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LES DUCS DE BAVIÈRE ET FERDLXAND

ment, il ne serait pas pour cela tiré d'embarras, car la conquête de la Hongrie dema:iderait beaucoup plus d'efforts. Que s'il parvenait à terminer à sa satisfaction la question hongroise, évidemment les prévisions de Eck pourraient se réaliser; Philippe alors se déciderait à suivre son conseil, et prendrait à sa solde les lansquenets danois ; mais il craignait fort que TElecteur Jean de Saxe, qui venait de succéder à son p'-re Frédéric (18 août), n'approuvât point ce dessein. « Ce prince, » disait Philippe, « croit si sincèrement à la solidité de la paix récemment conclue qu'il vit dans une entière sécurité. » Néanmoins le Landgrave ne refusait pas de lui envoyer un ambassadeur chargé d'agir auprès de lui dans le sens souhaité par la Bavière i.

Pour régler enfin les affaires de Hongrie, Ferdinand, après la retraite de Soliman, « se donna toutes les peines imaginables pour gagner Zapoli ». Il avait donné de telles instructions à ses chargés de pouvoir, écrivait-il à sa sœur Marie que, pour peu que le voïvode eût du bon sens, on pouvait espérer une heureuse issue delà négociation. Pour lui, il était prêt à faire plus que son devoir pour obtenir enfin la paix ^.

Mais c'était justement cette heureuse issue que la Bavière, la Hesse etleur alliée, la France, cherchaient de toutes leurs forces à empêcher. Vers la fin denovembre.lanouvelleserépandilàlacourde Bavière que Zapoli, soutenu par le sultan, occupait Bude et s'apprêtait à marcher sur la Transylvanie; du côté des Turcs, les alFaircs avaient été si bien réglées que les ducs pouvaient être sans aucune inquiétude ^. Eck conseilla alors à ses maîtres de persuader à Zapoli que Ferdinand était pou à redouter, du moins pour le prochain hiver; que beaucoup de ses lansquenets avaient déserté, que les autres avaient été licenciés, et qu'il était de son intérêt de ne conclure un traité avec Ferdinand que par l'intermédiaire des princes d'Allemagne et du roi de Pologne. Si Zapoli se décidait à attaquer le roi de Hongrie, désormais dépouillé de tout prestige et de toute puissance, on déciderait facilement quelques Electeurs et princes à se déclarer ouvertement contre lui, et bientôt il se verrait forcé d'abdiquer. Les populations autrichiennes entreraient sans difficulté dans ce plan, et Ferdinand, privé de tout appui non seulement du côté des membres de l'Empire, mais encore dans ses propres états, serait incapable de résister ^ S'il paraissait tant désirer la paix, affirmaientles ducs à Zapoli en une longue missive (10 fïvrierlo33;, c'est que sa posi-

' Voy. McFFAT, p. 2i7-:2oO.

* BUCHHOLTZ, t. IV, p. 129-130.

3 C. Winzerer aux ducs, 21 nov. 1532. — Voy. Muffat, p. 2.')l-2i5.

* Voy. le rapport de Eck, 28 nov. 1532. — Muffat, p. 250-237.

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