DÉLIBÉRATIONS SLR LA CONQUÊTE DU BRUNSWICK
(' Dans les églises et paroisses des villages, qui sont fort rapprochés l'un de l'autre, chacun veut enseigner, prêcher, distribuer les sacrements à sa guise et selon sa méthode. Un grand nombre de pasteurs se plaignent qu'il n'y a plus moyen de persuader aux gens de recevoir la cène du Seigneur ; le prêche et les sacrements sont l'objet du mépris général. Nous entendons constamment répéter : Les prêtres ne s'entendent pas entre eux sur le vrai sens de l'Évangile, pourquoi les écouterais-je? Je préfère m'en tenir à l'ancien système. » « Quelques églises ont si peu de revenu quelles n'ont pas même le moyen d'entretenir un pasteur. Dans quelques endroits, il n'y en a pas encore d'installés, et l'on ne trouve personne pour s'acquitter des fonctions ecclésiastiques. Ceux que nous envoyons, ne recevant aucun traitement, sont bientôt découragés. En leur conseillant de se tourner vers la cour, vous savez ce que nous risquons, et comment, en général, ces ouvertures sont reçues par les gens du monde et les courtisans. De plus, à la cour, on se livre à de telles orgies que Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses ministres sont absolument mis en oubli*. »
Les paysans refusaient de payer aux prédicants et aux nouveaux pasteurs les taxes et les dîmes des anciens curés, « disant qu'ils abusaient du bien d'église et l'employaient à bien boire età bien manger, au lieu de s'en servir pour la construction de nouveaux temples ou pour venir en aide aux pauvres gens 2, »
(( Tout est discorde cliez nous, » lisons-nous dans un mémoire daté de 1545. « Quiconque refuse de changer de religion est persécuté et proscrit. Les pauvres religieuses sont tournées en ridicule ; on les traite comme des filles de mauvaise vie, on les tourmente pour les faire apostasier, on leur retire leurs moyens d'existence. Nulle part d'ordre, de loi. Les églises sont vides, mais les auberges sont pleines; les petits font tout ce qu'ils voient faire aux grands^ et les orgies, les débauches sont partout de mode 3. »
La conquête du Brunswick ne rencontra pas d'opposition du côté de l'Empire. Le 6 août 1542, le duc Henri affirma devant tous, à la Diète de Nuremberg, que, depuis que l'Empereur avait
*• KoLnEWEY, p. 302-306. Pour plus de détails sur les enquêtes de 1542 à 1544, voy. KoLDEWEY, p. 257-289, 306-316. Bubkhardt, Sächsische Kirche?! und Schul visita Honen, p. 297-320. Déjà sous le duc Henri la plus grande partie des membres du clergé arait grand'peineà vivre. 11 y avait des paroisses dont les revenus annuels ne dépassaient pas deux à trois florins.
* KoLDEWEY, Reformation, p. 311.
' Voy. p. 550, note 1.