PLANS MILITAIRES DE PHILIPPE DR HESSE
Le 2 mars, il s'exprimait encore en termes amers et violents sur le compte de Philippe i^ mais très peu de jours apn'-s il écrivait: « A la place du Landgrave, j'en finirais une bonne fois avec ces papistes, je les ruinerais, je les exterminerais, puisque, dans une cause si juste, ils s'obstinent à entraver la paix. Mais comme prédi-cateur de l'Évangile, il ne m'appartient pas de conseiller une pareille mesure, encore moins d'aider à son ex^'cution. » A l'entendre, Philippe était (( le chef-d'œuvre de Dieu, un véritable héros v, « Il a chassé les évêques du chœur (15:28), et maintenant il veut leur parler à la porte, de sorte que les papistes sont actuellement dans l'alternative ou d'attaquer, ou de laisser faire, ou de se tenir coi, ou de consentir à la paix ^. » Selon lui, il n'était pas moins nécessaire de résister à Charles que de refouler les Turcs, car, du moment où il se proposait de combattre les Évangéliques , l'Empereur ne devait plus être regardé que comme un mercenaire aux gages du Pape et comme un voleur de grand chemin. Le Turc était bien moins corrompu que le Pape 3.
Les conditions posées par les Alliés furent déclarées inacceptables par Ferdinand. Un chrétien, selon lui, ne pouvait y souscrire sans trahir sa foi. L'archevêque de Lund,de son côté, dit qu'il était impossible de laisser s'opérer dans la constitution des changements aussi graves sans l'assentiment de tous les membres de l'Empire ^.
Toutes ces négociations semblaient devoir rester stériles, et l'on s'attendait à chaque instant à voir éclater la guerre.
Peu de jours auparavant, le 29 février, Schärtlin de Burtenbach, gouverneur militaire d'Augsbourg, était venu, de la part du Landgrave, solliciter du conseil privé de cette ville la permission d'entrer pour deux mois au service de Philippe, auquel il se proposait de conduire un régiment de lansquenets. En l'espace de deux mois, Philippe espérait soit obtenir la paix aux conditions désirées, soit, avec l'aide de Schärtlin, remporter la victoire
ditiones pacis possint firm^ri, quando vos pelitis oslium Evangelio apertutn.et illi clausuni velint. » De Wette, t. V, p. 172.
• « Ttiraso noster, » écrivait Lultier au vice-chancelier de Saxe, Franlz Burkhardt, « sparj^it rumores belli, et nescio qiiot locis, invadendas essenostras terras intra quatuor hobdomadas a mililibus clauculum dispositis, formidat seu fingit verius. Mirum est, quam furiat verbis sese dignis, cu77i slt corde et manu, sicut son per fuit, pro7\ms inutills, et tarnen cupiat, suam operani summe uecessariam existimari. » Voy. ScHiuiuiACni:n, Briefen und Acten, p. 379-380.
« Sàmmtl. Werke, t. LXII, p. 80-87.
^ Le 8 février irJS'.), voy. de Wette, t. V, p. 160. « Aut igitur deponant Papa, C:»rdinales, P]piscopi, (^sesar, etc., nomen Christi elfateantur, se id esse.quod sunt, id est mnnci}>ia Satan//;, tune suadebo, ut prius, ul genlilibiis tyraiinis cedamus, aut si sub nomine Christi contra Christianos ipsi et Antichristiani scienter jaccrent lapidem sursum, qui recidat in caput ipsorum,feraut poeuam secundi pr;ecepti. »
* Voy.'îHANKE, t. IV, p. 94.