LE PAPE CONTRE LE REC EZ DE SPIRE
mais que néanmoins, pour ne pas compromettre danr, l'Empire la concorde et la tranquillité, ils déclaraient en toute soumission « que ce que l'Empereur, en vertu de son suprême pouvoir, proposerait relativement à eux, ils le trouveraient bon, et n'y mettraient point obstacle i. »
Les Catholiques étaient depuis tant d'années «si accoutumés à céder » et d'ailleurs si désunis entre eux qu'il n'y avait à en attendre « aucune résolution virile. » Le légat Morone,(iui les avait vus de près, écrivait à uo.ue en 1540 : « L,es evetjues voguent à toutes voiles vers la concorde ; ils sont prêts à souscrire à tout ; ils n'ont qu'une pensée : vivre en paix ; ils ne demandent qu'une chose : que leurs revenus leur soient laissés ; ils sont ravis d'apprendre qu'à l'avenir les Luthériens ne pourront plus conhsquer leurs biens. » Et Morone donne les motifs de leur faiblesse: « Un grand nombre d'entre eux s'adonnent à la boisson et entretiennent des concubines; lis sont très ignorants des questions théologiques, n'ont aucun respect pour le Siège apostolique, et brîilent du désir d être affranchis de toute obéissance envers le Pape ^. »
Dans le recez de Spire, comme l'avouait l'Empereur lui-même, (( il avait tant cédé » qu'il ne savait comment s'en justifier devant sa conscience '^. » Ses énormes concessions au principe protestant ne s'expliciuent que par la situation où il se trouvait alors vis-à-vis du Pape.
En 1542, Paul III, avec l'assentiment des membres d'Empire catholiqueS; avait convoqué le concile général à Trente, ville moitié
' Hecez de la Diète, ^82. Voy. rinslrucliou de Guillaume de Bavière à ses ambassadeurs, l'J mai 1511, dans Drukfel, Karl V und die ruinische Curie, t. I, p. 2t)5-2Gt». D'après une relalioii de Nivagei'o. datée du .'50 mai loil, l'Erapereuraurail apaisé les Catholiques eu leur assurant « che riputava esscr otTesa da loro ogn'hora-che pensassero, chel'auimo suo fosse per convocar alcuua dielta,nella quale si tratasse diieligioue senza la volonlù ciel pontelice et '.nlervenlo di qualche suo legato. » Il avait dit au sujet de la déclaration de llatisbonne« che S. M. havea nell' anima sua quella dichiarazione per nulla, essendo slala in quel lernpo infjannata e che, quando si tratlara, se la dovesse valer o non valer, promettea in verbo Cœxaris d'anuularla, ma che hora, sendo nel termine che è, non li pareva tempo di mover questa dilTiculta. » Voy. Gacuard, 'l'rois années, p. :280. Une telle politique m; pouvait inspirer grande confiance.
* Voy. ces dépêches dans Laemmer, Mon. Val., p. 273-283. Voy. Dittuich, Gasparo Conlarini, p. S21.
' Kntrelien avec l'Electeur de Saxe, voy. Sch.midt, Geschichle der Deulschcn, t. Xll, p. ;{33 et suiv.