COMPLOTS ANABAPTISTES
que, s'il faisait violoncc aux liabilanls, ceux-ci cherchcraioul ailleurs aide et protection *. Eu septembre 1531, les maisons patriciennes des chefs de corporations furent assaillies par la populace, pillées et détruites -. Grâce à l'intervention du duc Ernest de Lunébour^, la ville entra dans la Ligue de Smalkalde; pour payer la contribution usitée en pareil cas, elle se servit d'une partie des richesses pillées dans les sacristies. Wullenweber avoue s'être adjugé vingt mille llorins d or fondu et monnayé, provenant des trésors des églises ^.
En mai 153l{, Wullenweber fut élu bourgmestre; dès lors, assisté de ses deux plus intimes amis, le docteur Oldcndorp et le capitaine Marc Meyer, tous deux originaires de Hambourg, il régna en souverain dans Lübeck. Oldcndorp était un homme « éminent en savoir, mais de mœurs corrompues et d'un caractère turbulent ». Meyer, jadis forgeron, ne se plaisait, comme tous les parvenus, que dans le luxe et l'ostentation, et s'était rendu célèbre, non seulement par ses mauvaises mœurs, mais encore par d'audacieux coups de main '*.
Ces trois hommes poursuivaient un môme but : l'avènement du pouvoir populaire dans l'Allemagne du Nord, et la propagation de « lÉvaogilc ».
La couronne élective du Danemark devint le premier objet de leur ambition. Depuis la mort du roi Frédéric (10 avril 1533), le Danemark était en proie à l'anarchie. Ils prétendirent avoir le droit de trancher la question de succession, et mirent tout en œuvre pour empêcher l'élection d'un prince dévoué à l'Empereur et à la foi cathorKiue. « Plutôt que de tolérer l'élévation d'un ami de nos adversaires et d'un ennemi de l'Évangile, »déclaraient Wullenweber et Oldcndorp, « nous verrions avec joie notre ville détruite de fond en comble; si nous sommes trop faibles pour l'empêcher, nous demanderons aide et secours à la France, à l'Angleterre et, s'il le faut, aux Turcs ^. » En effet, ils conclurent une alliance avec François 1''" et Henri VIll. Ce dernier avait persuadé à son allié le roi de France que, puisqu'ils avaient tous deux favorisé la restauration du duc Ulrich de Wurtemberg, ils devaient ne pas ménager davantage leur argent dans la (|ueslion du Danemarck, car il s'agissait également d'abaisser la Maison Impériale *^. Henri Vlll commença par
' Waitz, t. I, p. GO-83, 289-202.
'- Waitz, t. 1, p. lUï.
»Waitz. t. 1!I, p. 476.
* Voy. SciiLözKit, p. 190 et suiv. — Waitz, t. I. p. 292 et siiiv. i Waitz, l. Il, p. 50.
* liislruciioii pour lonl HocheforJ. Voy. \es St(ilc-l'a])rr.t, t. VU, p.oOH. — Vers