LÜBECK SOUS W U L LEN WEB ER DEPUIS
de nouveaux impôts ayant irrité la population, une émeute éclata (29 juin 1530). Les insurgés réclamaient à grands cris la confiscation des biens du clergé, la mise en vigueur d'une nouvelle constitution religieuse et lelectiondejuges assermentés, élusparmi lepeuple, et préposés à l'administration des paroisses. Le pillage des églises fournit un riche butin; rorfèvrerie, les objets précieux enlevés aux sacristies donnèrent plus do quatre-vingt-seize quintaux de métal, sans compter quantité de calices en or, de croix et d'autres objets de prix K Lorsqu'on demandait plus tard à ceux qui alors étaientau pouvoir : « Qu'avez-vous fait des trésors de nos églises, du bien des religieuses, des moines et des clercs? Où sont les ornements de nos églises et les chefs-d'œuvre artistiques de nos abbayes? Que sont devenus l'argent, les rentes des religieux, dont si souvent ils nous faisaient profiter^ ? » Ils ne savaient que répondre. Tout avait disparu. Quelques chapelles furent détruites de fond en comble, les autels brisés ^.
Dans cette « destruction de l'ancienne idolâtrie ». Georges Wul- Icnweber, marchand étranger auquel le conseil avait autrefois refusé droit de bourgeoisie à cause de ses dettes se distingua particulièrement. « C'était un homme méchant et retors, » dit à son sujet Lambert de Dalben; « il rassemblait autour de lui la plus vile populace, et se croyait tout permis. 11 attira sur la malheureuse cité de Lübeck de grandes calamités, et fut cause de beaucoup de calamités et d'humiliants revers '*. »
Sous l'inspiration de Wuilenweber, un comité, auquel avait été remis le pouvoir exécutif et l'administration des revenus de la ville autorisa la persécution des Catholiques et l'abolition de la constitution. Au reçu d'un édit impérial exigeant le rétablissement de l'ancien culte et des anciens règlements, le conseil écrivit à l'Empereur (octobre 1530) pour l'assurer du bon vouloir de la ville : Elle désirait lui obéir en tout ce qui était compatible avec la parole de Dieu et l'intérêt de la cité, mais l'avertissait, en même temps^,
1 Keller, Wiederl'àufer, p. 192.
- Waitz, t. I, p. 43-60. — Voy. le catalogue de ces objets dans la Zeltschivft für lühische Geschichle, t. II, p. 133-ii5. 80 croix d'argent et de vermeil, 316 calices d'argent et de vermeil, .58 ostensoirs, 102 images enchâssées dans l'argent furent emportés. On lit dans une chanson du temps :
Certes ils ont pu traire à leur aise,
Ils n'ont pas épargné la vache !
Us ont bu dans les calices d'or ;
Ils s'en sont donné à cœur joie ,
Ils ont fait jouer les marteaux, les tenailles, etc.
3 Waitz, t. Il, p. 138 etsuiv. et p. 347. * Waitz, t. 111, p. 350-351.