UNION DE NUREMBERG
nand : « Votre Majesté pourra voir par cet exemple que les mesures débonnaires et indulgentes de Leurs Majestés impériale et royale n'améliorent personne, mais fournissent au contraire des prétextes à plus d'audace téméraire, à plus de zèle indiscret. Ce qui résultera à la longue de tout ceci, Votre Majesté peut dès maintenant le prévoir, et les graves événements qui viennent de se passer ne le font que trop pressentir. Il était facile de s'y attendre, et à d'autres tout semblables. Plût à Dieu qu'on eût montré plus de clairvoyance! Cela n'a pas tenu à mon zèle fidèle, ni à mes avertissements répétés i. » « Les Alliés, )) écrit-il encore au printemps de 1538 au conseiller de Bavière Weissenfelder, « iraitentde Turcs tous ceux qui refusent d'entrer dans leur secte; à leur avis, les Catholiques sont de pires Turcs que le sultan lui-même et tous les siens ". »
Sur la proposition de Held, Ferdinand résolut de convoquer les princes catholiques à Nuremberg (lo38).
A Prague, il dit au délégué envoyé par le conseil de Nuremberg : « L'Empereur et le roi sont en pourparlers avec quelques Électeurs et princes pour l'organisation d'une Union Catholique créée, non pour rien entreprendre contre les mendjres obéissants du Saint-Empire, mais unifjuement pour résister, autant qu'il sera possible , aux séditieux qui menacent continuellement l'Allemagne, protéger les sujets iidèles de l'Empereur, et les établir dans la paix, la concorde et la justice. Si donc on venait à informer votre conseil que l'Union Catholi([ue se forme pour opprimer les Évangéliques, n'ajoutez pas foi à cette calomnie, mais soyez bien assuré que l'Empereur ne se propose que d'étendre à tous les membres du Saint- Em pire les bénéfices de la paix religieuse. « L'Empereur, » ajouta-t-il, « songe à convoquer avant peu à Nuremberg les princes catholiques, et il espère que le conseil n'en prendra point ombrage. Outre cela, peut-être sera-t-il nécessaire de réunir bientôt la Diète d'Empire et Nuremberg semble la ville la mieux appropriée à ce dessein. L'Empereur a la conliance que le conseil se montrera obéissant et, d'avance, prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l'assemblée. Le conseil ne doit pas craindre que l'Empereur veuille en rien entraver sa liberté religieuse ou songe à interdire son culte; mais, d'autre part, il doit comprendre que, la Diète devant durer un certain temps, l'Empereur et le roi ne pourront s'abstenir de faire célébrer la messe. »
Ainsi les choses en étaient venues à tel point que Charles et Fer-
Voy. BucHOLTz, t. V, p. 332, note.
^ Voy. Stumpf, p. 208.