COMMENT LE PROTESTA.MISME FUT ÉTABLI A AUGSBOURG
par do nombreux rescrits, avait défendu d'attenter en quoi que -ce soit à leurs droits et prérogatives, il pensait réfuter suffisamment rarguracnten raisonnant comme il suit :
a Tout citoyen ayant vraiment confiance en Sa Majesté Impériale doit être bien convaincu que FEmpereur tiendra quelque jour à se rendre agréable à Dieu, qu'il recherchera la vérité et tiendra la promesse qu'il nous a faite de laisser chacun jouiren paix du droit commun et d'accroître nos libertés et nos droits, bien loin de les restreindre. L'Empereur sait qu'il est homme comme nous; comme nous, sujet à se tromper; par conséquent il nous saura gré un jour de lui avoir désobéi, puisque ses ordres étaient contraires à la gloire de Dieu et au droit commun. L'Empereur est comme nous l'enfant de Dieu, l'Esprit de Dieu le conduit et l'éclairé, de sorte qu'il ne peut manquer de reconnaître bientôt les abus de l'Église romaine; alors il nous félicitera de nous être conformés au pur et «aint Évangile du Christ dans toute l'étendue du Saint Empire. »
Bucer motivait la grande confiance qu'il fallait avoir en Charles- <3uint par ce remarquable aveu : « Dieu tout puissant, qu'a donc jusqu'à présent entrepris contre nous Sa Majesté ? En quoi nous a-t-elle persécutés? L'Empereur ne s'est-il pas sans cesse appliqué à nous montrer son bon vouloir, n'a-t-il pas franchement blâmé les abus? Quand s'est-11 jamais cru ledroit d'opprimer notre conscience? Sa conduite, envers nous, nous a souvent fait comprendre avec quelle admirable miséricorde Dieu nous traite, et Sa Majesté Impériale nous est apparue comme l'instrument de sa bonté. Néanmoins supposons si l'on veut tout le contraire : Qui donc jusqu'à présent nous a attaqués * ? ))
Le conseil d'Augsbourg suivit les conseils de Bucer et publia une lettre- circulaire - où il cherchait à justifier les changements opérés dans la religion, « en vertu de sa mission et du pouvoir dont il était revêtu. » Par l'abolition du « papisme », il affirmait n'avoir attenté en rien à l'autorité de l'évêque et n'avoir fait qu'exercer ses droits; « car il avait en main le glaive de la justice, et tout chrétien, ecclésiastique ou laïque, lui devait obéissance. Le clergé n'était composé que d'hommes vicieux qui dépravaient le peuple, ruinaient les cités, excitaient les troubles et ne songeaient qu'à mettre des entraves à l'autorité. Eux seuls étaient cause de toutes les humiliations d'Augsbourg; si tant de sang avait été injustc-
' Dialog, feuille V Z^. Dans ce travail, Bucer adonné plus qu'en aucun autre de ses écrits la mesure de son habileté d'argumentation subtile.
* Ausschreiben an die Römischen Kaiserliche-et Königliche Majestäten, etc. 1S37, feuille 18, in-K