‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 460 sur 477 · PACIFICATION DE FR A NCF ORT-S U H-L E-M E I N · texte numérisé non relu

PACIFICATION DE FR A NCF ORT-S U H-L E-M E I N

aux révoltés leur butin, leurs armes, et que le jour précédent Pfeddersheim avait été prise d'assaut. Lorsqu'ils arrivèrent au camp (25 juin), les princes leur firent reprcseuler que personne n'ignorait ce qui s'était passé chez eux par rapport à certains articles acceptés par le conseil et contraires à Sa Majesié Impériale, â la paix publique, au droit et à l'équité. Ces articles avaient été livrés à l'impression, répandus dans les principautés et pays environnants, et ne contenaient autre chose que ces mots, ou écrits ou sousentendus : " Arrivez, chers frères, suivez-nous! Votre route est tracée devant vous, nous vous l'avons ouverte I »

Ces reproches n'étaient pas sans fondement. Les articles de Franc- Fort avaient eu effet servi de modèle aux émeuliers de Mayence, de Worms, de Spire, et vraisemblablement aussi à ceux de Cologne et de Münster, en AVestphalie'.

On rappela ensuite aux délégués ce qui s'était passé par rapport aux sacrements, et que les prêtres, même les curés de Francfort, avaient été déposés. On voulait bien croire que le conseil n'avait pas pris plaisir à ces choses, et qu'il y avait été contraint; mais du moins était-il urgent que les auteurs de semblables délits fussent punis comme ils le méritaient, et que les articles fussent abolis; faute de quoi, les princes se verraient obligés de mettre le siège devant Francfort , et de se charger eux-mêmes du châtiment des coupables, comme ils l'avaient déjà fait en d'autres lieux. Apre-; de longs pourparlers, les députés de Francfort apportèrent aux princes cette déclaration solennelle : Sur notre honneur et foi, nous avons promis, assuré et conclu qu'en vertu de cette lettre, les derniers et nouveaux articles et traités que nous avions adoptés conjointement avec le clergé et la population dans la ville de Francfort, seront abolis, et nous les abolissons présentement, les considérant comme nuls et non avenus. Us s'engageaient à remettre ies articles entre les mains de lÉlectenr palatin, à rétablir le clergé u de tous les degrés dans son premier élat et condition, et a lui rendre ses privilèges, libertés, dîmes, redevances, etc. . De plus, ils promettaient de prendre si bien leurs mesures qu'à l'avenir de semblable^ attentats contre la propriété, les voies de fait, les actes de rébellion, les émeutes ne pussent jamais se renouveler ^

Les articles furent en effet abandonnés, mais rien de ce qui concernait la religion et le clergé ne fut modifié. -• Il nous est prouvé, et de siirs renseignements nous l'attestent ;, écrivait le 7 juillet à l'archevêque de Trêves le coadjuteur de Mayence qui venait de ren-

Voy. Steitz. fierliard Weslerlioury. p. 104-105. A/ifruhibuc/i, p. 36-41. — Vov. Kraus, ÎS1-S3.

PACincATION DE I R A N CI' O i;T-S M H-I, E-M E I N . 1525. 585

Irer (mi jjraiid appareil flans la ville et fie la remcdre sous son obéissance, « que ceux de Franclorf, maljjré la soumission qu'ils aHeclenl eu paroles, (»ardent jusqu'à celte heure, et se proposent de conserver, trois prédicanis luthériens qui sont les principaux auteurs de tous les (roubles. Si Ton a la l'aiblesse de le tolérer. Votre Grâce peut apprécier ellc-ménie les bons résultats d'une telle poliiicjue; aussi est-il très-nécessaire d'être vigilant, afin qu'à l'avenir de plus grands désordres soient évités'. Le renseignement était exact. Dès la fin d'avril, le conseil avait élu et installé des prédicants dans la ville. - Le -i juin, le saint jour de la Pentecôte -, raconte dans son Journal Wollgang- Konigslein, chanoine de l'abbaye de iSotre-Dame, ■• les échevins ont chargé un prédicant luthérien, un ex-moine, de prêcher dans notre église l'aprèsmidi. Le lundi et le mardi de la Pentecôte, le moine a de nouveau prêché; un autre luthérien a également parlé à Saint-Léonard. Ces deux prédicants étaient Dyonisius Melandcr et Jean Algersheimer. Tous deux -, continue Königstein, " ont accablé d'injures le Pape et le clergé; de plus, ils ont blasphémé le Très- Saint Sacrement, raillant toutes les cérémonies du culte, et particulièrement la messe. » Le conseil, même longtemps après que la révolution de 152.5 eut été entièrement apaisée, resta l'impuissant témoin des scènes de désordre et des actes séditieux dont les prédicants, soutenus parla populace, étaient les constants excitateurs. L'archevêque de Mayence ayant réclamé leur expulsion, le conseil lui écrivit : ^ Nous prions très-humblement Votre Grâce de vouloir bien avoir compassion de nous, car nous ne saurions lui obéir sans exposer notre ville aux plus graves dangers. Jusqu'à présent nous avons réussi à apaiser les troubles sans violence et efliision de sang, mais nous sommes l'ermement convaincus que les prédicants ne consentiraient point à abandonner sans résistance le poste qui leur a été confié^. "

' Appendice de la lettre du vendredi après saint Ulricli (7 juillet) 1525 dans Kraus, p. 91.

^ Voyez dans l'appendice du journal de Kömgstf.in, p. 203-204, les représentations faites par l'archevêque aux députés du conseil louchant la conduite des prédicants. Ces derniers avaient dit en pleine ch;âre « que le Saint Sacrement n'était autre chose que de l'eau et de la farine; que les prêtres, les diseurs de messes accomplissaient une œuvre diabolique, qui ( rucifiait Dieu; que l'on ne devait ni se confesser, ni jeilner, qu'on n'était obligé d'obéir à aucune autorité, parce qu'on n'avait d'autre maître que Dieu », etc. Outre cela, plusieurs membres du conseil avaient pris part aux désordres. Königstein rapporte ' qu'un chanoine de Saint-Léonard qui, escorté par ses parents et ses serviteurs, retournait chez lui à huit heures du soir, avait été attaqué par le l)our;;me.sire Mcolas Scheit et par .».es gens, tous à cheval, et avait été grièvement iilessé . Il ajoute : " l.e jour on le clergé, selon l'usage, portait processiounellement le Saint Sacrement à Sachsenhausen, Becblbold de Ryu,

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