DÉVELOPPEMENT DE L'ART
beau bois qu'il i'u( possible fie se procurer \ et aussiUM après le relour des déléjjués, on fil faire par un eiiarpcnlicr de Calear la caisse de l'autel. Le travail lut partagé entre plusieurs sculpteurs sur bois, eu e(jard à leur capacité. Les trois groupes inférieurs, qui représenfent l'enlrée de Jésus à .lérusalem, la fête de l'Agneau pascal et le lavenicnl des pieds, furent confiés à .Ican Van Ilaldern; l'ornementation, à Hytermann, au bahutier Derick-Jeger et à son fils. Le sujet principal, la Passion de .Jésus-Christ, fut exécuté par le " très-célèbre tailleur d'images " maître Lodewicli. Cet autel, dont l'harmonieuse perfection fait une œuvre incomparable, fut fcrminé en 1500, et les notables de la corporation donnèrent à maiire Lodewich, en récompense de son travail, 178 florins d'or. La même corporation confia plus tard l'exécution du riche et admirable autel des Sept- Douleurs de Marie à un autre bourgeois de Calcar, maitre Henri d'Ouwermann; les magnifiques stalles qui ornent le chœur de l'église furent exécutées aux frais de la fabrique, par Henri Bernts (1505-1.508). Comme perfection de sculpture, c'est bien ce que le Bas-Rhin possède de plus remarquable parmi les œuvres de ce genre. Le maitre sculpteur reçut comme salaire 200 florins d'or, deux muids de seigle, quatre tonneaux de bière, et, comme hommage particulier, " un manteau et cinq aunes d'étoffe de soie d'Ypres pour sa femme ». Le candélabre de la chapelle de la Vierge, haut de 13 pieds, large de 7, une des plus grandioses productions de ce genre , est aussi l'ouvrage de Henri Bernts; mais il mourut avant de l'avoir achevé, et il fut alors confié à maitre Kerstken de Hingenbergh^ " bourgeois de la ville " (1510). Outre les seize sculpteurs de Calcar dont les noms sont venus jusqu'à nous, tant de peintres y étaient employés en même temps qu'on peut encore aujourd'hui citer les noms de treize d'entre eux, parmi lesquels se trouvait Jean Jost, vulgairement appelé Jean de Calcar, et le plus célèbre de tous (t 1519) ^ C'est lui que la corporation de Notre- Dame chargea d'exécuter les quatre panneaux du maitre-autel, dont le prieur du couvent des ürsulines avait fait les dessins. En dehors des peintres proprement dits, il y avait à Calcar deux peintres verriers (1485-1515), plus huit brodeurs en soie chargés de fournir les ornements à personnages brodés de perles et de pierres précieuses, les bannières et d'autres objets servant au culte. Parmi eux on cite particulièrement le Frère Egbert, probablement Dominicain \ De
' Voy. WoLFF, t. VIL - VVOLFF, p. 23-28.
' Voy. WoLFF, p. 13-;2.
' Il est probable qu'alors à Calcar toute maison bourgeoise avait des vitraux peints. Voy. Wolff, 22.
belles orgues furent aussi construites pour réglisc, mais il n'eu reste plus rien que les comptes (t482-15t9).
Dans les monuments d'art de la pelile cité du Bas-Rhin, la sculpture et la peinture restent étroitement unies : il en était ainsi au moyen âge comme dans l'antiquité (chez les Grecs en particulier). Les sculptures sur pierre, sur bois et même sur ivoire, étaient peintes, et sur les tableaux, nous trouvons des ornements en relief.