‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 148 sur 572 · GO.NCORDE DE WITTEMBERG · texte numérisé non relu

GO.NCORDE DE WITTEMBERG

notre chute, nous nous sommes trompés ; nous avons enseigné une doctrine d'erreur; souffrez que, devenus plus sages, nous ayons recours à vos lumières K »Mais après que l'Électeur eut manifesté sa volonté, Luther tint un autre langage. Le l'"" décembre 1537 , il écrivit à Zurich, Berne, Bàle, Schaffouse, Saint-Gall, Mulhouse et Biel. On se serait attendu à le voir rejeter l'explication amhiguë de Bucer, puisque les Suisses lui avaient demandé à ce sujet une déclaration nette et précise. Mais loin de le blâmer, il loue son zèle pour la paix, disant quesi les Suisses n'entendent pas encore parfaitement sa doctrine, lui et Gapito sauraient bien concilier et éclaircir toutes choses. « Je m'en remets absolument à eux, sur qu'ils s'acquitteront de leur mission avec tout le zèle et la loyauté possibles, car j'ai toujours reconnu en eux ces qualités. » Relativementàla doctrinedc l'Eucharistie, il se contente de dire « que lui non plus ne peut admettre que Jésus-Christ descendit du ciel visiblement pour se tenir présent dans l'Eucharistie; mais qu'il s'en rapporte, pour un miracle si grand, à la toute-puissance divine ». Do la présence réelle ou de la participation des indignes à l'Eucharistie, il ne dit pas un seul mot, et terminait en disant : « Quand bien même nous ne nous entendrions pas complètement sur ce mystère, ce que nous avons de mieux à faire, c'est de conserver la paix entre nous, entretenant en nos coeurs des sentiments mutuels de charité, jusqu'à ce que l'impureté descende une fois encore au fond du vase, et que l'eau retrouve toute sa limpidité 2. »

Ainsi donc les Suisses étaient désormais en possession d'un documentpositif parlc([uel Luther déclarait no point s'opposer à ce ([u'ils n'acceptassent la Concorde de Wittemberg qu'en y faisant les réserves qu'ils jugeraient convenables. Ils pouvaient même conclure de sa lettre qu'il avait complètement abandonné la formule qui les avait d'abord séparés de lui 3.

De même qu'au moment de la Concorde de Wittemberg les Luthériens s'étaient vantés d'avoir triomphé de leurs adversaires, les Zvvingliens, maintenant, se regardaient comme ayant remporté l'avantage. A l'assemblée de Zurich, quelques prodicants allèrent jusqu'à dire « que Luther devait publiquement rétracter tout ce qu'il avaitenseigné dans ses premiers écrits contre Zwingle et Carlstadt ».

Du moment (ju'il était admis que clia([ue parti pouvait interpréter à sa guise la Concorde, les Suisses ne tirent plus difiiculté d'y sou.scrire. Pour leur complaire, Mélanchthon, sous les

» Sdmmll Werke, t. LXV, p. 93-94.

-De WETTiî.t. V, p. 83-8G.

^ Voy. Planck, t. III, p. ^US et suiv.

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