‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 140 sur 572 · LE CHANCELIER ECK ET LA QUESTION DU CONCILE · texte numérisé non relu

LE CHANCELIER ECK ET LA QUESTION DU CONCILE

crétairc du Pape « que, dans l'intention de Paul III, pontife vraiment saint et excellent, j'ai été envoyé en Allemagne, non seulement pour prévenir la révolution, mais encore pour préparer les esprits, loyalement et en toute droiture, au Concile projeté 1 » .

AMunich, Vergérius rencontra les premiers obstacles à son entreprise. LechancelierEck,en cette occasion, joua son personnage ordinaire. Affectant un grand zèle pour l'Église, il éleva des prétentions dures et inacceptables. Son but était d'empêcher la réconciliation de Charles-Quint et des membres protestants de l'Empire, réconciliation qu'il savait devoir fortifier la puissance impériale. Le duc Guillaume, qui ne voyait que par ses yeux, dit au légat que le Pape avant de songer à réunir le Concile, devait exiger de Charles-Quint la promesse que les décrets de la sainte assemblée seraient obéis en Allemagne comme partout ailleurs, i"allût-il, pour obtenir cette obéissance, mettre au service de la religion les puissantes armées de l'Empereur: « Une fois en possession de cette promesse, le Pape, pourrait, sans plus longs préambules, ouvrir le Concile dans une ville d'Italie avec les Électeurs et princes, et se passer des Allemands, s'ils ne se présentaient point dès la première invitation^ Plus tard, sa main vigoureuse saurait bien les contraindre à accepter les décisions du Concile. » Vergérius répondit qu'une telle manière de faire était impraticable, que la nation allemande était puissante, que l'hérésie y avait poussé de profondes racines, et que l'Empereur, par nature, n'était point disposé à la sévérité envers les princes allemands : « Jamais il ne consentira à soutenir par les armes l'autorité du Concile surtout, si nous voulions réunir entre nous un concile en Italie, sans paraître nous soucier de ceux dont l'obstination, la haine contre la religion et contre le nom italien n'en deviendrait par là que plus forte et plus enracinée. » Néanmoins sur la question du lieu de réuniondu Concile, l'Empereur était disposé à soumettre son sentiment aux vues des Electeurs et princes. Mais le légat ne parvint qu'à peine à modifier l'opinion du duc. Il démêlait fort bien les motifs de son conseiller. « Je suis convaincu, » écrivait-il, « que Eck n'a pas une intention droite en faisant tant d'objections. Les ducs de Bavière sont, depuis des siècles, les ennemis de la Maison d'Autriche, etbien que de temps en temps ils fassent mine de se rapprocherd'elle, la jalousie, le vieux ferment de haine demeure caché au fond des cœurs. Aussi le chancelier trouve-t-il de bon jeu de mettre l'Empereur et le roi dans

« BuciioLTZ, t. IV, p. 301.

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