étaient réfugiés dans les ruines du château incendié, où ils avaient élevé un fort rctranclieinenl ; mais nous en sommes vite venus à bout, et, après la victoire, prcscpje tous ont péri; dans une église voisine, deux cents paysans ont été brûlés vifs'. Plusieurs se sont laissé mettre à mort sans aucune résistance, dans l'endroit même où ils s'étaient réfugiés; ils criaient comme des porcs; quelques uns s'enfonçaient la tète dans le sol, s'imaginant qu'on ne les verrait point. Ceuxci se cachaient les yeux pour ne |)oint voir; ceux-là imploraient la miséricorde de Dieu. On en lit un tel carnage, sans qu'ils songeassent à se défendre, qu'il semblait qu'une bande de loups vint fondre sur un troupeau d'oies ou de moutons. Un cavalier en égorgea dix et plus à la fois; ces malheureux se tenaient serrés les uns contre les autres; pas un seul ne se défendit^ - Le 7 juillet, Wurzbourg se rendit \

' Lebeiisbisclircihuiij des ftilters Sebastian Schertlin de linrlcubuck (Francfort, 1877i, p. 14.

'^ riEUOLT, p. 110.

^ .. .Iiisqu'alors ■, raconte Laurent Pries (p. 329), « voici comment les choses s'étaient passées ;\ VVurzboiirfj : Toute autorité, tout pouvoir avaient été retirés au cleryé ; il avait dA se soumettre aux Ijourfjeois et aux paysans; non-seulement il avait été ol)lif;é de s'inclincM-, de s'iiumilier, mais encore, pour n'être pas entièrement luiné, il lui avait fallu solliciter la protection et l'appui de ceux qui avaient en main l.i puissance. Volontiers les clercs se seraient faits bourgeois, mais on ne voulait pas le leur permettre. Aucun deux ne pouvait fuir, et pour pouvoir conserver quelque chose ils étaient ohligés de le cacher en 'jrand secret. • « A présent tout était bien changé, si auparav;int les clercs, dont la vie avait été si douce autrefois, avaient dû implorer les bourgeois, maintenant c'étaient les bourgeois qui imploraient l'assistance des clercs. Ils les suppliaient d'intercéder pour eux auprès de leur commun seigneur, l'évêque. Ouelques-uns, à cause de la difficulté des temps, avaient adopté l'habit miliiaire; mais ù présent ils reprenaient leurs habillements ordinaires. Plus d'un bourgeois qui avait coupé ses cheveux et s'était fait faire une l)loue.e anr.iit bien vonpj maintenant retrouver sa chevelure. Quelques memi)res du conseil allèrent trouver le seigneur F uchariu:» de Thungenelle seigneur Michel de Saunsheim, chanoines, et les supplièrent, ainsi que leurs confrères, d'implorer leur grâce auprès des princes, ce que firent les deux chanoines; ils écrivirent ù l'évêque, et envoyèrent la lettre à Unterfrauenberg, pensant que l'évêque s'y trouvait. Mais il n'était pas encore au château. » Le bourgmestre et le conseil de la ville lui écrivirent donc euxmêmes (5 juin 1,525) : a Très-gracieux prince et seigneur, les dévastations impies que nous avons sous les yeux nous cm toujours été en horreur, et surtout la lamentable effusion du sang, le dommage fait aux terres et aux gens, et particulièrement aux sujets de Votre Grâce, dont Hieu, du haut du ciel, daigne avoir compassion! Nous avons donc, eux et nous, été trouver les paysans révoltés et leur Fraternité, â laquelle ils ne donnent pas un autre but que la défense de l'Évangile, bien qu'ils aient un tout autre motif. Nous avons beaucoup examiné la question, et demandé, parlicuiiérement aux conseillers de Votre Grâce, comment de telles rébellions pourraient le plus aisément être apaisées. Mais tout cela n'a servi de rien auprès des paysans; ils se sont oiistinés dans leur entreprise; ils nous ont contraints d'entrer dans leur Fraternité, ce que nous avons fait pour sauver nos corps et nos vies, mais à la

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