‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 198 sur 572 · INSUCCÈS DE LA CAMPAGNE CONTRE LES TURCS · texte numérisé non relu

INSUCCÈS DE LA CAMPAGNE CONTRE LES TURCS

mais s'ils ne se hâtaient, toute l'entreprise était ruinée et les soldats ne tarderaient pas à se débander. »Cependant les délégués restèrent sourds à ses supplications, indifférents à la détresse de l'Empire et de la Chrétienté. « Encore aujourd'hui, » écrivent les délégués de Francfort le 9 août, « les villes se refusent absokiment à fournir leur contrii)iition et à consentir le nouvel impôt *. »

Pendant ce temps, Joachim, sans aucun plan déterminé, se dirigeait vers la Hongrie. 11 ignorait absolument les positions de l'ennemi ; il marchait tout bonnement « à la garde de Dieu. » L'armée comptait environ vingt-cinq mille hommes de piedet cinq cents cavaliers,« mais lafamine, le.froid, les épidémies, la désertion ne tardèrent pas à la diminuer sensiblement 2. » « Nous manquons d'artillerie, d'armes, surtout d'argent, » écrivait Joachim. « Tout le profit qu'on tire des gens de guerre, c'est leur éternel refrain : De l'argent! de l'argent ! Et quand on pense que nous sommes assez fous pour nous dépouiller nous-mêmes de notre or pour le donner, dans le plus grand mystère, à des étrangers ! » « Tous les jours nous voyons périr de faim sous nos yeux nos pauvres lansquenets ^ »

Dans le recez de Nuremberg, daté du 26 août 1542, il était dit que le fiscal procéderait énergiquement contre les membres d'Empire qui n'auraient pas rempli leurs engagements au temps prescrit: « Mais qu'espérer d'une telle mesure? Dans l'Empire, ni le droit ni la justice ne sont plus respectés, car il n'y a plus de religion, mais seulement des sectes et des querelles interminables sur les fondements de la foi. La raison du plus fort est la meilleure. Chacun agit à sa fantaisie. Que pourrait le fiscal ^ ? »

En septembre, les conseils de guerre qui, de Ratisbonne, devaient recueillir tous les impôts et les contributions de guerre de tous les cercles de l'Empire, n'avaient pas eiicoreété nommés ^.

Enfin, le 27 septembre, après cinq mois de campagne, et lorsque les opérations militaires, d'après le plan primitif, auraient dû toucher à leur terme, Tannée de Joachim, très affaiblie et dans le plus lamentable état, arriva devant Pesth. Ce n'avait été que grâce à vingt mille florins avancés de nouveau par Ferdinand qu'on avait pu

' • Archives de Francfort, Acta Prolest., D. XLIl, nMI, fol. 20-25.

- Voy. KÖ.NNERITZ, p. 9.'5.

3 • Lettres de Joachim du U au 11 août 1542, Reichsfogsactrn, t. LU, 'fol. «l>-95.

« * Aufzeichnuiir/cn von l.i'rJ, voy. p. 19, note 1. Le vénitien Marins Cavalli portait, en 15i2. ce jugement sur les Diètes d'Empire : « Ter le moltr division e diversità di voleri, che ora sono fra li Ccrmani, lutte le loro Dicte si risolve raiiiio in nulla. ovvero, delilierisi quello che si voRlia, sarà eseguito da ognunquello che si vorrà o potr;"i. » Aldkiii, s<'r. /, vol. 111, p. 139.

•■' ' Dépêche de Joachim du 27 septembre loi2 au roi Ferdinand. Reichslagsacten. t. LU, fol. 117-119.

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