DÉLOYAUTÉ DES DUCS DE BAVIÈRE
Impériale à l'épiai de leur Dieu, etqu'ils exposeraient avec joie, pour son service, leur vie et tous leurs biens *. »
Eck désirait vivement traiter avec Zapoli; mais l'Électeur de Saxe ne voulait pas entendre parler de cette alliance. Le Landgrave trouvait comme lui la chose « scabreuse » ; cependant, écrivant à Eck (4 septembre L^43), il se déclare prêt, par amitié pour la Bavière, à conclure l'alliance tant désirée, il ofïre donc à Zapoli de payer pendant trois mois la solde de deux cents cavaliers, pourvu que le voïvode, de son côté, promette de lui venir en aide dans le cas où il aurait besoin de son assistance, pour sa propre défense ou celle de quelqu'un de ses amis, comme par exemple pour le duc Ulrich de Wurtemberg 2.
Philippe n'épargna rien pour décider l'Electeur de Saxe, qu'il vint trouver à cet effet à Eisenach, à s'allieravec Zapoli. En même temps il s'efforça de vaincre ses scrupules au sujet d'une alliance avec les Turcs. Il lit part à Eck des arguments dont il s'était servi. Puisque Ferdinand lui-même avait traité avec les Infidèles, et que ce roi p:issait pour très chrétien, pourquoi l'Electeur hésiterait-il à suivre son exemple, et en quoi serait-il plus à blâmer ^ ?
Les ducs recevaient des Turcs des nouvelles fort satisfaisantes. Leur agentGaspardWinzerer leur manda, le 27 septembre, de Cinq-Eglises, « que le sultan venait d'équiper deux cents galères; qu'il avait acheté et payé comptant trois cents navires marchands de Venise, de Gènes et d'autres villes d'Italie et qu'il avait fait savoir à François I""', par un ambassadeur, qu'il voulait obliger l'Empereur à restituer à la couronne de France tout ce qu'il lui avait ravi par la force pendant la captivité du roi, et que si François aspirait à l'Empire, Soliman lui enverrait des troupes en nombre suffisant. « Z:ipoli, ;) ajoutait Winzcrer, « a de son côté reçu de bonnes nouvelles de France ^\ »
Les choses paraissaient vraiment prendre « une tri' s heureuse tournure ».
Winzerer et Weinmeinster furent chargés par les princes de Bavière de faire comprendre à Zapoli, avec toutelhabileté possible, que, s'il voulait enfin se mettrehors de périlel voirlachutedélinitive de Ferdinand, le meilleur moyen serait desoulever en Allemagneune guerre formidable; mais que, pour cela, il fallait obtenir de l'argent, (.<. soit par les Turcs, soit par d'autres puissances ):^. Ferdinand de-
' « .. DiC coiislanler (]esari, quoi Kckius dixerit, principes siii cosareain niajestatem ul deum suuin veiieraiitur et pro ejus majeslale aniiiiaiii alque lürlunas omnes expoiieiil. » - Voy. Lanz, Suai a papier c, p. li:3-ll.j.
* VOV. MUKKAT, p. 298.
8 Mun-AT, p. 2'.t'.l-;} r2.
* Mui-FAT, p ÜU'J ;jiu.