‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 161 sur 572 · UNION DE NUREMBERG. I · texte numérisé non relu

UNION DE NUREMBERG. I

de ses sujets, de lui faire violence, de l'attaquer par voie de fait ou de lui porter préjudice dans sa terre ou ses biens, contrairement à la paix de Nuremberg. Et cette paix établie par nous, Empereur romain, et par les princes protestants, nous nous proposons de la maintenir et de l'observer strictement et inviolablemcnt. » L'Union n'avait qu'un but purement défensif ; elle ne se proposait que le maintien de la foi catholique et des propriétés et fondations ecclésiastiques, à l'intérieur des domaines des princes qui en faisaient partie, ces propriétés et fondations devant être protégées « contre des confiscations arbitraires ». Et si quelqu'un, laïque ou ecclésiastique, osait, en secret ou ouvertement, entreprendre par la violence de nous persécuter dans notre véritable religion, nos cérémonies, nos doctrines, lois et traditions, témérairement et à main armée, attentant à la foi ou à ce qui en dépend; s'il cherchait à nous ravir la fidélité de nos sujets ou à nouer avec eux des intrigues criminelles et contraires à nos intérêts, nous déclarons devoir et vouloir nous opposer à lui de toutes nos forces, résolus que nous sommes à nous défendre et à maintenir notre vraie religion, selon que le réclament la justice et l'équité. Et si nous venions à être attaqués par les Protestants, non plus au sujet de la religion, mais sous tout autre prétexte temporel, ou si la révolte éclatait parmi les sujets de l'un de nous, nous jurons d'unir nos forces pour nous défendre. »

Les royaumes étrangers, « en dehors de la nation et de la langue allemande, »étaient formellement exclus de l'Union. Maisles princes allemands, prélats, comtés, villes, pouvaient, à leur requête, en faire partie. Les électeurs de Trêves, de Cologne et du Palatinat, lesévéques de Franconie, de Souabe, de Westphalie, de Saxe, un grand nombre de comtés et de cités furent invités à y entrer.

L'Union fit aussi appel aux villes etauxmembres d'Empire protestants. Une déclaration additionnelle, datée du 12 juin, portait : « Et afin que les villes et autres autorités, parmi lesquelles la doctrine luthérienne a déjà pénétré puissent également entrer dans notre Union, liberté leur sera laissée jusqu'au Concile générai ou réformation chrétienne, de demeurer dans leur religion, pourvu qu'entre temps ils s'engagent à n'adopter aucune doctrine nouvelle et promettent de s'en remettre pour la foi à ce qui sera décidé par le Concile général ou réformation. »

Le duc Louis de Bavière fut élu chef de l'Union de Nuremberg pour rOberland, et le duc Henri de Brunswick pour la province de Saxe 1.

* Voy. les pièces de ce traité dans Hortleder, Urf^ac/ieii, p. l.oIS et suiv. Recez des Etats deSmalkalde du 12 juin 1536, dans BvcaohTz,U7^kundenband, p, 366-371.

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