‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 211 sur 572 · IE BRUNSWICK DEPUIS · texte numérisé non relu

IE BRUNSWICK DEPUIS

à ces blasphèmes contre la sainte Église, à ces injures proférées contre les saints et les vénérables chrétiens du temps passé * ! »

Au nom d'une doctrine qui se faisait gloire d'être la plus pure expression d'un évangile d'amour, la préface du nouveau formulaire religieux disait : « Les doctrines de l'Église Catholique sur les moyens de parvenir à la perfection chrétienne, sur les vœux, sur le saint sacrifice, sur la communion sous une seule espèce, sur le culte des saints, le purgatoire, etc., sont des doctrines diaboliques et impies, inventées par l'Antéchrist. » « Les papistes antichrétiens ne sont pas même dignes d'être réformés par un concile chrétien vraiment ennemi des doctrines du démon 2. »

Le sac presque général des églises et des couvents suivit de près lapublication de ce formulaire. Non seulement les églises furent dépouillées, mais toutes les cloches, à l'exception de celles dont on ne pouvait absolument se passer, furent enlevées, sous prétexte « qu'elles avaient servi à la superstition, à l'orgueil, au faste. » Même Helmstadt, ville très zélée pour l'Évangile, protesta, mais inutilement 3. Des couvents, villes, bourgades, villages, un si grand nombre de cloches fut enlevé, qu'on en vendit pour environ vingt mille florins 4. Les biens monastiques furent confisqués et dilapidés. L'Abbé de Ringelheim estimait à plus de dix mille florins les pertes éprouvées par son monastère ^. Une armée de fonctionnaires avides, richement salariés, gens rapaces et grossiers, ruinait tout le pays. « Comme une bande de vautours avides, ils s'abattirent sur la contrée. » Les gentilshommes « qui avaient fait preuve d'un vrai zèle religieux » dans toute cette révolution reçurent quelquefois, en dehors des châteaux qui leur furent attribués, jusqu'à deux mille florins de récompense 6.

Deux enquêteurs écrivaient à Bugenhagen, le 14 mai 1543 :

' Wies im HerzoglhumBraunschweig, Wolfejibütieler Theils, hergangen 154ö, sans indication de lieu, 2 f . in-4''.

-Chri.sllike Kerken-Ordnunge im Lande Braunswig, Wulffenbùttels deles (Witemberg, 1.^13), A.-Gij. Voy. Richter, Kirchenordnungen, t. Il, 56-64. Richter n'a pas reproduit la préface.

:* Voy. LicHTENSTEix, p. 2"2-23, H2-93, Koldevey, p. 301.

* KoLDEWGY, Reformation, p. 301, 33l), note 38.

5 KoLDEWEY, p. 298. « Somme énorme, si l'on considère qu'un tonneau de bière de mai était alors estimé 3 florins, un cheval de labour, lu florins, un porc I florin, etc. »

" Pour plus de détails, voy. Xoloewey, p. !298-301. Schmidt [Zur Geschichte '1rs ScJimal knldcr Hundes, p. 88) fait une réflexion singulière : >. La Ligiie ménagea beaucoup les habitants, » faute qui ne fut commise à celle époque ni pour la première ni pour la dernière fois. On voulait gagner les populations, et l'on ne réussissait qu'à persuader les mécontents de la justice et de la force de leur cause comme de la faiblesse des rouveaux venus ! « On ne procéiia avec sagesse et feriteléque lorsqu'il s'agit de la propagation de l'iivangilc! »

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