PUISSANCE DE LA LIGUE
dire des Impériaux, qui s'efforçaient de faire passer la couronne de Danemark sur la tête du comte palatin Frédéric. S'ils y réussissaient, c'en était fait de l'Évangile en Danemark, car l'heureuse situation de ce pays offrait aux papistes de grands avantages pour combattre les pouvoirs chrétiens et nuire à leur commerce ; donc il était sage et selon Dieu d'admettre Christian dans la Ligue; au lieu d'avoir à redouter l'hostilité du Danemark, de la Norwège et des principautés du Schleswig et du Holstein, on pourrait au contraire en attendre des secours et, dans l'affaire du Concile, la cause protestante pourrait compter sur l'appui d'un puissant monarque *. Persuadées par ces raisons, les villes consentirent à l'admission du roi 2, et le 9 avril 1538, une alliance de neuf ans fut conclue entre le Danemark et la Ligue aux États de Brunswick où Christian III se rendit en personne.
Cl Pour la cause de la religion, ce qui en dépendait ou pourrait en dépendre, » Christian promit de lever pour trois mois et d'équiper à ses frais trois mille fantassins, ou bien de donner quarante raille florins. Les Alliés signùrent une promesse équivalente. Dans cette même assemblée, les princes de Saxe, de Hesse, de Lunébourg, d'Anhalt et le comte de Mansfeld conclurent un traité particulier avec Christian, d'après lequel le secours réciproque était également garanti « dans toutes les affaires temporelles qui pourraient survenir ». Une puissante ligue défensive était donc formée. Hambourg et Brème entrèrent pour neuf ans dans ce dernier contrat ^.
Par ce traité, la Ligue prenait une nouvelle importance et, passant les bornes des frontières allemandes, étendait son influence jusque dans la politique générale de l'Europe. Ses membres, à l'unanimité, assuraient à Christian la protection de ses deux puissants chefs contre l'agression des Catholiques persécutés dans leur foi et chassés de leurs domaines, dans tous les cas, sans restriction, où ils se verraient menacés, fût-ce par l'Empereur lui-même.
En Allemagne aussi la puissance de la Ligue ne cessait de s'accroître.
1 Archives de Francfort. Tag zu Smallsalden t5S7,M. 142. Voy. Waitz, t. III, p. 562.
^ Voy. ces lettres aux Archives de Francfort.
3 HonTLEDER, Ursuchen , IM7 -ibW.— W AiTz, t. 111, p. 326-329, 364-366. D'après le recez de l'assemblée, daté du 16 avril (Archives de FfdncioTt,Aynigitnr/s- Vervandlen Handlung zu Bruiiswygk and Esalingen a. /338 ergangen, fol. 77), les Etals qui n'avaient point donné leurs pleins pouvoirs à la Ligue relativement aux affaires temporelles devaient communiquer leur réponse à ce sujet le 24 juin, et les chefs de la Ligue devaient alors aviser au moyen de conclure ce nouvel arrangement. Far conséquent les alliés n'avaient eu jusque-là aucune connaissance de la convenliou particulière conclue dès lu 9 avril.