‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 157 sur 572 · LIGUE DÉFENSIVE DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LIGUE DÉFENSIVE DES CATHOLIQUES

daiU longtemps, privés de leurs revenus! Quelques -uns même on été proscrits : n'est-ce pas là persécuter ^ ? »

(( Lorsque les pouvoirs protestants, » dit un autre écrivain catholique contemporain, w se fondant sur la prétendue infaillibilité de leur doctrine, se disent autorisés à confisquer le bien d'église, à abolir l'ancien culte, à chasser les membres de l'antique religion de leurs propriétés et domaines, ont-ils de meilleurs arguments à faire valoir que les Anabaptistes et les autres sectaires? Ne se vantent-ils pas comme eux d'être les uniques dépositaires de la divine vérité, ne s'attribuent-ils pas le droit de saisir le temporel, et surtout le bien de ceux qui, n'étant pas de leur avis, refusent de se joindre à eux-? »

Non seulement les Alliés entendaient maintenir dans leurs états la nouvelle religion, mais ils prétendaient encore avoir toute liberté de persécuter sans contrôle tous ceux qui restaient fidèles à l'ancienne foi et s'affranchir entièrement de l'autorité de l'Empereur dans toutes les questions qui, selon leur appréciation, avaient quelque rapport aux affaires religieuses.

Les membres d'Empire catholiques, effrayés de leurs continuels préparatifs de guerre et de leurs alliances avea les souverains étrangers, sortirent enfin de l'inaction où jusque-là ils étaient restés plongés. L'Empereur, obligé de se défendre à la fois contre les Turcs et contre la France, n'était pas venu en Allemagne depuis de longues années, et les Catholiques comprirent enfin queleseul parti à prendre c'était d'organiser une puissante contre-ligue, capable de protéger leur religion et leurs propriétés contre les attentats des Protestants.

Déjàune association de ce genre s'était formée à Halle entre l'Électeur Joachim de Brandebourg, les ducs Erich de Hanovre, Henri de Brunswick et Georges de Saxe. « Ces princes, » mandait l'Élec" teur Joachim au roi Ferdinand, « après avoir constaté que les Luthériens formaient entre eux des conventicules séditieux dans le but de leur ravir l'obéissance de leurs vassaux de toutes conditions, de soulever les sujets contre leurs maîtres et de se les attacher, contrairement aux recez d'Augsbourg et de Nuremberg, s'étaient unis par un contrat amical et perpétuel, et réciproquement promis de rester et demeurer toujours attachés à l'an-

* HoRTLEDER, Ursachen, t. T,p. 128, 131, 153. Tiré de « Einem Gespdrch aines Iloffraths mit zwaien Gelehrten », etc.

- Dicta memorabilia, p. 49.

Page 1