‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 171 sur 572 · LA NOUVELLE DOCTRINE DANS L KLECTORAT DE BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE DOCTRINE DANS L KLECTORAT DE BRANDEBOURG

Le 18 août 15\1, le duc Henri mourut. Maurice^ son fils et son héritier, « marcha sur les traces de son père, » mais avec une brutalité et un sans-gène plus révoltants encore, il anéantit tout vestige de l'ancienne religion. Il exigea l'entière soumission des évêques de Meisscn et de Mersebourg. « Trop faibles, » disait-il, «pour oser résister à la maison de Saxe , ils devaient se résigner à leur destinée et chercher une résidence en dehors de leurs évêchés. » La force seule tranchait toutes les questions, et l'on raillait les Catholiques qui persistaient à attendre de l'Empereur protection et justice. « Les papistes, » répétait-on à la cour ducale, « espèrent en l'Empereur, comme les juifs dans le Messie ^. »

Presque au même moment où l'Évangile « se levait » dans le duché de Saxe, l'Électorat de Brandebourg prenait rang parmi les états protestants.

L'évêque de Brandebourg, Mathias de Jagow, avait été l'un des plus zélés promoteurs de la nouvelle doctrine, bien qu'il eût juré, non seulement au Pape mais à TÉlecteur Joachim I«"", prince fermement attaché à la religion catholique, qu'il ne laisserait jamais l'hérésie pénétrer dans son évêché et la combattrait de tout son pouvoir 2. (1528) Ces promesses solennelles ne l'avaient pas empêché d'installer cette année-là même à Brandebourg un prédicant luthérien. ^ Aussitôt après la mort de Joachim (11 juillet 1535), il autorisa le mariage des prêtres et la communion sous les deux espèces.

Le prince Joachim, bien que depuis longtemps attaché secrètement aux nouvelles doctrines ^, avait promis à son père, « sur son honneur, sa loyauté de prince et sur sa parole équivalente à un serment, » de rester fidèle à l'ancienne foi et de la maintenir dans l'Électorat ^. Lors de son mariage avec la princesse Hedwige, fille du roi de Pologne Sigisraond, il avait renouvelé cette promesse, s'en -

sublevassent. Sed quia fleinricus ob lelalem suam infirmior erat, omniaque in suos familiäres rejiciebat, accidil, quod oauiibus principibus, sua vel curare nolentibus vel non valentibus, accidere solet, ut tum i/nusqi/isrjuc pingucscere sludeat, reipublice commoda negligat, eoque vehementius, quo graiidiores et magis edaces, sunt aulici illi corvi. » Ahnold, Vila Mauricii, p. 1161.

* BuuKUAUDT, Sàchisclic Kirchen ïind Scfmlvisitationen, p. 287.

'^ « observare volumus sub juramento... haîreses purgare et ne ingruant,

quoad possumus, obsistere. » Voy. Gercken, p. 692. ^ SciiüFFER, licfonnatlonslihlorie der Sladl Brandenburg, p. 71.

* Voy. Leotinger, dans Krause, p. 99, 08. « Nihil tarnen, quoad pater vivebat, de priore vitœ institulo publice mutabat... donec alia se oflerret fortuua aliaque se tempora dareut. »

'- Voy. Müller, Reformation, p. 149-151.

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