‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 48 sur 477 · TRADUCTIONS ALLEMANDES DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS ALLEMANDES DE LA BIBLE

hommes éclairés et savanls. Les troisièmes étudient el lisent ;ifiti de tirer profit de leur savoir, et dans foute leur science il n'y a qu'une laide cii|)idité. Les (jualrièmes étudient, lisent el écoulent afin de pouvoir instruire et ensei[}ner beaucoup d'âmes, et faire ain^i la volonté de Dieu, cherchant aussi eux-mêmes, par tous leurs elTorts, à devenir meilleurs, et c'est là une véritable charité. Les cinquièmes et derniers cherchent avec tout le zèle possible à s'instruire et à s'améliorer, el c'est là une vertueuse et sage prévoyance. La lecture de ces deux dernières classes de lecteurs est méritoire et louable, pourvu qu'ils ne se laissent pas enfler par l'orgueil, ni séduire par l'hypocrisie et la vaine gloire '. '

L'éditeur de la Ihble de Coloijnc parle très-bien de la lecture de la sainte Écriture : ■- Tout chrétien doit la lire, dit-il, avec dévotion et respect; les bonnes âmes qui regarderont, liront ou entendront lire cette traduction de la Bible doivent s'unir à Dieu et prier le Saint-Esprit, qui est le maître de l'Écriture sainte, de les éclairer et de la leur faire comprendre selon sa volonté sainte et pour le salut de leurs âmes. ' Les gens instruits, poursuit-il, doivent se servir de la traduction latine de saint Jérôme; mais les personnes illettrées, les hommes simples (ecclésiastiques ou laïques), et particulièrement les moines et les religieuses, doivent, pour fuir l'oisiveté, qui est la racine de tous les vices, se servir de la présente Bible en traduction allemande pour se préserver des flèches de l'ennemi infernal. Donc, une âme désireuse d'aider les hommes à se sauver a fait par charité imprimer cette traduction de la Bible dans la digne ville de Cologne, avec beaucoup de peines et à grands frais; elle avait déjà paru il y a longtemps (de 1470 à 1480) dans l'Oberland et dans quelques villes des Pays-Bas, et avait été répandue en manuscrits dans beaucoup de couvents et de cloîtres. Qne tous ceux qui lisent la Bible en allemand soient soumis de cœur, ne jugent pas ce qu'ils ne comprennent pas, et surtout prennent la Bible dans le sens entendu généralement par l'Église romaine répandue par tout l'univers '. »

On lit dans un petit écrit intitulé : Livret singulièrement utile et consolant (1508) 3 : ;( L'homme qui se dispose à lire la sainte Écriture doit faire cette prière : O Seigneur Jésus-Christ, éclaire mon entendement et ouvre mes sens, afin que je puisse comprendre ta parole, que j'y puise le repentir et la douleur de mes péchés, et que je sois enflammé d'une vraie dévotion; apprends-moi à mettre à profit

' Voy. Alzog, p. 14-16.

* Voy. Geffcken, p. 8-9.

' Allen den die Gotforchten und Ihm gern beheglick sein icolkii (Leipzig, 1508, p. 58). — Hasak, Christliche Glaube, p. 343.

toutes les leclurcs que je fais dans la sainte Écriture, pour que je puisse avancer dans la prière fervente, la bonne méditation et contemplation; car heureux, Seigneur, est l'homme que tu enseignes et auquel tu apprends ta sainte loi! O Seigneur Jésus-Christ, apprendsmoi à comprendre ce que je lis, afin que je puisse l'accomplir véritablement par le cœur et par les œuvres. « Le Petit Jardin ùéni (1509) dit de même : " Lis et médite avec zèle la sainte Écriture, surtout les épitres et les évangiles des dimanches et des jours de fête. Mais sache bien que tu ne peux le faire avec profit si tu n'en demandes d'abord au Saint-Esprit la vraie intellig^ence, et si tu ne commences par te repentir de tes péchés, absolument comme si tu allais te confesser. Si tu es orgueilleux, toute lecture te sera nuisible. Ce que tu ne comprends pas dans la sainte Écriture, passe-le, et remets-t'en à l'Église; elle interprète tout avec vérité, et elle en a seule le pouvoir '. =

Dès 1494 la Bible publiée à Lübeck avait paru accompagnée d'explications destinées à en éclairer le texte. Ces explications étaient dues à Nicolas de Lyra; l'auteur désire que tout chrétien puisse s'en aider pour mieux comprendre les nombreux passages obscurs et inintelligibles de la sainte Écriture ^

La rapidité avec laquelle les éditions des traductions de la Bible se succédèrent, et les témoignages positifs des contemporains \ font présumer qu'elles étaient très-répandues parmi le peuple, .lean Eck raconte qu'il l'avait lue presque tout entière à dix ans '; le vicaire de Xanten, Adam Potken, dit aussi avoir appris dans son enfance (1470-1480) les quatre évangiles par cœur; plus tard, il lisait presque tous les jours avec ses élèves, âgées de onze à douze ans, quelquechapitres de l'Ancien ou du Nouveau Testament ^ L'étude delà Bibleétait si ardemment poursuivie au quinzième siècle qu'un chanoine de Cassel (1480) fonda une bourse spéciale en faveur d'un ardent travailleur du village d'Harmuthsachsen, afin qu'il piU pendant huit ans s'appliquer exclusivement à l'étude de la sainte Écriture ^ ^ La Bible est le champ du Seigneur " écrivait à l'humaniste Conrad Celtes l'abbesse de Nuremberg, Charité Pirkheimer ; u la science divine y tire l'amande de son enveloppe, l'esprit de la lettre, l'huile du rocher, et la fleur des épines \ ■■-

ip. 12.

2 Geffcken, p. Ô.

3 V^oy. Kerker, Ersie Abhandlung über die Predigt, p. 373-375. — Geffcken, p. 10. * Voy. Albert, Zeilschrift fur die Historische Theologie, t. XLIII, p. 417.

5 Collectaneen du cbail. PeLZ, t. W, p. 112. <* Stolzel, t. I, p. 130-131.

' BiMiER, p. 86.

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