ORFÈVRES ET SCULPTEURS
La sculpture vient toujours sur les pas de l'architecture; c'est elle qui a la mission de décorer les édifices d'une manière qui leur soit appropriée. Dans son âge d'or, elle était inséparable de l'art qui l'avait fait naître ; le principe de l'architecture se fait sentir partout dans ses productions, et toutes témoignent de l'union organique des deux arts. La partie de beaucoup la plus considérable des sculptures du quinzième siècle n'existe plus. Cependant nous possédons encore d'innombrables ouvrages, eu métal, en pierre ou en bois, datant de cette époque : sculptures de cathédrales, d'églises, de chapelles, de maisons particulières; portails, devants d'autels ornés de statues et de bas-reliefs; autels en bronze, tabernacles, buffets d'orgue, fonts baptismaux et fontaines, tombeaux en pierre ou en métal, lutrins en bronze coulé ou en bois sculpté, cuves baptismales en bronze ou en cuivre jaune, chaires et stalles de chœur, statues, vases sacrés de toute grandeur et de toute matière, expositions, saints ciboires, calices, ostensoirs, reliquaires, croix d'autel, crosses d'cvéqiie, chandeliers et autres ouvrages d'orfèvrerie, hanaps, gardes d'épée, etc.
Parmi les ouvriers en métaux, les orfèvres qui travaillaient l'or et l'argent étaient les plus occupés; ils exécutaient souvent de véritables chefs-d'œuvre qui égalent et peut-être dépassent ce que les Grecs et les Orientaux ont fait de plus parfait en ce genre. Leurs corporations tes plus florissantes étaient celles de Nuremberg, de Cologne, d'Augsbourg, de Ratisbonne, de Landshut et de Mayence. Dans cette dernière ville, on comptait en 1475 plus de trente orfèvres ^; les noms de beaucoup d'entre eux nous ont été conservés ^ Le célèbre orfèvre Georges Seid avait son atelier à Augsbourg; il
1 Otte, p. 650-651. Les sculpteurs sur bois et les peintres ne formaient qu'une même corporation. Documents, t. VII, p. 22.
" Falk, Kunsthütigkeit in Mainz zum Jahr 1475.
' SiGüAUT, p. 551-554. • Il n'y avait presque pas de ville un peu importante par son commerce dans l'Allema^jne d'alors, qui ne fût fière d'avoir son orfèvre célèbre. - Meyeu, p. 185.