I>E PROTESTANTISME A MUNSTER
qu'avant que les messagers du vériluble évangile, remplis de l'esprit de la Pentecôte, eussent quitté Strasbourg pour aller établir en tous lieux, par des signes et des miracles, le véritable baptême, les sept anges apocalyptiques delà colère divine accompliraient leur œuvre : « La destruction de Babylone précédera le nouvel ordre de choses, la race des prêtres sera premièrement exterminée. » Ces événements étaient annoncés pour 1ü33.
Au commencement de cette année, Hofmann qui, dans l'intervalle, avaitété prêcher dans les Pays-Bas, revint à Strasbourg, et parla ouvertement de l'accomplissement des promesses. Dans une conférence religieuse qui eut lieu en présence du conseil entre lui et les prédicants, il soutint que le règne du Christ avait déjà commencé, et déclara (ju'il attendrait à Strasbourg, soit libre soit enchaîné, laréjlisation de ses espérances. Le conseil le lit enfermer dans un des donjons de la ville et, comme il trouvait encore moyen ds prêcher à ses coreligionnaires assemblés sous ses fenêtres, il fut transféré dans un étroit cachot.
Mais le courage du (( prophète Melchior »n'en fut nullement abattu. « 0 vous, chers saints de Dieu, pieux membres du Christ, » écrivait-il de sa prison à ses disciples les Melchioristes des Pays-Bas, ((élevez vos têtes, voscœurs, vos yeux, ouvrez vos oreilles, car voici venir letempsdela rédemption. Les plaies d'Égyptesont finies; nous n'avons plus à attendre que le septième ange des vengeances et, dès qu'il aura accompli sa mission, quand le premier né d'Egypte aura été précipité et mis à mort, quand le royaume de Babylone et de Sodomeaura pris fin, le joyeux alléluia retentira, le Samson spirituel et Jonas paraîtront, et Joseph et Salomon régneront de nouveau dans la force de Dieu sur toute la surface de la terre *. »
Le « royaume de Sion », qui n'avait pu s'établir à Strasbourg, allait être inauijjuré à Munster.
De bonne heure, grâce surtout au zèle de Philipp3 de Hesse, le Protestantisme avait pénétré eu Weslphalie, dans les comtés de Tecklenbourg, de Lingen,(le Wittgenstein, de Siegen, dans l'abfmyo impériale de Corvey, et ailleurs. Le Landgrave avait donné en mariage à Conrad de Tekienbourg sa sœur Mathilde, religieuse depuis
' Sur Hofmann, son influence etses ])arti.sans, voy. CoiiNiairs, Mii/iflerischer Aufruhr, t. il, p. 65-%. 218-228. — HiiuEucii, p. 22 el suiv., 50 et suiv., Ü7-70, 78. — K&LLEu, p. m el suiv. — ÜEIIUE11T, p. ill-lol, loti et suiv.