‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 458 sur 477 · LARMÉE DES ALLIÉS S'EMPARE DE WURZBOURG · texte numérisé non relu

LARMÉE DES ALLIÉS S'EMPARE DE WURZBOURG

« Les paysans ne nous ont pas tenu parole ", écrivait de Wurzbourp;, le 8 juin, Gilp, Halbergà sou père, conseiller de Hall; ils nous avaient affirmé qu'ils prendraient la citadelle s;ins notre aide, et nous laisseraient bien tranquilles dans la cité pourvu cpie nous leur fournissions du pain e( du vin en échauge d'argent; mais ils n'ont exécuté ni l'un ni l'autre de leurs engagements. ;; ;. Mon seigneur est venu ici avec quatre princes. On était dans l'angoisse et la terreur; nous fûmes reçus à merci et miséricorde. Ouelques-uns ont eu la tête triinchée; on a exigé une amende de dix florins de plusieurs autres, bien qu'ils protestassent de leur innocence. On a commencé par désarmer tous les bommes. Les armes, les cuirasses, tout a été porté au cbâteau; puis mon gracieux seigneur a exigé le serment d'hommage. J'ous les châteaux de mon seigneur ont été saccagés, à l'exception de deux. =' - L'armée de la ligue campe ici, et commence à dévaster tout le pays; après leur départ, il ne restera pas graud'chosel nous serons tous ruinés. Dieu sait le sort qui nous attend! .le suis incapable de t'en écrire plus, tant la douleur m'oppresse le cœur. ' Item •■, dit Halberg dans un feuillet qu'il ajoute à sa lettre, plus de cent vingt châteaux ont été brûlés dans les environs; la plupart étaient à mon gracieux seigneur; plus de quaranle-neul couvents ont subi le même sort. Hem, on a enlevé à mondit seigneur i.>rès de trois mille foudres de vin et à peu près dix mille muids de grain. ■■

On évalue à deux cent vingt-neuf le nombre des châteaux incendiés et à cinquante-deux le chiffre des couvents pillés, détériorés ou entièrement rasés par l'iûcendie '.

" Iiem , continue Halberg, .. le secrétaire de mou gracieux seigneur m'a dit aujourd'hui que mondit seigneur de Wurzbourg perdait environ trois cent mille florins dans l'affaire, sans compter ce qu'il lui

condition qu'on nous permettrait de ne pas attaquer Frauensberß-, et de rester paisibles et cois chez nous. On nous l'avait promis, mais on nous a manqué de parole. Ils nous ont forcés de leur prêter main-forle et assistance, etc. » « .le laisse au lecteur à juger », dit Fries (p. .332), « si les sentiments exprimés ici par le bourgmestre et le conseil étaient sincères. Le mercredi 7 juin, la ville et la population qui s'y trouvait, après beaucoup de discours, de prières, d'efforts, d'iiltercations et de p.jurparlers, se sont rendues à miséricorde et merci. Le même jout je me rendis à cheval à Wurzbourg, pour y voir ma di.ïne épouse et mes amis. Dans la cour de mon château, je trouvai beaucoup de femmes et près de soixante enfants venus du faubourg de Blaichach; ils étaient venus se réfugier chez moi, parce que le bruit avait couru qu'on allait mettre le feu aux faubourgs. »

' Tiré du p.'imphlet : Wahrhaftige Xewe Zeylwig und Aiilzal der vorbrenlen zustörten Schlosser und Cluster zu Frankentand mit .Wunen anlzaijgl. 1225. Conrad Wimpina affirme, lisons-nous dans Cochlaeus (öc actis et scriptis M. Lutheri, p. lli), que rien qu'en F.-anconie (seu Francia oriental!) « devastata esse monasteria et arces 295. •

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faudra encore débourser avaiil d'avoir pu chasser tout ce monde du pa\s. Ifeni, uu fanboiir,«,, de ce côlé du Mein, a déjà été j)ill(''. .le ne sais ce qui peul encore advenir. Kein, aujourd'hui on a fN'capilé trente-six liommcs, cin([ bourgeois de Wurzbourjy et vingt et un des petites villes et villages d'alentour, capitaines des compagnies d'insurjjés. Les conseillers, les quartcniers, les membres du comité sont en prison. Dieu seul connaît le sort qui leur est réservé'! Soixante insurgés périrent de la main du bourreau; les bourgeois turent condamnés à payer huit mille florins d'amende, et à l'aire abattre les murs et la citadelle de la ville, en lace du château. Les paysans désarmés, tenant à la main des bâtons blancs, reçurent la permission de quitter la ville, mais beaucoup, s'étant mis en roule, furent massacrés par les cavaliers et les soldats de l'armée alliée, « de sorte que les vignes, les chemins, les fossés, étaient jonchés de cadavres, et c'était chose épouvantable à voir* ;. Les pauvres gens ont été cruellement châtiés -, écrit un chroniqueur contemporain; - beaucoup ont été massacrés, beaucoup traînés en prison et rançonnés; on leur a enlevé leurs armes; de plus, Notre-Seigneur Dieu a permis qu'une terrible disette affligeât ce malheureux pays pendant sept ans ^ ;'.

A Anspach-Baireuth, le margrave Casimir de Brandeboug exerça d'atroces représailles envers les paysans.

Casimir était tout dévoué à la doctrine luthérienne. Peu de temps avant que la révolution éclatât, il avait chargé deux prédicants ' d'implanter l'Évangile dans ses États* ". Lorsque la révolte de Franconie éclata, il avait paru décidé à se défendre vaillamment, et défît même plusieurs fois les hordes des rebelles; - mais à tout prendre, il n'était pas fâché d'attendre, pour bien voir de quel côté tournerait la chance, et pouvoir tirer le meilleur parti possible des événements ". La ville de Kitzingen avait pris les armes ^ pour la cause du saint Évangile -, et avait ajouté deux compagnies aux armées de Franconie; à Neustadt sur l'Aisch, qui s'était également associée à l'insurrection, les propriétés du margrave et les biens d'Église avaient été pillés; dans tous les villages dépendant d'Hoheneck, les ornements sacerdotaux, les calices, les cloches avaient été vendus; avec l'argent qu'on en avait retiré, les rebelles avaient acheté, à iNuremberg, des carabines et des hallebardes; beaucoup de couvents et de châteaux avaient été livrés aux flammes; cependant, durant tout ce temps, Casimir était resté paisiblement

' Jeudi après la Pentecôte (8 juin) 1525. Dans üEchsle, p. 427-423. '^ Laurent Fries, p. 330-338. — Voy. Bense.n, p. 443-450. ' Herolt, p. m.

* Be.nsen, p. 394.

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