DIÈTE DE NUREMBERG. 1S
de la Diète où était consenti un secours de vingt mille fantassins et de quatre mille cavaliers. Comme il fallait s'y attendre, les Alliés protestèrent hautement. Influencé par Granvelle, le roi eut la faiblesse de permettre que leur protestation fût lue en séance publique et remise au chancelier de Mayence. C'était ôter toute force au recez i.
« Granvelle et Naves étaient les maîtres. » Après la protestation, Ferdinand dit à quelques ambassadeurs protestants que, bien que le recez n'eût pas été accepté, il n'en devrait pas moins être obéi de point en point, tant pour les secours à fournir que pour la suspension des procès de la Chambre Impériale. Naves fut député aux juges du souverain tribunal pour leur enjoindre d'obéir au recez et d'avoir à s'abstenir désormais de toute procédure et arrêts contre les Protestants, suspendant pour le moment non seulement les procès déjà entamés, mais encore renonçant à tous ceux qui pourraient survenir par la suite 2.
Les juges réclamèrent, demandant qu'il fût laissé libre cours à la justice du Saint-Empire, qu'elle ne fût point dépouillée de l'autorité et du respect qui lui étaient dus, et qu'on n'entreprît rien contre la personne des juges avant de les avoir entendus. Mais tout fut inutile ^. Granvelle promit aux ambassadeurs de Saxe que les membres actuels de la Chambre Impériale seraient destitués : « L'Empereur,)) avait-il ajouté, «sait assez que, par cette concession, il s'expose aux reproches et aux injures de plusieurs de son parti; mais il y est décidé et consent à être tenu pour menteur s'il ne tient parole ^. »
Ferdinand ayant dit à quelques députés protestants « qu'en dépit de leur protestation il s'attendait à les voir faire leur devoir de chrétiens, et songer au salut de l'Allemagne ^, les lliés prirent entre eux la résolution de ne jamais consentir à n'importe quelle contribution, ni ouvertement ni en secret, quelque instance que l'on pût faire, jusqu'à ce qu'une paix solide et conforme à leurs désirs leur ait été garantie •'. »
» Voy. Haberux, t. XII, p. 403-413.
s ' Reich larjsacten, t. LIV, fol. 174.
»• Harpprecht, t V, p. Ilkl-IM. Beilagen, p. 392-308. » • Voy. Ranke, t. IV, p. 209.
^ * Relation der Freutule, voy. p. 550, noteS.
"• Ayniffungs-Verwandlen Absclùed zu IS iiraberg vomîR April /.i^.î. Archives de Francfort.