‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 100 sur 572 · DÉLIBÉRATIONS SUR LES CONDITIONS DE LA PAIX RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS SUR LES CONDITIONS DE LA PAIX RELIGIEUSE

contraire, et surtout les princes ecclésiastiques, ne sont pas prêts. De plus, la faveur populaire s'attache aux Protestants ([ui, depuis longtemps, se servent des mots « Évangile, parole de Dieu », pour couvrir et exécuter une foule de choses totalement étrangères à ces intérêts sacrés. Si donc la guerre doit avoir lieu, il nous faut bien réfléchir à ce que ceux de l'ancienne religion pourront fournir et procurer, non seulement pour leurs propres sujets, mais encore pour le paiement de leurs troupes. Rappelons-nous les malentendus qui plus d'une fois, lors de la révolte des paysans, ont menacé de tout perdre , et songeons , qu'une guerre civile ferait à la nation un incalculable tort, un irréparable mal. »

Pour tous ces motifs, les princes médiateurs ne voyaient qu'un parti à prendre : conclure une trêve entre les partis, et bien y stipuler que la Saxe, la Hesse et leurs alliés seraient laissés libres de garder leur foi et leur doctrine, sans avoir à redouter aucune violence faite à leur conscience, jusqu'au prochain concile, auquel seul appartenait de décider en matière de foi; jusque-là, aucune innovation ne serait introduite; Catholiques et Protestants s'engageraient à respecter mutuellement les propriétés les uns des autres et les deux partis, conformément aux articles de la Paix-Publique, se maintiendraient dans une cordiale et pacilique entente ^

L'Empereur était d'autant plus disposé à suivre ce conseil qu'il craignait que les Protestants non seulement refusasseu t de rien donner pour la défense, maisencore, pendant la guerre qui allait s'ouvrir, ne courussent sus aux Catholiques, comme à plusieurs reprises ils avaient menacé de le faire 2. Le Pape lui-même (mars 1532) l'engagea à ne pas rompre les négociations de paix, k Si l'on ne peut obtenir tout ce qu'on souhaite, il faut, » lui écrivait-il, « se contenter du peu qui sera concédé, atin que les Turcs, arrivant en Allemagne, y rencontrent du moins quel(|ue préparatif de résistance. et que les discordes intérieures ne mettent point obstacle à la pressante nécessité de refouler l'ennemi. Si les récalcitrants sont luthériens, n'oublions point (pi'ils sont néanmoins toujours chrétiens ^. »

' Hl-chiioltz, t. IV, p. 1(3-1^^.

* Lettres d'AIéaruIre.lS juin 1332, Voy. Larmmer, 3/o7i. Val., p. l:M-13ö. « Ne son per ho ili qiieila siispizioiie, quai pare clie Sua Macstà habii (ut dixitÜraiulvelle), che gii heretici occiipalis noi)i.s contra Turcas non suscipiant arma in nos. »

^ " Ce sont les propres ex pressions du Pape, » écrit à Charles-Quint Musceltola, l'un des ch;irj,'és d'affaires do l'Kmpereur à Home (12 mars lo:}2).— Voy. Hkine, p. 237. — Pastou, licunionsbestrebunijen, p. 80.

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