‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 463 sur 477 · INSURRECTION DANS L'ARCHEVÊCHÉ DE SALZBOURG · texte numérisé non relu

INSURRECTION DANS L'ARCHEVÊCHÉ DE SALZBOURG

ment de détourner son maître d'une pareille politique. Il lui écrivait, le 7 juin 152Ô : " Quand bien même l'évêque de Salzbourg et tout son clergé seraient mis à mort, quand bien même les paysans resteraient les maîtres du pays et l'offriraient à Votre Altesse, Votre Altesse doit bien se persuader que jamais les gens d'équité et d'expérience ne lui couseilleraient d'accepter. Les ancêtres de Votre Grâce, qui ont régné jusqu'ici sur tant de générations, entourés du respect de tous, n'ont jamais sanctionné de semblables attentais. » ■ Etre d'intelligence avec les paysans, entrer dans leurs plans, s'entendre avec eux d'une manière quelconque, c'est laisser brûler la maison du voisin sans protéger la sienne, c'est par conséquent les perdre toutes deux. - .le pense que Votre Grâce ferait beaucoup mieux d'équiper une armée à ses Irais et de marcher contre les paysans, que d'abandonner l'archevêque '. .' Assurément -, disait encore le chancelier, « le duc pouvait en toute loyauté et honneur travailler pour le profit et l'avantage de sa principauté, mais il ne devait pas, dans ce but, s'appuyer sur les paysans; c'était vers l'archevêque qu'il fallait se tourner, et sans l'assentiment du prélat Muhklorf ne devait pas être occupée. Avant tout, il fallait faire tous ses efforts pour assurer au duc Ernest, frère du duc et administrateur de l'évêché de Passau, la succession au siège archiépiscopal de Salzbourg. -^ .Mais Ernest se montrait peu disposé pour le moment à accepter la charge épiscopale; il écrivait : ^ En présence des difficultés et des afflictions que le clergé a de nos jours à subir de la part de l'état laïque, préoccupé des événements périlleux de notre temps, je me sens peu enclin à me charger de plus de maux encore. Il ajoutait en manière d'avertissement : " Ce qui se passe dans ie pays de Salzbourg est bien fait pour donner à réfléchir aux princes, car, se réglant sur cet exemple, les sujets des pays voisins ne se feront bientôt plus aucun scrupule de déposer et de renverser leurs souverains et légitimes seigneurs-. Un certain nombre de révoltés s'étaient tournés vers l'archiduc, l'engageant à se faire élire souverain temporel de l'archevêché, ou bien à nommer un évêque autrichien au siège de Salzbourg. La population de la vallée de l'inn, réunie à celle de Salzbourg, le suppliait aussi de se déclarer franchement contre l'évêque ; en ce cas les jeunes nobles de Schwaz promettaient de lui venir en aide avec cinq mille fantassins^et les seigneuries etbourgs salzbourgeoisdeKrobsberg.deZillerîhal, de Kitzbiîhlet de MatreyMui étaient, disaient-ils, tout dévoués.

' Dans .loRG, p. 332-335, 359.

- Dans JÖRG, p. 578-579.

^ JÖRG, p. 514.

* Voy. JÖRG, p. 603.

INSURRECTION DANS L'ARrilEVF.rilF, DK SALZBOURG. 1525-1526. 591

Enirc les maisons rèijnanlcs d'Aulriclie et de Willelsbach la possession (le rai'clievéclié deviiil le sujet de coii(e>lalioiis si vives qu'une guerre sanglante iaillil en être le résultat.

Lors(iue la ligue souabe, à la requôte de l'arclicvöque, décréta que deux mille de ses soldats iraient rejoindre l'armée de iiavière, entretenue à ses irais, et que toute cette force serait dirigée sur Salzbourg, le duc Guillaume parvint à retarder pendant (}uelque temps l'exécution de cet ordre. Le 6 juin, il cherchait encore à nouer des relations directes avec les rebelles, et s'informait même auprès de sou chancelier ^ de l'opportunité d'envahir par surprise les Kfats de l'archiduc . Les secours de la ligue arrivèrent enfin, et firent cesser toules Uïs angoisses de l'archevêque; dans les derniers jours d'aoïU, la paix lut conclue. Les rebelles s'engagèrent à remettre à l'archevêque les articles de leur union, à payer comme auparavant au clergé et à la noblesse les taxes établies, à restituer ce qui avait été dérobé, enfin à payer à ia ligue souabe quatorze mille florins d'indemnité de guerre. Une totale amnistie était garantie aux insurgés. La ligue se réservait d'apprécier plus tard les griefs auxquels on ne pourrait tout de suite faire droit. L'archevêque ; se montra satisfait du traité ■•, et consentit, jusqu'à son exécution, à laisser siéger dans son conseil < trois hommes pieux et éclairés ' , choisis parmi les membres des états. Le 1" septembre, le bourgmestre de Salzbourg mit à ses pieds, à la requête des paysans '■, les armes et les bannières des rebelles'. Mais de nouvelles émeutes ne tardèrent pas à menacer; les hordes, de nouveau soulevées, parlaient de recommencer la guerre « aussitôt que les arbrisseaux seraient verts ••, annonçant leur dessein de se débarrasser le plus promptement possible de la noblesse et des seigneurs* > .

' Pour plus de détails, vo\ . ,Iöug, p. 579-608.

2 Jöi\G, p. 636-656. Celle nouvelle exploiiou de l'insurrection se rattachait au châtiment infligé à Schlüdniinjy, ville de la Styrie supérieure, dont le gouvernement avait été confié p:ir Ferdinand au comte Nicolas de Salm. Schladming avait été le centre de la révolte pour tout le pays, et le 3 juillet 1525, le sénéchal de la province, Sigismond de Dietriohstein, y avait été attaqué à l'improviste. Voy. sur ce sujet la relation de Dietrichstein à l'archiduc Ferdinand, dans les Archiv, für Kunde österreichischer Geschichstqiiellen, t. X\'II, p. ISS- US. - Ce qu'on a raconté d'un échafaud élevé par les paysans de Scliladming, où auraient été décapités nombre de gentilshommes, n'est qu'une histoire inventée à plaisir. » — Rrones, Handbuch der Geschichte Oesierretchs (Berlin, 1877), t. II, p. 640. Sur les atrucilés commises pendant la guerre par le comte de Salm, >oy. les documents puMiés par Oberleitner pour l'histoire de la guerre (les paysans dans le Tyrol et dans l'évêché de Salzbourg (1525-1526). —Voy. aussi A'otizcnblatt Jiir Kunde Österreichischer Gechischtsquellen, t. IX, p. 88-89. Le 6 Octobre 1525, Salm mandait au Conseil d'Ktat de Vienne qu'il avait mis le feu à la ville de Schladmin;;, et l'avait incendiée de fond en comble, puis que le lendemain il avait donné Tordre de piller et d'incendier toutes les localités environnantes. « Kevenant ensuite sur mes pas, j'ai ravagé les alentours de Grobming

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