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COMMENT LE PROTESTANTISME FUT ÉTABLI A AUGSBOURG

voies de fait, nous ne pourrions, dans ce cas do légitime défense, nous abstenir de représailles. Aussi doit-on se garder d'entamor de semblables procès, d'où peuvent naître si aisément la révolte, les troubles et le scandale i. )i

Le vice-chancelier tfeld fut chargé de transmettre cette réponse à Charles Quint, dont la religion était accusée de « séduire les âmes, de renier le Christ et de blasphémer Dieu »,

Peu de semaines auparavant, le « véritable culte chrétien » avait été introduit à Augsbourg.

Le 18 janvier loli7, le conseil avait informé l'évêque et son chapitre que le culte catholique, étant abominable devant Dieu, allait être aboli ; aucun prêtre, sous peine de châtiment, ne pourrait plus à l'avenir célébrer la messe ni les autres cérémonies du culte catholique ; le clergé serait soumis à l'autorité laïque, et tout individu refusant de se soumettre à cet ordre « chrétien, juste et raisonnable », devrait dans un délai de huit jours au plus avoir quitté Augsbourg. Quiconque se permettrait d'écrire, de parler ou d'agir contrairement à la volonté du conseil, qu'il fût de haute ou de basse condition, laïque ou ecclésiastique, s'exposait à être châtié rigoureusement dans son honneur, son corps ou ses biens.

Bucer avait dicté lui-même ces mesures. « Le conseil, » affirmait-il sans tenir aucun compte des lois encore en vigueur dans l'Empire, (( exerce un pouvoir sans limite; il lui appartient de donner des lois aux citoyens. Il a le droit de commander, dinterdire, de statuer, sans avoir recours aux autorités supérieures. Investi d'une telle autorité, il est obligé de prévenir et do détruire tous les germes du vice, et de punir chacun dans la mesure du délit dont il s'est rendu coupable. Or aucun crime, meurtre, incendie, aucun forfait do l'ordre naturel, ne doit être puni plus rigoureusement que l'attachement à une doctrine d'erreur et l'exercice d'un culte impie. » Et lorsqu'on objectait à Bucer que l'Empereur considérait les évêchés comme lui appartenant, et,

' Voy. les délibérations des Etats de, la Ligue, dans Hortlkder, Ursnrhcn, p. li-10-lW2, archives de Fritncforl, RpHrilons-Ayntguixj.lol.lS-Vi'l. — Voy. la relation du delfgué de Strasbourg, Malliieu i^farrer, sur les Etats de Smaikaldi, dans WiNCKiiLMANN, II" W), p. 'HV-3:2K. — Voy. les rapports rédigés en français pour les négociations entre lleld et les Alliés, dans Lanz, Slaalspapiere, p, 23l-2ai. Ils sont très peu fidèles et très incomplets.

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