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LES ALLIÉS SE PRÉPARENT A LA GUERRE

tribution à la Ligue; enfia il avait à cœur la construction de nouveaux forts. La démolition des églises lui fournissait des pierres ; les cloches, des métaux pour son artillerie ^.

Tous les membres de la Ligue se préparaient avec ardeur à la guerre.

A Gobourg, où les Alliés se réunirent au mois d'août 1537 « pour établir et organiser le gouvernement militaire )),les conseils de guerre de divers pays décidèrent que l'Électeur et le Landgrave, en leur qualité de chefs de la Ligue et pour empêcher l'exécution des arrêts delà Chambre Impériale, pourraient exiger des Alliés le doubledes secours votés, et seraient chargés d'enrôlerdes troupes de tous côtés 2. Les cités de l'Oberland donnèrent leur assentiment à ces mesures dans une de leurs assemblées (octobre 1537); toutefois elles exprimèrent le vœu que la nouvelle artillerie qu'on allait fondre, ainsi que les munitions de guerre, ne fussent pas toutes réservéesaux armées des deux princes, etquelequart en fùtdéposé à Augsbourg ou à Esslingen 3. Philippe de Hesse protesta, et pour lui complaire Ulm s'efforça d'apaiser Strasbourg, alléguant qu'il ne fallait pas compromettre les intérêts de la Liguepour une question aussi secondaire, car la victoire et le salut dépendaient entièrement de la bonne organisation de la campagne ''. A Brunswick, les décisions de Gobourg furent adoptées à l'unanimité. Les Alliés s'engagèrent à fournir leur contribution avant la Pentecôte pour hâter l'achat des armes et des munitions ^. En 1537, l'Électeur et le Landgrave avaient déjà, dans les différents pays allemands, plus de trente généraux ayant chacun sous ses ordres cinq cents hommes de pied, et quatorze chefs d'escadron, conduisant chacun trois cents cavaliers ^\ Philippe ayant entendu dire que la Bavière se préparait de son côté à la guerre , ordonna au conseil d'Augsbourg, dans le cas où il acquerrait la certitude que ces préparatifs étaient dirigés contre la Ligue^ de charger l'habile général Schärtlin de Burtenbach d'exciter une émeute parmi les lansquenets bavarois, chose d'autant plus aisée, disait-il, que certainement, parmi eux, beaucoup, au fond du cœur, étaient tout dévouésà« l'Evangile ».Philippeautorisait Augs-

1 HEYD.t. HT, p. 302-303.

' * Abschied von Coburg, am. 22 août 1337. Archives de Francfort, « Coburyer und Esslinger Abschied 133~ ».

■'* Abschied zuEslingen (jeudi après la St-Michel), 4 octobre. Archives de Francfort, voy. la note 2.

' ' Dépêche du 28 nov. 1S37. Archives de Francfort.

'■> ' Abschied zu Brauîischweig vom i 6 avril ^.5.?6f, Archives deFrancfort, »Aynigungs-Vericandten Handlung zu. Brunswygk », fol. 77 et s "•'.

^ Seckendorf, t. m, p. 161.

40f) NOUVELLES MESURES ARBITRAIRES CONTRE LES CATHOLIQUES. 1538.

bourg à dépenser dans ce but jusqu'à dix mille florins, que la Ligue se chargeait de rembourser plus tard. Mais lorsqu'on eut appris que l'armée bavaroise n'avait été réunie que pour combattre les Turcs, on renonça à se servir de Schärtlin pour révolutionner le pays de son légitime seigneur et maître K

Pour commencer la guerreà la(iuello ils s'étaient si bien préparés, les Alliés n'attendaient qu'un signal. Dès que la Chambre Impériale mettrait au ban, pour cause de religion, un prince, un membre de l'Empire, une ville faisant partie de leur Ligue; dès qu'un pouvoir catholique quelconque oserait vouloir exécuter un arrêt porté par le tribunal d'Empire, la guerre devait éclater. La Chambre Impériale devait « laisser faire » toutes les fois qu'il s'agissait d'intérêts déclarés par la Ligue du domaine religieux. Ecrivant confidentiellement à Bucer, Philippe de Hesse avoue franchement qu'il est assez plaisant d'obliger l'Empereur à suspendre les procès intentés contre les Protestants, empêchant ainsi la justice d'avoir son cours : « Car, à dire le vrai, nous avons toute une kyrielle de procès religieux qui riment aussi bien à religion que chien à trompette 2. »

Mais le Landgrave tenait un tout autre langage lorsqu'il s'adressait au vice-chancelierimpérial Jean deNaves. « A Smalkalde, »luidisait- 11, « Held a pris ladéfense de la Chambre Impériale et s'estefforcé de prouver que les pouvoirs protestants appelaient affaires religieuses beaucoup de causes qui n'ont absolument rien de commun avec la religion. Or cela est complètement faux. Held a tellement défiguré les faits qu'en l'écoutant nous avons d'abord été saisis d'effroi, comme gens qui s'attendent à recevoir un violent coup sur la tête, car nous nous étionsaltendus àdes procédés plus doux, espérant que l'Empereur tiendrait à éta!)lir une paix solide, et qu'il abrogerait tous les procès intentés par la Chambre Impériale 3. »

Aux Etats de Brunswick et d'Eisenach (avril et juin 1538), quelques membres de la Ligue proposèrent de « récuser en bloc, purement et simplement, tous les arrêts du souverain tribunal ». Mais, dans les deux assemblées, on ne parvint pas à s'entendre sur ce point ^; on se borna à récuser quehjues causes particulières. Parmiles pouvoirs protestants soi-disantpersécutés, le conseil d'Isny se plaignit « qu'ayant aboli la messepapiste »et les« abus pernicieux » au couvent de Saint-Georges, le baron de Waldbourg, patron et tuteur du monastère, eût obtenu contre lui un arrêt ordonnant

» IlEnBEIlGEU. t. LVI-LVU.

» 24 juin 1539, dans Lknz, Briefwcchael Philipp's mit Buizer, t. I, p. 87. > Relation de Naves ii la reine Marie, 1538, Lanz, Slaalxpapiere,ç. 203. * ■ .VxiikiuL zu Itrunsc/iioei'j vum 16 April und zu Eisenach vom 8 Aurjitst ir>:SH. Archives de Francfort.

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