DÉLIBÉRATIONS SUR LA CONQUÊTE DU BRUNSWICK
suspendu l'arrêt porté contre Goslar, il n'avait inquiété en quoi que ce soit ni cette ville, ni Brunswick, et qu'il avait défendu à sa noblesse de rien faire qui pût les indisposer en aucune façon. 11 rappela qu'il avait toujours satisfait à toutes ses obligations, envoyant en nombre convenable tous les hommes dont il avait pu disposer pour la guerre turque, et qu'il était tranquillement resté chez lui. La campagne organisée contre lui était donc une rupture inique de la Paix-Publique et de la trêve de Francfort. »
A la suite de cette déclaration, les États, au nom de Ferdinand et de l'Empire, envoyèrent leurs commissaires porter en grand appareil des ordres d'inhibition aux chefs de la Ligue. Mais cette démarche ne fit aucune impression sur eux ; ils se contentèrent de répondre aux commissaires que la guerre du Brunswick n'avait été entreprise que dans un cas de légitime défense. Le 13 août, les États déclarèrent que, pour cette grave question, on s'en remettrait à la décision de l'Empereur et de Ferdinand, qu'elle concernait directement. Pour éviter « toute rupture ultérieure de la Paix Publique » et ne point retarder plus longtemps le vote si important des subsides, Ferdinand, le 24 août, lit savoir aux vainqueurs que, l'intérêt de la défense nationale primant tous les autres, il leur don- • nait l'assurance, avant que la justice n'ait encore informé ni pour- I suivi, qu'aucune action ne leur serait intentée et qu'ils étaient en 1 pleine sécurité*. » Les ducs de Bavière promirent au Landgrave et à l'Électeur de ne fournir aucun secours au duc de Brunswick et de ne rien entreprendre contre eux ni contre leurs alliés".
C'est ainsi que fut tolérée la conquête à main armée d'un pays sur lequel les envahisseurs n'avaient aucun droit. Le fait accompli prévalait; sans troubler les envahisseurs dans leur triomphe, on les laissa, sans mot dire, abolir le culte catholique dans le duché de Brunswick. Seule, la Chambre impériale lit son office et, le 3 septembre, l'Électeur de Saxe, le Landgrave etles Alliés furent sommés de comparaître à Spire, le 1 7 novembre, pour se justifier au sujet de la rupture de la Paix-Publique et de l'attentat commis contre le duc Henri. Les agresseurs étaient menacés d'uuédit de proscription s'ils ne fournissaient promptement des explications satisfaisantes de leurs actes.
(( Une pareille citation, » '"émanant du suprême tribunal de l'Empire, parut aux Protestants un acte d'audace inouï. Luther, l'année précédente, avait déjà appelé la Chambre Impériale « la
' HoRTLEDER, Ursachen, 1699.
* Lettrede Mélanchthoa au duc Albert de Prusse, li oct. Iöi2, Corp. Reform., t. IV, p. 878.