‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 165 sur 572 · ÉTATS DE FRANCFORT · texte numérisé non relu

ÉTATS DE FRANCFORT

L'archevêque de Lund, plénipotentiaire de FEmpereur, et les ambassadeurs de Ferdinand commencèrent les négociations. Mais, dès le début, les Protestants élevèrent des prétentions si exorbitantes qu'il fallut renoncer à tout espoir de paix.

Ils exigeaient la garantie d'une paix pleine et entière, l'abrogation de tous les procès que, dans l'avenir, la Chambre Impériale pourrait intenter à quelqu'un des leurs pour motif de religion ou dépendant de la religion ; enfin le droit de confisquer impunément à leur profit les biens ecclésiastiques. « Dephis, » niandaientà Ferdinand ses ambassadeurs, « ils veulent mettre les mains sur les dîmes et redevances attachées aux églises et abbayes placées en dehors de leur juridiction, en un mot rester libres de faire des biens du clergé tel usage qu'il leur plaira. D'après eux, ces confiscations sont inséparablement liées aux intérêts de la religion, et à ce sujet ils ne doivent être inquiétés en aucune façon. » « Et ceux qui viennent tous les jours se joindre à eux, comme par exemple le roi de Danemark, le duc de Liegnitz, le duc de Prusse, les villes de Riga et de Revel, entrés récemment dans leur Ligue, doivent, à les entendre, jouir des mêmes droits. Ils veulent qu'aucun des leurs, pour motif de religion, ne puisse être puni par les Catholiques dans son corps ou dans ses biens, et que les prêtres apostats, les moines, les religieuses, ainsi que les enfants issus de leurs mariages, puissent sans nulle difficulté entrer en possession de leurs patrimoines et héritages. »

i< Ce n'est qu'à ces conditions qu'ils consentiront à fournir, comme les autres membres de l'Empire, leur contribution pour la guerre contre les Turcs. En outre, ils déclarent que, pour l'organisation de la campagne, il est indispensable de convoquer tous les membres de l'Empire *. »

Les Protestants refusaient d'accorder la tolérance aux Catholiques, prétendant que, dans un pays ou à l'intérieur d'une ville, l'unité de culte était indispensable 2. Mais lorsque leurs adversaires invoquaient cette même nécessité, ils ne voulaient rien entendre, et comme les Catholiques se révoltaient d'une injustice si flagranie, Luther déclara la paix impossible ^.

mer, dans Meixardüs, p. 626, 636-6H4. « Primis deliberationibus bellum omnium suffragiis decernebatur. » — « Elector Saxioniœ, qui quum hactenus cunctator sit habitus, necessitatem belli impositam nobis putavit. » Calvin à Farel, Calvini 0pp., t. X, p. 3-26-330.

* Relation des ambassadeurs, dans Schmidt, Gesc/^'c/i/e der Deutschen , t. Xlf, p. 174-176. — Voy. Winçkelmann, p. 550, note 3.

^ .. . " Contrarius enim cultus in una provincia aut uibe ferri non posse. » Sec-

KENDORF, t. 111, p. 202.

^ « Valde miror,» écrivait Luther le 14 mars 1339 à Mélanchthon, « quomodo con-

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