GUERRE « ÉVANGÉLIQUE )) DL' BRUNSWICK
riens, » écrivent les tenanciers du monastère à l'Empereur. * En présence de la commune et nous appelant par nos noms, ces prédicants vomissaient tous les jours contre nous toutes sortes de calomnies, pour attirer les gens à leur parti et les détacher de l'ancienne et véritable foi. Les crucitix, les images des saints, tout ce qui ornait notre église et notre cimetière a été brisé i. »
C'est ainsi que, pillant et rançonnant églises et couvents, l'Électeur et le Landgrave, à la tête d'une armée de 22.000 hommes, traitèrent un pays sans défense. Beaucoup de villages lurent totalement détruits par l'incendie -.
(( Le moment est on ne peut plus favorable à notre entreprise, » écrivaient les princes, le 5 août, du camp de Wolfenbüttel aux Alliés; « en aucun temps il n'eût été possible de conquérir le duché aussi commodément. Il est actuellement entièrement affranchi du duc Henri. Personne n'a fait de résistance. Les frais de guerre passés et présents vont être couverts, et il nous restera encore une bonne s-ommc pour nous réjouir. 11 s'agira ensuite de bien garder notre conquête, ce que nous ne manquerons pas de faire, si le Dieu tout-puissant nous donne sa grâce et sa miséricorde pour continuer lœuvre commencée ! » Les princes invitaient les Alliés à se réunir à eux, le 20 août, à Gœttingue ^.
Cependant les villes de l'Oberland restaient inquiètes. Le conseil d'Ulm, dans une dépêche adressée au conseil de Strasbourg, lui recommande la prudence, dansla crainte que Ferdinand etlesmembres d'Empire assemblés à Nuremberg, informés de ce qui vient de se passer, ne s'apprêtent à punir une rupture si inattendue de la Paix Publique *. » Le conseil de Francfort, dans une instruction remise à six de ses délégués, les charge d'affirmer aux États de la Ligue que ce qui s'est fait a été entrepris sans l'assentiment et à l'iusu de la plupart de ses membres, et émet la crainte qu'enhardis par le succès les princes Alliés ne songent à envahir d'autres principautés catholiques ^.
Wolfenbüttel, principale ville forte du duché , était déjà au pouvoir des vainqueurs ; « ils y tirent, en vivres, armes, munitions,
' Cahier de doléances, voy. Koldewey, Reformation, p. 197.
* Lichtenstein, p. 2:2. il est assez amusant d'entendre le poète Burkard Waldis, qui faisait partie de l'escoile du Landgrave, assurer qua l'arrivée des Alliés dans le duché, « le moindre petit poulet n'a pas même été effrayé! « Koldewey, Ucinz, p. 57, voy. aussi p. 51.
'Circulaire imprimée, archives de Francfort, Slâdteluge der Ebiigungs Ver. wandten, etc., 1542.
<* Dépêche du 27 juillet 1Ö42. Archives de Francfort.
■' * Instruction du 13 août 1542 pour Ogier de Meiem et Daniel zum Jungen. Archives de l''rancforl.