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LE PROTESTANTISME A RIGA

cent d'intérêt. Au bout de peu d'années, l'Électeur avait contracté une dette nouvelle de 800.000 florins de capital, augmentée de cent mille florins d'intérêts *.

(( Ce n'étaient, parmi les séculiers comme parmi les ecclésiastiques, que plaintes et récriminations. Le peuple devenait tous les jours plus grossier, plus dissolu. Lorsque le superintendant général Agricola, huit ans après l'établissement de la nouvelle Église, ordonna l'inspection des paroisses, il fut obligé de constater l'ignorance et la grossièreté des pasteurs. Le droit de pourvoir aux. emplois ecclésiastiques était abandonné à la noblesse et, comme s'en plaignait l'Électeur, elle choisissait de préférence des « ânes ignorants, des rustres », naturellement très disposés à céder au plus offrant des portions de cimetières, de prairies, des fermes et des redevances. » « La noblesse et la bourgeoisie, » écrivait Agricola, « s'entendent pour restreindre les revenus des curés. La plupart prêchent malheureusement sur ce thème unique, s'etforçant de prouver à leur auditoire combien il est juste de leur laisser la jouissance des dîmes. Ils n'étudient plus, à moins qu'ils n'apprennent au cabaret l'évangile des goujats. S'il se trouve parmi eux quelques hommes intelligents, ils se dégoûtent promptoment de leur genre de vie, s'apsrcevant trop que rien ne marche, et que les princes et lanoblesse n'ont qu'une unique préoccupation : accaparer à leur profit le bien des églises et des couvents'^. »

Tandis que Joachim établissait sa nouvelle Église, un autre membre de la maison de Brandebourg introduisait le Protestantisme dans

' Winter, Die märkischen Stande, t. XIX, p. lo9 et suiv., 581et .suiv.,et t. XX p. 508 et suiv. Dès ioöO, les dé-agréables suites du prolétariat des campagnes commencèrent à se faire sentir. Les paysans tombés danà la misère faisaient irruption dans les villes, et dévoraient les ressources des comités de bienfaisance communaux. La misère, causée par l'accroissement des impôts et la décadence du commerce, était encore accrue par l'insécurité des voies d'échanges (p. 51o). « Les villes se plaignaient de la pénurie des paroisses, répétant que les pasteurs devaient être rétribués par l'Etat, car le pays était si pauvre qu'on n'y aurait pas trouvé vingt paysans en position d'élever leurs enfants« (p. 670). Droyse.v, 2^ p. 200-204-465. (lALLüs, p. 73-92. Sur les dettes du prince, voy. aussi Nhdmann, Geschichte des Wuchers, p. 532-533, et surtout S.Isaacsohx, Die Finanzen Joachims II, und das ständische Kreditioerfc, dans la Zeitschrif für preussische Geschichte und Landeskunde, t. XVI, p. 433-47!l. Le système monétaire était dans un si déplorable état que, d'après le propre aveu de l'Electeur, a les monnaies s'étaient en quelques années amoindries elavaient diminuédu quartde leur vaieiT. s «Jamais, » ajoute-t-il, « une invasion ennemie, un incendie ou n'importe quelle autre calamité publique n'avait amené une telle situation. » Winter, t. XX, p. 578.

- Kawerau, p. 241, — Gallus, p. 4Ö.

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