GUERRE « ÉVANGÉLIQUE » DU BRUNSWICK
malheur au duc, le tour de la Bavière viendrait infailliblement i. Mais Guillaume, influencé par Eck, soutint « qu'il ne fallait se mêler en rien de cette affaire 2. »
(( Les armées chrétiennes de la Ligue » n'eurent aucune peine à s'emparer du duché sans défense.
Le 21 juin 1542, cinq mille bourgeois et mercenaires de Brunswick, précédés de la bannirre de la ville où se lisait la devise protestante : (( La parole de Dieu demeure éternellement, » assaillirent l'abbaye de Riddagshausen. Bernard Mila, à la tête des troupes auxiliaires de Saxe , les aida dans cette besogne. Les autels, les tableaux, les orgues furent brisés, les monstrances, calices, ornements d'église volés , les archives pillées, les saintes espèces foulées aux pieds. Les religieux, maltraités et honnis, furent chassés et l'église bientôt convertie en écurie. Le 23 juillet eut lieu dans l'église le premier prêche « évangélique. » Un s'empara des baux et titres de rentes du monastère ^. Bernard de Mila, en récompense de sa valeur reçut en don le village d'Unseburg, appartenant à l'abbaye et situé dans l'archevêché de Magdebourg, avec toutes ses dépendances, fermes et moulins *.
De Riddagshausen, les hordes pillardes marchèrent sur le couvent des Augustinsde Steterbourg, « le surprirent, saccagèrent l'église, en brisèrent les autels, le baptistère, le chœur et les orgues, souillèrent ou mirent en pièces lestableauxet les images, arrachèrent les morts de leurs tombes et les donnèrent en pâture aux porcs ; les corps de l'épouse et de la hlle du roi, tout récemment ensevelis, étaient encore intacts. » Là aussi d'horribles sacrilèges furent commis. Les bâtiments furent détruits, la chapelle changée en écurie, les biens mobiliers, les bois, les métairies, l'orfèvrerie d'Église, les provisions» saccagés ou volés ^.
Les choses se passèrent à peu près de même dans l'abbaye impériale de Gandersheim. « On nous a imposé des prédicants luthé-
• 11 juillet 1542, voy. Stumpf, p. 2i6. - Stumpf, p. 247.
ä KoLDEWEY, Reformalion, p. 290-299.
* Hehtmkir, Chronik, t. II, p. 903. Chron. Riddagshusense dans Meibom, Scriptt. rerum Germ., t. III, p. 384. Yoy. Seibertz, Westfälische beitrage zur deutschen Geschichte, t. 1, p. 377.
^ KoLDEWEY, Reformation, p. 296. « Ces pillages se reDOuvelèrent deux fois l'année suivante, n Voy. p. 336. Le duc Jules, bien qu'ardent luthérien, se plaignait encore en 1578 des calomnies répandues contre son père et de la manière brutale dont il avait été chassé de sa terre. 11 ne pouvait oublier qu'on n'avait pas même respecté les tombes à peine fermées de sa mère et de sa sœur. « Gomme leurs corps étaient encore intacts, on les a déterrés, puis abandonnés sans sépulture, de sorte que les porcs s'en sont approchés et les ont en partie dévorés. Des Turcs et des payens eussent agi avec moins de grossière brutalité. » Voy. Heppe, Geschichte des deutschen Protestantismus, t. IV, p. -6.