‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 106 sur 572 · DÉLOYAUTÉ DES DUCS DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

DÉLOYAUTÉ DES DUCS DE BAVIÈRE

était sans aucun fondement, et que lui accorder quel(jue importance o'était toucher à leur honneur i. »

Tous deux, à ce même moment, accablaient l'Empereur de protestations de fidélité et de dévouement, l'assuraient de leur fidèle obéissance, et juraient d'employer tout leur zèle à traiter avec les princes la question de l'élection. Ils disaient avoir invité l'Electeur do Saxe et ses alliés à se réunir à Nuremberg pour conférer avec €ux sur cette grave afïaire -.

Or à cette réunionne Nuremberg, les ducs, l'Electeur de Saxe et le Landgrave signèrent, le 3 avril, un traité où furent arrêtés les plans de campagne ci-dessus rapportés ^. Le 3 avril , ces princes promettaient à l'ambassadeur de France, par un acte revêtu de leurs signatures, d'employer les subsides fournis par François I"" avec (( une libéralité toute gratuite* » comme ils en étaient convenus dans les conventions ultérieures; ce qui ne servirait pas aux alliés serait loyalement restitué au roi ^. Deux jours plus tard, ils mandaient à Zapoli, qu'en Allemagne, dans le courant de l'année, une guerre éclaterait certainement, et pourrait servir très heureusement ses intérêts ^.

Et lorsqu'après cette réunion un délégué de l'Empereur se présenta à la cour de Bavière pour connaître les résultats de la conférence de Nuremberg, il reçut des deux frères l'assurance formelle (jue « tout ce qui s'y était fait ne pourrait qu'être très agréable à l'Empereur, (fu'il y pourrait reconnaître leur immuable dévouement et combien ils étaient dignes de la confiance de leur seigneur, car en vérité ils étaient disposés à se prêter à tout ce que l'Empereur souhaitait ^ ». Eck dit en propres termes au délégué de Charles-Quint : « Ne manquez pas de dire à votre maître : Eck luimême nous a répété que les princes de Bavière vénèrent Sa Majesté

1 Stumpf, p. 124.

* Voy. Stumpf, p. 110-112. — Buciiuoltz, t. IV, p. 175-171).— Les ducs dirent à l'envoyé impérial Gottschalk Erikso» : « Quo maturius lioc negotium exequi posseiit super approbatioue electionis régis Homauorum, se evocasse Norimbergara Saxoiiie ducem electorem, ut cum illo et suis adherentibus uuauimifer iu liac causa nd voluntutcin cesaree rnajeslatis passent concludere. » Les ducs dissuadèrent les délégués de l'Empereur d'aller eu Saxe conférer avec l'Electeur sur la reconnaissance de Ferdinand, comme ses instructions le [jortaient. Cette entrevue, as-^uraient-ils, ne pourrait qu'entraver leurs nobles ilesseins. Rapport d'iirikson, voy. Lanz, Staatspapiere, p. 111.

^ Stumpf, Urkundeiibuch, p. 40-44.

* « Ex ingeauina benevolenlia. »

^ Stumpf, Urkundenbuc/i, p. 45-46.

•^ Instruction des princes de la Ligue à Zapoli, 7 avril 1533. Voy. Mqffat, p. 281-282.

' « ... Nam se perpetuo velle facere et observare, quecunrjue cesaree majestati futura essent grata. »

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