CONSÉQUENCES DE LA DÉFAITE DU DUC DE CLÈVES
veaux croyants, et que la question des évêchés récemment conquis, ainsi que l'affaire du Brunswick, allaient être résolues dans le sens du droit. ' Depuis la défaite du duc de Glèves, » écrivait de Cologne le docteur Charles van der Plassen à un chanoine de Trêves, « les chefs luthériens, princes et autres, montrent de la crainte et de l'abattement. Si l'Empereur sait tirer parti de cette disposition, s'il fait preuve d'énergie et de décision, il n'aura même pas besoin de tirer l'épée du fourreau pour sauver la cause de l'ordre et de la justice. Nos adversaires ne sont si forts que parce que jusqu'ici on ne leur a opposé aucune résistance sérieuse et que, loin de se révolter, on s'est toujours docilement courbé sous leur joug. Entre eux, point d'union, point de communauté de sentiments; ils sont remplis de défiance les uns en vers les autres. Et pourtant j'espère peu voir les choses s'améliorer, car les princes catholiques, eux aussi, sont désunis. Les évêques, pour ne pas formuler contre eux déplus sévères reproches, sont sans énergie, sans vigueur ; la plupart ne se préoccupent que de leurs intérêts temporels, et l'Empereur, dont les fréquentes maladies paralysent la bonne volonté, n'est entouré que de traîtres *. »
Le succès remporté dans le duché de Clèves avait effectivement fait une très profonde impression sur les Alliés. A Francfort, dans une de leurs assemblées, (2o septembre 1543) ils rédigèrent un message pour l'Empereur, et lui offrirent de l'aider à repousser les Turcs, promettant, ce qu'ils n'avaient jamais fait, d'envoyer leurs commissaires assister au contrôle de la Chambre Impériale. Sur l'affaire du Brunswick, ils ne disaient mot, se bornant à prier Charles de ne point autoriser leurs adversaires à les attaquer 2.
Bucer ayant insisté pour que les Protestants gardassent une attitude ferme et énergique vis-à-vis de l'Empereur et de toute la « prêtraille, » et pour qu'ils se hâtassent de se mettre d'accord au sujet de la religion, Philippe lui répondit en lui peignant comme il suit la confusion, les dissentiments de leur parti.
«. Comment mettre d'accord entre eux seulement deux ou trois princes ? L'Électeur de Saxe et grand nombre de prédicants de rOberland, le margrave de Brandebourg et Nuremberg repoussent tout ce que leur propose Bucer. Le duc Maurice refuse de tirer des flèches contre les prêtres parce que, pour le tenir tranquille, on lui a donné un petit os à ronger sous la forme d'un évêché pour son frère Auguste. 11 ne faut pas frapper à la porte de l'Électeur Joachim de Brandebourg, car celui-là, ainsi que je l'entends direde tous côtés, est tout à fait dépravé et de plus criblé de
' * Trierische Sachen und Briefshaflen, fol. 2il-213. * * Archives de Francfort.