‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 459 sur 477 · LE MARGRAVE CASIMIR D'ANSPACH-BAIREUTH ET LES INSURGÉS · texte numérisé non relu

LE MARGRAVE CASIMIR D'ANSPACH-BAIREUTH ET LES INSURGÉS

dans son château d'Onolzbach. Ce ne fut que le 13 mai qu'il en sortit, à la fête de sept cents cavaliers et de mille fantassins, pour aller établir son camp à Markt Erlbach, et là, il noua d'actifs pourparlers avec les chefs des révoltés, qui assiégeaient alors Wurzbourg. Le 10 mai, le comte Guillaume de Henneberg, lui-même du parti des paysans et zélé partisan du nouvel Evangile, représenta au margrave ' qu'il serait maintenant très-facile, avec l'aide des troupes insurgées et du landgrave de Hesse, de transformer l'évèclié de Wurzbourg en principauté temporelle, et de faire d'un margrave de Brandebourg un duc de Franconie ••. « J'ai appris aujourd'hui de bonne source , écrit le 25 mai le chancelier Eck à son maitre le duc Guillaume de Bavière, " que le margrave, qui s'était contenté jusqu'ici d'assister aux événements, espère maintenant tirer bon parti de la détresse de Nuremberg et de la malheureuse situation des évéques de Wurzbourg et de Bamberg. ' Des espions, envoyés par le conseil de Nuremberg dans le camp des révoltés, rapportèrent que les paysans étaient fort bien disposés pour Casimir, et parlaient de porter la guerre, non dans ses États, mais à Nuremberg. Jusqu'au 17 mai, ils restèrent persuadés que le margrave recevrait les douze articles, et deviendrait bienlôt un frère chrétien' .

Mais l'approche de l'armée palatine, sa jonction avec la ligue souabe, et surtout la bataille de Königshofen, avaient fait prendre un aspect tout nouveau aux événements. Casimir devint tout à coup le violent adversaire des bourgeois et des paysans révoltés, et marcha contre eux, - portant partout le meurtre et l'incendie ". Le 8 juin, à Kitziugen, il lit, en un seul jour, crever les yeux à cinquante-sept bourgeois; un peu plus tard, à deux frères; ces exécutions étaient publiques, et se passaient au milieu des lamentations des femmes et des enfants; un grand nombre d'insurgés eurent les doigts coupés ^ La plupart des pauvres mutilés moururent prompte-

' Voy. JÖRG, p. 610-615. — Bensen, p. 345, 385, 401, 404. — La liste des châteaux et des couvents détruits se trouve à la p. 566. — Voy. Baumann, Quellen aus Rotenburg, p. 619. Castell était au nombre de ses châteaux. " Lorsqu'il fut assailli, le comte était au château de Frauenberg. La comtesse et ses cinq enfants, dont l'ainé n'avait que six ans, furent chassés de chez eux, et comme, par crainte des paysans, tout le monde leur refusait un abri, ils se cachèrent pendant quatre semaines sous le noyer de Léonard llertlin, vivant d'aumônes. La (omtesse envoya son petit oifant, âgé de trois mois, avec sa nourries, au château de Brenberg, où demeurait son père, le comte Michel. En chemin, la nourrice fut reconnue, et un paysan se disposait déjà à écraser contre li muraille le - fils du seigneur ', lorsque la nourrice le sauva, en jurant qu'il lui appartenait. » — Bensen, p. 402, note.

* llolzwart, qui porte à soixante-dix le nombre de ces infortunés, rapporte : « Plerique, antequam oculis privarentur, rogabant, uti potius vel strangularentur vel decollarentur, se enim potius ojjtare mortem, quam tam miseram et Jumine orbatam ducere vitam, sed nullus vel ad graviora vel ad leviora sup-

i;i:i)i)rnc)N de scii we inkiht i:t de liAMBERt;. ir,25. 579

ment; le peu qui survécurcnl, après (ju'on les eut dépouillés de tout ee qu'ils possédaient, furent relé{',ués à dix milles de Kitzin^jeu; ils s'en allaient par petits groupes, formant un spectacle digue de pitié; ils traversaient le pays se tenant l'un l'autre par la main, et mendiant. Un chanoine d'Auspacli écrivait d'Onolzbacli à l'un de ses pareuls (8 mal 1525) : - Le margrave fait décapiter ou passer au fil de l'épée les capitaines de compagnies; il confisque les biens des absents, rançonne les habitants, et fait incendier beaucoup de villages; cette rigoureuse répression ne cesse point. Dès qu'un révolté se présente, Téchafaud se dresse sur la place du marché; les supplices sont très-fréquents, ici et ailleurs; beaucoup de rebelles ont eu les doigts coupés. On a ôté aux paysans leurs armes, munitions et vivres. Des centaines de fourgons, chargés de tout ce qu'ils avaient dérobé aux couvents, aux châteaux et aux églises, ont été dirigés sur Onolzbach, et cela forme un gros butin, comme je l'ai vu moi-même de mes propres yeux. ■' - Dans les tristes événements qui se succèdent, on n'entend parler que de sanglantes rixes, de dures calamités; le nombre des veuves et des orphelins augmente tous les jours. Le sang innocent coule à flots, car beaucoup ont été entraînés comme malgré eux dans la sédition, espérant toujours que ceux qui étaient cause de tout le mal seraient prompteraent atteints par la justice de Dieu '. ■ Pour payer la solde de ses troupes, le margrave confisqua l'argent, les joyaux, les vases sacrés, les cloches des abbayes placées sous sa juridiction ^

Le 13 juin, l'armée de Casimir vint s'unir, devant Schweinfurt \ à l'armée de la ligue souabe, commandée par le sénéchal Georges qui, la veille, avait quitté Wurzbourg. Schweinfurt ne fit point de résistance, et ses bourgeois s'engagèrent à payer chacun dix florins

plicia exorare polerat; ajebat enim (le margrave) illos jurasse, se ne qiiidem aspecluros marchionem, ijjiuir se illoruin votis consulturum, ne, si quaudo se aspiciant, perjuri fiant. » — B.vlmann, Quellen, p. 685.

- Lettre de die Joris pose Pentkecosten, (8 juin) 1525, dans OESCHLE, p. 429-431.

- UÖFLER, Friinl.ische Stw/ieii, t. VIII, p. 266, n"' 153 et 154.

* Laurent Frics rend compte comme il suit de ce qui se passa après le départ de l'armée des alliés (p. 337) : - Quand donc les princes et les alliés furent partis avec leurs hommes d'armes, l'évêque de Wurzbourg prit à sa solde une troupe de lansquenets dont le capitaine se nommait Gaspard de Rotenlian. Ces lansquenets furent logés dans la ville et dans les maisons bourgeoises, et chargés de réprimer toute tentative d'émeute au cas où il s'en produirait. Or, la solde et le vin étaient bons; aussi les lansquenets chérissaient-ils leur oisiveté. Bientôt ils commencèrent à faire du tapage et du désordre, et les bourgeois devaient les régaler et les abreuver, sachant trop que, sans cela, ils auraient à s'en repentir. Les soldats leur parlaient dune façon rude et grossière, ainsi que les valets et vauriens qu'ils attiraient dans les maisons. Ils s'invitaient l'un l'autre dans leurs logements; ils se livraient à la bonne chère, et ne payaient

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d'amende comme indemnité de guerre. Le comte Guillaume de Henneberg, ayant romjîu avec les paysans, reçut cinq mille florins eu dédommagement des pertes subies. Dans l'évêché de Hamberg, " les généraux élus, lesdélég;ués des villes et des districts de révêché de Bamberg ■■, prenaient encore le 23 mai la résolution de détruire ou dinceudier les donjons, les places fortes • qui avaient été pour leurs ancêtres et pour eux une cause si funeste d'oppression et d'injustice' ". L'évêque, comme il le mandait au sénéchal, ; avait été serré de si près et tellement maltraité par ses propres sujets, que ni lui ni son chapitre ne savaient, tant avait été grand leur effroi, s'ils parviendraient jamais à sauver leurs vies ". Mais l'approche de l'armée alliée fit perdre toute assurance aux insurgés; quatre cents d'entre eux s'enfuirent dans la direction de Nuremberg, et, le 19 juin, le conseil et la population de Bamberg renouvelaient entre les mains de l'évêque leur serment de fidélité. Un traité fut conclu : les vaincus s'engageaient à restituer aux clercs leurs propriétés, à reconnaître leurs privilèges, à rendre tous les objets précieux dérobés aux églises, à payer les dîmes, redevances et taxes comme dans le passé, enfin à livrer toutes leurs armes. Ouant aux griefs que la bourgeoisie pouvait avoir contre l'évêque, elle promettait de s'en rapporter ä la décision du Conseil de régence ou bien au jugement de la ligue souabe; deux chefs de rebelles furent décapités sur la place du marché; on confisqua les biens de neuf bourgeois, compromis dans l'insurrection-. En l'espace de peu de jours, la révolte était complètement apaisée.

Le 22 juin, le margrave Casimir fut autorisé par le général en chef de la ligue à punir, décapiter, confisquer, brûler, piller, comme il le trouverait à propos dans la ville et le territoire de Rothenbourg; à châtier tout rebelle selon ses méfaits, et de la manière qui lui paraîtrait la plus équitable .

rien pour cela; et quand ils s'étaient bien grisés, ce qui était leur principale besogne, ils juraient, blasphémaient, brisaient les portes et les fenêtres, ou bien eux et les leurs se conduisaient d'une façon indécente et abominable avec les femmes et les filles, n'épargnant personne, que (e filt une jeune fille, un enfant ou une matrone. Et les bourgeois n'osaient pas se plaindre. Bien que quelques-uns d'entre eux eussent obtenu à prix d'argent du capitaine ou d'antres hauts personnages la permission d'être quelque temps délivrés de leurs hôtes, ils devaient les reprendre aussitôt qu'ils cessaient de payer, et se voyaient enfin obligés de supporter cette charge dans leur maison. Et les bourgeois des faubourgs ne furent pas épargnés; après qu'on eut laissé quelque temps les lansquenets dans la ville, on les cantonna dans les faubourgs. Ce fut alors que les bourgeois de Wurzbourg virent et comprirent ce que c'est que la guerre, et tout le malheur qu'ils avaient attiré sur leur cité. »

' Schreiben an lYuniberg. inarài après VocemjucunditatisrlZ mai) 1525, dans Höfler, Fränkische Studien, t. VHI, p. 268, n" 15".

ä BenseN, p. 456-458, Hislor. polit. Blatter, t. LXXXV, p. 902.

SOUMISSION DF. H OT II E N ß 0 U R C 1525. 581

A Piodicnboiirc, dcpiiis la dcCailc de KiMiijjsliorcii, les paysans t'Iaiciil loiiihcs dans le plus prolond décoiiraycmciit. Bourgmestre et cüJiseillers avaient ressaisi le pouvoir, et le 7 juin, le conseil envoya des délcj^ués au camp du sénéchal, à Hcidiiifysfeld. Ah! vous voilà! vous liumilicz-vous cnîin? s'écrièrent les soldats de la li{;uc en les apercevant. >< 11 en était vraiment temps! encore un peu, et nous allions vous chercher chez vous! La ville lut condamnée i\ payer sept florins d'amende pour chaque maison située à l'intérieur de ses murs d'enceinte (en tout quatre mille florins), et de plus mille florin'^ pour indemnité de ouerre. Klle abandonnait à la li[}ue le châtiment des rebelles. É tienne de Menzin^jen, jeune gentilhomme qui avait été l'un des principaux lauicnrs de la révolte, tenta de s'évader, mais il lut arrêté et condui: en prison. A mon aide, braves bourgeois! criait-il tandis qu'on l'entraînait; à mon secours, Irères chrétiens! Mais une voix lui cria de la foule : Ami, le temps de la Fraternité est passé! ■ Tous les efforts du margrave pour obtenir la nii^e en liberté de celui qui avait été autrefois son intime ami furent inutiles. Le 28 juin, à la téfe de deux mille soldats, Casimir fil son outrée dans la ville. Le conseil lui remit la liste des principaux chefs de Tinsurrectiou. En tète de cette liste figuraient les prédicants Deutschlin, le moine aveugle Carlsladt, puis Menzingen et Ehrenfried Kumpf, ce dernier coupable d'avoir soutenu Carlstadt, usurpé â Wurzbourg la charge de bourgmestre, et conseillé la destruction de trois châteaux; la liste se terminait parles noms de soixante-trois bourgeois, accusés d'avoir mal parlé de l'Empereur, des princes, des seigneurs du conseil, des autorités, et d'avoir dit hautement et avec menace qu'ils aideraient les paysans â pénétrer dans la ville, chasseraient les conseillers, les honorables », les riches b<)ur{>,eois, et partageraient le butin avec les émeutiers. Beaucoup d'inculpés, Ehrenfried Kumpf et Carlstadt entre autres, avaient réussi à s'évader à temps '. Le 30 juin, après que le conseil

'Le récit que nous a laissé Caiistadt de sa fuite est intéressant. ^ A Tliiingerslieiin, entre Wurzliniirjj et Carlstadt, j'aperçus -■, raconte-t-il, " un groupe de paysans; ils étaient armés d'arquebuses et d'autres armes. Je les entendis dire que si quelqu'un du nom de Carlstadt venait ù passer avec sa femme, ils uietiraient la main sur ses bagages. A Stetten, à un demi-mille de Carlstadt, un paysan me reconnut, et me dit que Luther et moi, nous étions cause de tout le mal. .Mais je me débarrassai de cet homme et d'autres encore avec de bonnes paroles. " Non loin de Thiingen, quelques paysans voulurent le dévaliser, lui et sa femme : «A Fromensbach, des voleurs faisant partie des hordes de paysans me reconnurent, délibérèrent entre eux, et décidèrent, la veille de la Trinité (10 juin;, qu'ils me lieraient àun arbre dans la forêt de Spessart. et me mettraient à mort, pour s'emparer ensuite des effets qui nous restaient encore, à ma femme et à moi. » Mais ce dessein fut révélé à temps à Carlstadt, et il parvint à s'évader. — Voy. l'article de Steitz .sur Gérard Westerbourg, p. 69-7"i. A la prière de Luther, Carlstadt obtint la permission de rester en Saxe, à la condition qu'il rétracterait ses

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et la population eurent renouvelé leui- serment de fidélité, dix bourgeois furent décapités sur la place du marché. Casimir ayant fait un dernier effort pour sauver Menzingen, Deuschlin et le moine aveugle, le conseil déclara avec fermeté qu'il lui était impossible de souscrire au désir du prince, parce que, s'il épargnait ces criminels, tout le monde aurait le droit de lui reprocher d'avoir commis la veille une criante injustice envers ceux qui avaient été mis à mon. D'ailleurs, ces trois hommes ayant été les véritables fauteurs de la révolte, on ne pouvait leur faire grâce. Casimir fut obligé de sacrifier ses protégés; leurs tètes tombèrent le jour suivant; quatre bourgeois et deux chefs de paysans eurent le même sort. Le conseil exerça plus tard d'autres rigoureuses représailles. Un prédicant des environs, qui avait assuré aux paysans qu'il avait le pouvoir d'envelopper Rothenbourg d'un brouillard si épais que trois cents hommes pourraient y pénétrer sans être aperçus, fut attaché au pilori, marqué au fer rouge et fouetté de verges. Plusieurs rebelles eurent les yeux crevés ou les doigts coupés. La maison du tondeur de drap Kilian Etsclich, qui avait servi de lieu de réunion aux insurgés, fut rasée; à la place où elle avait été, on sema du sel. Cent ans après, le « sol maudit '> était encore un lieu d'épouvante pour le peuple. Ehrenfried Rumpf fut condamné à payer une amende de quatre cents florins; on lui restitua son capital, mais on lui défendit d'habiter Rothenbourg. Il mourut fou.

La misère était générale. Un grand nombre de gentilshommes, empêchés par un jugement rendu par la ligue souabe de faire valoir auprès de la ville leurs droits à des indemnités de guerre, ne se faisaient aucun scrupule de chercher un dédommagement a cet arrêt, en pillant, brûlant, rançonnant dans les environs.

Le margrave Casimir, eu vertu d'une convention signée le 3 juillet 152.3, obtint, comme indemnité de guerre, la cession des villages appartenant à la ville, dans le territoire d'Aisch, et beaucoup d'autres situés en dehors de la landwehr'.

erreurs, et s'engaj;erait à ne plus écrire ni prêclier. II s'établit d'abord h Se- {;rena, puis à Kemberg, où il tint lonrjîemps une boutique ambulante de bière et d'eau-de-vie. L'opinion généralement reçue que. dans les années qui suivirent, il ne chercha plus à faire triomphei" sa doctrine de l'Kucharistie, est erronée. Yoy. Justification, dédiée au chancelier Brück à Weimar (merciedi d'après saint Laurent), 12 août 1528. dans \a Zciisrlirift fur trissensc/ia/tllche Tkeolo:/ie,t. VII, p. 99- 112. L'éditeur, E. Labes, reuiarque ' qu'elle semlij^ pleine de divinité et de modération, comparée aux inveciivcs de Luther. Carlstadt, en effet, ne se plaint pas des critiques dont ses opini.m« sont l'objet; il se borne .^ déplorer que la doctrine qu'il défend, et qui lui lient tout autant au citur qu'à Luther la sienne, ait été bi'utalement rcjeloe sans avoir été examinée. -

' Thomas Zweifel, dans Calji.^nn, Quellen aus liotenùouri/. p. 4Ü'.). — Voy. Bensenv p. 462-479.

PAriKICATlON DE F R A N CF 0 IH -S U R-LE-M E 1 N. 1525. 583

Pciulaiil ce lcm\)9., le sénéchal (ieoqve'', Iravcrsant le F^ies, avait pénélré (iaiis rAJjjaii, er s'unissaiil à (;eür};es de Frundsbei-j'j, »lui lui amenait quehiues milliers de lansfinenets, avait contraint les^ paysans à mettre bas les armes et à livrer leurs chefs. Les villajjesfurent incendiés sans miséricorde. Dans le Hegau, Max Sittlich d'Holicnems et le comte Félix de Werdenberg remporlèrent une iniportanle victoire sur les insurgés près d'Ililziugen (10 juin 1025). Dans le Kletigau, la révolte ne put être complètement domptée (ju'en novembre, et Waldshtit, (|ui en avait été le premier foyer, ne se rendit qu'an commencement de décemi)re.

L'armée alliée de Trêves et du Palatinat, étant sortie de Wurzbourg le V\ juin, acheva de soumettre les paysans dans des combats successifs sur le Mein et sur le Hliin. \x 15 juin, les princes auxquels s'étaient joints le coadjuteur de l'évêque de Mayence, Guillaume de Strasbourg et cent de ses cavaliers, convinrent d'imposer une amende générale à tout rarchevèché, puis de se partager les sommes recueillies. Ils se proposaient de marcher ensuite sur Mayence, et d'envahir le Hheingau; mais le coadjuteur étant intervenu, on s'occupa de conclure un accommodement avec les révoltés de ces pays, qui avaient envoyé leurs chargés de pouvoirs aux princes. Ils prêtèrent de nouveau serment à leurs seigneurs, et payèrent quinze mille florins d'amende. An camp de Pfeddersheim, où ce traité fut conclu, on vit aussi arriver des députés du conseil de Francfort-sur-le-Mein.

Les électeurs de Trêves et du l\ilatinat et le coadjuteur de Mayence avaient adressé à Francfort, le 18 juin, une lettre menaçante, portant que les princes avaient été informés que beaucoup de révoltés des villes et des campagnes s'étaient réfugiés dans la cité et y séjournaient encore, et qu'un assez grand nombre de nobles et de prêtres avaient été dépouillés de leurs biens. Les princes exigeaient que nobles et prêtres rentrassent dans leurs propriétés, et que les réfugiés fussent livrés. Si Francfort ne faisait pas droit à ces deux réclamations, elle serait considérée par la ligue comme ayant pris part à la révolte '. Au reçu de cette lettre, le conseil s'était empressé d'envoyé'' ses députés aux princes. Ceux-ci apprirent eu route que Mayence et tout le Rheingau s'étaient soumis, que le 23 juin la cavalerie des princes avait, près de Pfeddersheim, fait un affreux carnage des paysans, dont plus de quinze mille avaient été massacrés; qu'on avait enlevé

' Lettre du dimanche après le Corporis Christi (18 juin) 1525, dans le Frankfurier All/ruhrbuch, p. 32. — Kraus, 80-81. \on-seuleinent on devait restituer leurs propriétés aux gentilshonnnes des environs, comme le dit Steitz dans son livre sur Gérard Westeibour};, p. 98, mais aussi aux clercs.

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