INSURRECTION DANS L'ARCHEVÊCHÉ DE SALZBOURG
let à toutes les juridictions, villes et populations minières du pays, furent adoptés dans toute la vallée de i'Inn, à Inspruck, Hall, Brixen, Clausen et Neuslilt; mais dans le reste du comté, l'insurrection continua de plus belle. Les tribunaux de l'évéché de Brixen se refusaient à restituer les maisons et châteaux dont les révoltés s'étaient emparés. A Méran, Sterzing et Brixen, deux prédicants cherchaient à soulever de nouveau la populace; des insurgés de Schlanders pillèrent la Chartreuse de Schnals. Les habitants de Is'unmyer brûlèrent leur seigneur justicier dans sa propre maison. Le désordre fut surtout affreux à Valzigan et dans les environs de Trieste; on ne parvint à étouffer la révolte qu'au moyen d'une répression sanglante'. Mais nulle part la paix ne fut plus longue à rétablir que dans l'archevêché de Salzbourg.
« rvous sommes dans une grande anxiété ", écrivait le 18 mai 1525 le cardinal-arclievéque .Mathieu Lang à Guillaume de Bavière, » au sujet des pauvres ouvriers et autres habi!au(s de notre ville de Salzbourg, qui n'ont plus rien à perdre. Si l'émeute éclatait parmi les paysans de notre archevêché, les ouvriers seraient bien vite tentés de se joindre ä eux. « L'archevêque suppliait le duc Guillaume d'envoyer sans retard un délégué au conseil de Salzbourg pour lui représenter la nécessité de protéger terres et gens contre les paysans révoltés de la Souabe, de maintenir le pays dans la concorde, la paix et la soumission, et de ne plus souffrir qu'aucun acte séditieux restât impuni dans le territoire de la ville. . Ces mesures, ces acies -, écrivait l'archevêque, consoleront et rassureront grandement les bourgeois, les honorables qui ont du bien et sont en possession de leurs droits légitimes; et les pauvres, que l'appât du gain attire si facileraenî dans l'émeute, concevront de leur coté une crainte salutaire-. : Mais quelques jours plus tard, le 2-J mai, la révolte éclatait a Hof, dans le Gaslein, et l'archevêque recevait la nouvelle qu'à Zell, dans le Pinzgau, « quelques paysans étrangers au pays, quelques soldats de rencontre -•, s'étaient réunis, dans le dessein de marcher sur Salzbourg avec loas ceux qui voudraient se joindre à eux sur la route. Bientôt fout le pays de Salzbourg, jusqu'à un mille de Reicheuhall, ne fut plus - qu'une vaste émeute ; de village en village «n entendait sonner le tocsin. Les montagnards accouraient de tous cotés, armés de foui-ches, de piques, de massues ou d'armes depuis longtemps hors d'usage. La population de Salzbourg s'empressa de pactiser avec les émeutiers. Depuis le 29 mai ■■, écrivait l'archevêque à Munich, notre situation est devenue si affreuse que nous n'avons autre chose à attendr(; qu'égorgeraent, pillage et mas-
' Pour pins de détails, voy. Buchholz, t. VIll. p 350-345 - Dans Jonc, p. 113-114.
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sacre; pcrsoiiue n'est silr de sou voisin.» (.'arclicv(>que s'ciiferm,'» dans son cliAleaii avec son cliapiire cl ses conseillers. Les paysans et les ouvriers des corporatioas s'éfanl rendus maîtres de la ville, pillèrent le palais épiscopal, puis vinrent donner l'assaut au château. Ils se regardaient déjà comme les niaiires du pays, exigeant que foutes les villes et bourgs, à l'exception de Muhldorf^ leur prêtassent serment de tidclitcS et leur {^énéral en chef somma tous les intendants et lonclionnaircs de l'archevêque d'avoir à comparaiire à Salzbourj; pour rendre compte de leur acliiiinistration.
L'archevêque se flattait que la Bavière, conformément à la convention de Ralisbonne (1524)', viendrait à son secours; mais il fut déçu dans son attente, car Guillaume ne songeait qu'à tirer parti, pour lui et sa maison, de la déiressc du prélat. Il fit assurer les chefs des rebelles, - sur sa parole et son honneur de prince », que « sou humeur, intention et résolution n'étaient nullement d'accorder au cardinal de Salzboin-g appui, subsides ou renfort (juelconque -, et envoya une ambassade aux révoltés pour conclure avec eux « un accommodement pacifique ■. Quelques hordes de paysans firent entendre ä ses délégués (ju'ils ne voulaient plus à aucun prix de l'archevêque, qu'ils lui préféreraient de beaucoup un prince temporel, et n'étaient pas éloignés de consulter la population pour savoir si elle n'accepterait pas pour souverain un prince de Bavière ". Déjà le duc avait décrété l'occupation de Muhldorf, ville dépendante de févêché, sans l^ùre aucune mention des droits de l'archevêque, et ses chargés d'a(^ faires avaient reçu la mission d'agir auprès des -• lieutenants, conseillers et membres des étals du pays ■■, de manière aies faire consentir à cette mesure, dans l'intérêt « de la bonne entente qui doit exister entre voisins. L'occupation de Muhlberg ne pourrait porter préjudice à personne, assurai! le duc; d'ailleurs, elle ne serait que provisoire, et ne durerait que jusqu'au moment où les destinées du pays seraient définitivement fixées^. Le chancelier Léonard d'Eck tenta vaine-
' • Dans laquelle -, dit rarciievêque, 'il éiail convemi entre aiilres choses que si l'un ou plusieurs d'enlrenousse voyaient exposés à quelque contradictio)!, rébellion, révolte de leurs sujets à cause de notre clirélienne entreprise (de combattre la doctrine de Luther et autres hérésies séditieuses), nous nous eiij'jajjions à nous assister et conseiller mutuellement. Or, voici quel avait été le prétexte de la guerre : Xous avions fait emprisonner quelques prédicants séditieux qui avaient prêché contre l'institution de la sainte Église chrétienne; l'un d'eux avait été condamné par jugement et sentence à la prison perpétuelle; le jour qu'on l'emmena, plusieurs émeutiers, se jetant avec violence sur les nôtres, tentèrent de leur arracher le coupable, et pour cet acte de rébellion, deux d'entre eux furent décapités. Là-dessus les séditieux crièrent bien haut que nous nous étions opposés à la prédication de l'Évangile, que nous n'avions pas voulu tolérer qu'il filt annoncé au peuple, et c'est pour cela qu'ils ont refusé leur obéissance à notre gouvernement et autorité souveraine. •■ Dans Jörg, p. 570.
' Dans JÖRG, p. 557-558.