CHAPITRE XI
LE DUCHÉ DE SAXE ET l'ÉLEGTORAT DE BRANDEBOURG DEVIENNENT PROTESTANTS.
Pendant les délibérations de Francibrt, les Protestants reçurcntdes nouvelles qui les comblèrent de joie. Le 20 février 1530, le duc Frédéric, dernier fils de Georges de Saxe, était mort subitement et, le 17 avril, son père le suivit dans la tombe. La veille encore, bien que déjà souffrant, Georges s'était occupé des affaires publiques. Le soir, après le repas, il prit une potion, et soudain seplaignit de violentes douleurs. Lelendemain matin, un prêtre célébra la messe dans la chambre du malade, lui administra les derniers sacrements, et Georges, après avoir récité le Pater, VAve Maria et le Credo, rendit paisiblement son âme à Dieu, en disant : «Loué soit le Seigneur en tout ce qu'il fait! » A Dresde, l'émotion fut grande ; le bruit courait que les deux princes avaient été empoisonnés par leur médecin 1.
Par sa piété véritablement éclairée, la pureté de ses mœurs et sa fidélité au devoir, le duc Georges fait exception parmi les princes de son temps -. Inébranlable dans sa foi, il combattit avec énergie
' Lettre de Cochlaîus, voy. Rayxald ad a. 1 539, n« 18, et Epist. miscelL, ad F. Nauseamp. iiï.Yoy. üittrich, Gasparo Contariiii, p. S13-ol4. Un jour qu'en la présence de Luther on parlait « de Papistarum duritia, qui ducem Georgium plangerent, quasi veneno fuerit extinctus, respondit Lutherus: pereat Pharao cum suis... Dux Georgias est eradicatus ». Laotehbach, Tagebuch, p. 206.
* 11 méritait bien l'épitaphe qui fut placée sur sa tombe:
Homme pieux et vaillant
Dévoué tout entier à la vérité ;
Ami delà paix et delà concorde,
Une colonne de la Chrétienté,
L'appui de la vertu, la terreur du vice,
La consolation du roi, l'ami loyal de l'Empereuf .
Voy. Kapp, Nachlese, t. HI, p. 381, Thomas Kirchmair dans sou « Mor^i^ô/'anrf/ »<
et persévérance la guerre soulevée contre l'Église, gardant soigneusement son duché de l'hérésie, et prenant ses mesures pour qu'après sa mort il restât fidèle à l'ancienne religion.
Son plus proche héritier et son unique frère, le duc Henri, gouvernait les deux bailliages ^saxons de Freiberg et de Walkenstein érigés depuis 1503 en principauté indépendante. Henri était en tout l'opposé de son Irère. Tandis que Georges, de mœurs graves, s'appliquait sans relâche aux affaires de 1 État, Henri fuyait toute occupation, et estimait par-dessus tout le plaisir de la bonne chère. 11 faisait quatre repas par jour. Quand il se rendait de Freiberg à Dresde, il s'arrêtait deux fois en route pour s'attabler. « En son palais de Freiberg, » écrit son secrétaire et biographe Freydinger, « on vivait comme à la cour du roi Artus. Le prince y tenait table ouverte, et souvent lui et ses courtisans se livraient à de véritables orgies. Quelquefois, pendant des journées entières, et même des semaines, ses conseillers le poursuivaient pour obtenir seulement une signature. Son amour du faste et la prodigalité de la duchesse Catherine, sa femme, firent bientôt peser sur le pays des charges écrasantes. »
Influencé par Catherine, Henri avait embrassé les nouvelles doctrines. 11 commença par confisquer dans ses domaines les biens ecclésiastiques, et refusa môme, au conmiencement, de garantir aux moines et religieuses chassés de leurs propriétés une rente ou une subvention quelconque. A plusieurs reprises, mais sans aucun succès, son frère le supplia de respecter l'ancienne constitution ecclésiastique et de laisser au clergé ce qu'il tcnaitde lalibéralité des ancêtres et de la charité des « bonnes gens ». Georges était scandalisé de la manière dont son frère réglait le sort des personnes ecclésiastiques ei disposait de propriétés sur lesquelles il n'avait aucun droit. « Si, comme vous le prétendez, votre conscience vous oblige à adopter les doctrines nouvelles, » lui écrivait-il, « il suffisait que vous prissiez soin de vous-même, sans rien entreprendre sur la conscience d'autrui. »
Par son testament, Georges déclarait que, tant que son frère Henri et ses neveux Maurice et Auguste ne rentreraient pas dans le giron de l'Église et ne se joindraient pas à l'Union de Nuremberg, le duché de Saxe appartiendrait de droit à l'Empereur qui en deviendrait le prince suzerain, et pourrait en donner l'investiture à son frère Ferdinand ^.
(feuille C), place le duc Georges aux enfers, et l'ymoulre formant un » Buiulschuli,r) avüc les damnés. Voy. notre sixième volume.
1 Voy. pour plus de détails lecliapitre sur Georges le barbu, dans uoLie sixième
Mais le duc Maurice avait pris ses mesures d'avance. Au nom de son père et de son frère, il avait sollicité l'appui de la Ligue de Smalkalde dans le cas où, après la mort de Georges, on voudrait les empêcher de prendre possession du duché et d'y implanter et établir « la parole divine et le saint Évangile >». Aux. États de Francfort (10 avril 1539), les chefs do la Ligue lui avaient promis d'exposer pour lui dans une telle nécessité « leurs corps, leurs biens, leurs terres et gens ». Maurice, en retour, «sur sa parole princière, sa signature et son sceau, » avait juré de rester fidèle jusqu'à la tombe à la Confession d'Augsbourg, d'établir la doctrine luthérienne partout où il aurait gouvernement et autorité, d'abolir le papismeet tout ce qui n'était pas conformeà ladite Confession, et de demeurer le fidèle allié de la Ligue aussi longtemps qu'elle subsisterait ^
A la nouvelle de la mort de Georges, la plus vive allégresse se répandit à la cour du duc Henri. « Quelques courtisans étaient alofs malades, )) écrit ^Freydinger, « Antoine de Schomberg, le plus influent conseiller du duc, était tourmenté par la goutte; d'autres étaient encore plus incapables que lui d'entreprendre un voyage; mais cette nouvelle les guérit tous comme par enchantement. Le pays n'eut pas assez de chevaux pour les emmener; beaucoup de gentilshommes, qui ne faisaient point partie de la cour, s'empressèrent de les suivre ; celui qui pouvait courir courait, car il nous semblait à tous que nous allions être délivrés de toutes nos peines -. »
Aussitôt commença la persécution des Catholiques sous le patronage et avec le concours de l'Électeur de Saxe et des Alliés. Le Protestantisme fut imposé à la population. Henri, se déclarant convaincu de la vérité de la nouvelle doctrine, exigea que tous ses sujets en fissent profession. La Confession d'Augsbourg et l'Apologie devaient être regardées désormais comme l'expression la plus pure du Christianisme. Tout prêtre fut tenu d'enseigner au peuple « que les vœux religieux ne peuvent être gardés sans offense à la majesté de Dieu et sans péril pour la conscience ». Cha-
volume. L'abbé Paul deCella écrivait en 1537 à l'abbé Pierre : « La faction Luthérienne nous serre de plus près que jamais nous ne l'aurions pu craindre. Le duc Henri et toute sa suite ont tendu, de Freyberg, la main à Luther. Le mal fait tous les jours de nouveaux progrès, si bien qu'en peu de jours le clergù tout entier a été dispersé, les cloîtres abandonnés, leurs saintes richesses pillées, le service divin interdit, et tout si bien saccagé que je ne pourrai jamais avec la plume ni par mes paroles retracer une pareille détresse. » Bertuch, Teutsches P fortischos Chronicon (Leipsick, 1724), p. 108.
' V. Langenn, Herzog Moritz, t. II, p. 182-183.
* ÜLAFEY, Kern der sächsischen Geschichte, p. 119.
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cun devait se montrer reconnaissant de voir l'abomination romaine et Tidolàtrie papiste abolies; « car un vrai papiste n'est autre chose que l'esclave de son ventre, un monstrC;, un blasphémateur, un contempteur impie de la religion et du droit K » « A la grande joie de tous les bien intentionnés, » écrivait le conseil de Berne à celui de Bàle le 13 mai 1539, « le duché de Saxe vient d'être arraché de la gueule du papisme 2. ,y
Les théologiens de Wittemberg insistaient pour l'emploi de la violence. Luther se plaignait qu'on n'eût pas immédiatement chassé du duché plus de cinq cents curés, « papistes venimeux '^ ». Partout le droit cédait devant la force.
Lï'vôque Jean de Meissen, lui aussi, fut sommé d'adhérer sans retarda l'Évangile, bien qu'en sa qualité de prince d'Empire, il fût entré dans l'union de Nuremberg '' et que les Alliés, dans les articles de la trêve de Francfort, se fussent engagés à ne faire violence à personne au sujet de la foi et à respecter les propriétés ecclésiastiques. Luther trouvait qu'il n'y avait pas lieu de tant discuter sur ce sujet (juillet 1539). Henri, prince souverain et tuteur de l'évêché de Meissen, était obligé en conscience d'extirper « l'abominable et sacrilège idolâtrie romaine » peu importait de quelle manière. « Si le duc Georges a manifestement protégé le diable et condamné le Christ, le duc Henri, lui, protégera le Christ et condamnera le diable ; car les princes, autant qu'ils le peuvent, doivent, le plus vite possible, abattre Baal et les idoles, à l'exemple des anciens rois de Juda et d'Israël, et plus récemment de Constantin, de Théodose et de Gratien ^»
Le 14 juillet, des enquêteurs, envoyés par le duc, avertirent le chapitre de la cathédrale de Meissen que, « de par l'ordre exprès des princes de Saxe, la messe, à l'avenir, ne serait plus célébrée dans la cathédrale ; que le tombeau de S' Benno allait être détruit et que les chanoines auraient désormais à s'entendre avec euxpour tout ce
> Richter, Visitatiomartlkel und Kirchenordnung, t. I, p. 306-3Û8. Voy. Neue Mill/ieilungen deslliùringisch-suclu^iscken Vereins, t. X, p. 91. — A Dresde, vingt-sept autels turent brisés dans l'église de la Croix, et les images enlevées. Le conseil dépouilla les églises et les couvents de toute leur précieuse orfèvrerie. Voy. la liste des objets volés dans l'ouvrage intitulé llefnrtnalionsf/i'sr/iic/ite Dresdens, p. :ä7-!!ä'J. Tant d'objets de prix provenant de toutes les églises de la contrée furent transportés dans le trésor de Dresde; ou les eslioia plus de loU,UUU florins. Voy. p. 39.
» Eidf/eni'jssischc Absehiede, t. IV, Ablh. 1% 1089.
3 Dépêche à l'Elecleur de Saxe (19 septembre 1539). Voy. DR Wëttë, t. V, p. 204.
* Pièce datée tlu iH nlaPs iü39. Voy. OcuâDoui", p. 3o0-3ol, voy. aussi p. 371. Les prérogatives de Tévèque comme membre du Saint-Empire avaient été confirmées par l'Empereur. Voy. Geusdohk, p. 350-357, Richter, Verdienste, p. 9-10.
'' De Wehe, t. V, p. i91-19i>.
PERSÉCUTION DES CATHOLIQUES DANS l'ÉVÊCHÉ DE MEISSEN. 1539. 433
qui concernait le culte. » A cela le chapitre répondit qu'il ne pouvait obéir à de pareils ordres, qu'il entendait rester fidèle à la tradition de l'Église chrétienne et universelle; que c'était à l'évêque et non aux princes temporels qu'il appartenait d'envoyer des enquêteurs; que l'évéché, partie intégrante de l'Empire, était entré dans l'Union de Nuremberg, et que le recez d'Augsbourg et d'autres actes et édits impériaux interdisaient les nouvelles doctrines dans les pays oii elles n'avaient pas encore pénétré. Malgré ces protestations, une troupe de gens armés, envoyée par les princes alliés, pénétra la nuit suivante dans la cathédrale. L'autel de Saint Benno et sa riche châsse furent mis en pièces. Après quoi le culte catholique fut aboli et remplacé par le prêche luthérien. Voilà ce qu'on appelait en Saxe « établir la liberté évangéhque. »
« Ainsi donc,» écrivait l'évêque à l'Empereur, «je me vois totalement dépouillé; je n'ai plus aucune autorité dans mon église cathédrale : les prêtres qui me sont restés fidèles sont, pour cette seule raison, raillés et honnis, contraints de quitter leurs paroisses et de s'expatrier *. » L'évêque se plaignit au duc de n'avoir pas même été consulté dans la question du changement de religion ; mais celui-ci lui répondit « qu'il n'avait qu'à rester en paix, et qu'il devait s'estimer bien heureux qu'on lui permît de conserver dans son château de Stolpen son culte impie, ses anciens et abominables usages papistes -. »
Quant à l'Université de Leipsick qui, sous le duc Georges, avait été le ferme rempart du catholicisme dans l'Allemagne du Nord, les théologiens de Wittemberg insistèrent auprès du duc pour que les professeurs qui refuseraient d'adopter immédiatement la doctrine de Luther fussent révoqués. Ainsi donc rien n'était respecté; on n'avait plus égard ni aux droits des individus, ni à ceux des corporations, ni à aucun des anciens et vénérables privilèges des Hautes Écoles. « Les moines et les sophistes de l'Université, » écrivait Mélanchthon, « sont des blasphémateurs et comme tels doivent être sévèrement châtiés par les autorités chrétiennes ; du moment qu'ils refusent d'adopter la nouvelle doctrine et ne veulent pas se taire, il faut les expulser 3, » Myconius, de Leipsick, mandait, le 21 juin 1539, à l'Electeur de Saxe, que les coutumes impies
' Gersdoaf, p. 364. Voy. Borkhardt, Sächsische Kirchen und Schulvisitationen, p. 233,285.
* Voy. l'article intitulé : « Georg der Bärtige » dans le sixième volume de cet ouvrage. Ou y trouvera aussi d'intéressants détails sur les traitements infligés aux religieuses de Freiberg.
Corp. Reform., t. III, p. 712, 713, 847.
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des papistes venaient enfin d'être al)olies dans la ville; fjue Cruciger et hii, dans une dispute avec les docteurs et les moines, avaientremporté une victoire éclatante sur le diable et toute sa séquelle, et que ses mensonges et ses blasphèmes avaient été dévoilés aux yeux de tous 1. Les professeurs catholiques furent éloignés. Leur protestation nous apprend comment, à dater de ce moment, les choses se passèrent à Leipsick : « Les prédicants se donnent toutes les peines du monde pour rendre odieux dans leurs prêches les étudiants et la Haute École ; ils injurient et insultent les études philosophiques et humanistes qu'ils nomment payennes et diaboliques; par là, ils détachent les étudiants de leurs maîtres et de leurs études et changent l'Université en désert; ils outragent publiquement les magisters et les docteurs, les traitent d'ânes ignorants, qui ne comprennent rien à la Sainte Écriture, et cependant eux-mêmes ne pourraient dire trois mots de latin. Ils n'agissent ainsi que pour ruiner l'Université et flétrir la mémoire du prince défunt -. »
Les prédicants démagogues, dont le nombre allait toujours croissant, injuriaient de telle sorte en chaire le duc Georges et tous ceux qui avaient été ses amis, prêtres ou laïques, que les États, les chevaliers, la noblesse, supplièrent Henri de mettre un terme à ces scandales et de punir ceux qui continueraient à les donner. Deux ans plus tard, ils se plaignent encore a des injures inutiles prodiguées à un mort. » « Beaucoup , parmi les nouveaux prédicants, abusent de la parole divine et de la charge qui leur a été confiée. Plusieurs annoncent la doctrine en paroles emportées, acerbes ; leurs sermons ne peuvent améliorer en quoi que ce soit leurs auditeurs, fis outragent les morts avec une audace singulière, et même quelquefois les vivants ; ou bien ils vomissent l'injure contre les autorités, et voilà, la plupart du temps, en quoi consiste leur enseignement. Plusieurs mènent une vie de désordre, et le peuple en est scandalisé ^. »
Nulle part, dans le duché de Saxe, l'introduction du nouvel Évangile ne fut saluée avec joie.
A Ghenniilz, en lîJ39, les Etats exprimèrent leur déplaisir de n'avoir pas été consultés dans les importants changements religieux qui s'étaient opérés. On lit dans le procès-verbal de leur assemblée : Personne, à l'avenir, ne souffrira persécution à cause de sa foi ; les
1 Seckendoiif, t. 111, p. 219-220.
s WiNEU, De fdcull. iheol. evanget . in Unlversilalc Lips. orli/inibi/s (Lipsijc. 1839), p. 23.
3 Lancenn, Uerzoq Morilz, t. Il, p. lOA-110.
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couvents encore existants ne seront plus supprimés sans notre consentement. Quant aux évêques, nous nous refusons à lever des troupes pour les combattre, car nous les considérons toujours comme nos légitimes seigneurs, nos alliés et nos parents. Le duché, sous le duc Georges, a toujours été prospère et paisible, toujours le duc, assisté des États, a maintenu le pays dans l'obéissance et dans la grâce de l'Empereur et du roi. En ce temps-là, nous avions la paix, aussi bien à l'intérieur qu'avec nos voisins. » Les États exhortaient Henri à marcher sur les traces de son frère, et à gouverner de telle sorte, « en s'inspirant de leurs avis et non de ceux d'autres personnes qui ne participaient point aux charges du pays, » que l'ancienne prospérité pût retleurir. « Henri fut très blessé des éloges donnés au gouvernement « sage, économe et basé sur la constitution » de son frère Georges, ainsi que du conseil qu'on lui donnait de marcher sur ses traces. Il répondit qu'il saurait bien gouverner d'une manière irréprochable « sans suivre les traces de personne ^ »
Néanmoins son genre de vie, depuis le jour où il avait fait son entrée à Dresde, ne fut rien moins qu'« irréprochable ». L'argent du trésor, converti en florins d'or, montait, lors de son avènement, à 128,393 florins'^, et cependant cette somme fut vite épuisée. Trois mois après la mort de Georges, trente mille florins avaient déjà été dépensés en surplus ^. « Je ne sais rien de bon à vous mander d'ici,» écrivait de Dresde au duc Maurice le comte de Mansfeld, « car si je vous racontais comment les choses se passent, je ne pourrais en venir à bout, même en employant toute la peau d'une vache ''. Les églises, les couvents sont pillés, les vases sacrés fondus. Les courtisans ressemblent à d'avides corbeaux. Pour le peuple, de nombreux et accablants impôts représentent l'unique avantage qu'il ait encore tiré du nouvel Évangile et du nouveau règne ^. »
* V. Langenn, Herzog Morilz, t. II, p. 25-2(3. Weisse, Chursnchsische Geschichte, t. m, p. 270.
^ Voy. Arndt, Archiv II, p. 7, note 6.
^ « Nos ia aula nostra, » écrivait Joachim v. Ileyden le 9 août 1539 à Jean Ha. senberger, « tam egregie pergrecamur, ut ab eo tempore, quo dux Georgius mortem übiit, plus minus trigenta millia aureorum absumpserimus. » \ oy. Denis, Codex manuscr. Bibl. Vindobon., 1b, 1802. Voy. Dollingeh, Reformation, t. I, p. 572, note 292.
* V. Langenn^ t. I, p. 94 et suiv.
■" Le luthérien Arnold, déplorant la dilapidation des biens du clergé, écrit : « Quam magnum detrimentum bac ipsa re Misniai allatum sit, midtse et maximœ exactiones populo post mortem Heinrici impositae satis docuerant. Erant enim omnia monasteria, templa quoque in civitatibus auro et argento plena. Georgius quoque ingenlem pecuniarum thesaurum reliquerat. Hœc omnia si fideliter administrata fuissent, plurimum certe paupertatem populi temporibus necessarii