‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 109 sur 572 · DISSOLUTION DE LA LKJUE SOUABE · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DE LA LKJUE SOUABE

Ligue une fois abolie, François I"" et ses alliés d'Allemagne se flattaient de voir enlin réussir tous leurs complots ^. »

Philippe, qui ne pouvait oublier qu'en lo38 sa campagne contre les évêques avait surtout dû son insuccès à la résistance de la Ligue, travaillait sans relâche à en détacher les cités protestantes, prétendant qu'une telle institution constituait un grave péril pour la religion. En novembre, les villes de la Ligue de Smalkalde, Ulm, Constance, Esslingen, lleutlingen, Memmingen, Lindau, Biberach etisny, ne consentirent à prolonger ses pouvoirs qu'à la condition expresse qu'en dehors d'elle leur propre ligue serait reconnue, car (c avec les impies et les idolâtres », disait le conseil d'Esslingen, « il est défendu de sallier 2 ». Philippe obtint même de quelques autorités catholiques^ Mayence, le Palatinat, Wurzbourg, qui « dans leur triste aveuglement ne savaient ce qu'elles faisaient^, » une déclaration en forme de traité, portant que les soussignés ne pourraient, sans la connaissance et la volonté les uns des autres, favoriser de quelque manière que ce soit la prolongation de la Ligue Souabe *. Mais ce fut près des ducs de Bavière que le Landgrave trouva le plus d'appui. Aussi Eck fut-il récompensé en bon argent français du dévouement montré par lui en cette circonstance ^. Grâce à son zèle et à celui de Philippe, un ambassadeur français, Guillaume du Bellay, se rendit à Augsbourg, chargé par son souverain de travailler avant toutes choses et par tous les moyens à dissoudre la Ligue ^.

La Ligue fut dissoute.

A partir de ce moment, les complots formés contre la Maison d'Autriche eurent pleine liberté de se développer.

Philippe se hâta d'informer Zapoli de l'heureuse nouvelle. Il lui assurait, en même temps^ que l'occasion était on ne peut plus favorable, et qu'il était de son intérêt desedéclarer immédiatement contre Ferdinand. La conquête du Wurtemberg était maintenant chose aisée et, pour cette entreprise, le Landgrave et beaucoup de princes et de souverains étrangers donneraient leurs

1 Relations secrèlcs, p. 27.

* Voy. ces citations dans v. Stalix, t. IV, p. iJöi, noie 4, et p. 336, note 2. •' • Dit Laurent Truchsess dans ses Aufzeichnungen (voy. p. 19, note 1).

* Mayence et le Palatinat doclarèrent même ouvertement leur intention de ne pas consentir h un renouvellement des pouvoirs de la Ligue. Lanz, Correspondenz, t. Il, p. Hii. Le bourgmestre d'Ulm, jiesseier accusait le Landgrave Philippe d'être le véritable instigateur et instrument de la ligne de conduite de ces princes. HoMMEL, t. Il, p. 287, et t. III, p. ;}20.

■• Voyez les propos tenus par Philippe sur Ulrich de Wurtemberg, dans IIeyd, t. III, p. i'S, note 22.

'■ Du Bem.ay, Mémoires, t. Il, p. 317:118. — Lauze, t. I., p. 231. — Voy. Wille. Philipp der Grosmälhige, p. 107-147.

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