‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 172 sur 572 · RÈGLEMENT ECCLÉSIASTIQUE DE L'ÉLECTEUR JOACHIM II · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT ECCLÉSIASTIQUE DE L'ÉLECTEUR JOACHIM II

gageant à ne jamais souffrir que le Luthéranisme fût introduit dans ses états, (septembre 1535) Mais le Landgrave Philippe lui persuada qu'il ne pouvait rester fidèle à son serment sans exposer le salut de son âme; que c'était aller contre Dieu que de rester dans l'Église romaine, dent l'enseignement était opposé à la divine vérité, et que son devoir de prince l'obligeait à faire prêcher dans l'Électorat les doctrines nouvelles sans avoir égard à la parole donnée. Si quelqu'un lui reprochait d'avoir trahi son serment, Philippelui conseillait de répondre: «Je ne me soucie pas de Luther; je me borne à autoriser dans mes états la prédication de l'Évangile; je n'ai jamais pu ra'engager à ne pas croire ou à ne pas obéir à l'Évangile ! » Le Landgrave lui promit, s'il consentait à embrasser la doctrine de Luther, de le servir de tout son cœur et d'exposer pour lui son corps et ses biens. « Nous avons tous les yeux fixés sur Votre Grâce, » lui écrivait-il; « puisse notre espérance n'être pas déçue * 1 »

Joachim jouait double jeu. Au roi Ferdinand, au duc Georges de Saxe, il donnait les meilleures assurances de sa fidélité à la foi catholique ; au Landgrave, au contraire, il écrivait le 24 avril 1537 (( qu'il ne se laisserait intimider par qui que ce soit, » et qu'il établirait dans ses domaines« un gouvernement chrétien dont Philippe aurait tout lieu d'être satisfait '-. »

Après la convention de Francfort et la mort de Georges de Saxe, il marcha rapidement vers la réalisation de son plan. 11 fit savoir au Landgrave en novembre 1539, ainsi que Calvin le mandait à Farel en novembre 1539, « qu'il était maintenant tout disposé à adopter l'Évangile et à extirper le papisme. » « Ainsi donc^ » écrivait Calvin, plein de joie, «nous venons de remporter une importante victoire-*. »

En 1540, Joachim, usant du droit que lui donnait son titre de prince-évêque, publia un nouveau règlement ecclésiastique. Il l'imposa à tous ses sujets, leur ordonnant de le considérer désormais comme le symbole religieux que tout lÉlectorat devait adopter. Ce règlement maintenait, autant que la chose était possible, «les cérémonies et bonnes coutumes du passée » même la c messe latine, » les ornements sacerdotaux, l'élévation de l'hostie et du calice, ainsi que beaucoup de fêtes de saints, et en [particulier les fêtes «de la très sainte et bénie Mère de Dieu. » Il détendait, sous des peines sévères, d'enfreindre les lois du jeûne et de l'abstinencependant les quarante jours du carême. Gomme auparavant, des processions solennelles

» Lettre du 18 juillet 1333, dans Rosimel, t. III, p. 70-72.

* RoMMEL, t. H, p. 369.

3 Calvini 0pp., t. X, p. 431. Voy. Hipler, t. 1, p. 84.

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