GUERRE AVEC LA FRANCE. — PAIX DE CRESPY. 1544. 5S
pereur, soit unefilbde Ferdinand. D;ins le premier cas, les Flandres devaient être son douaire; dans le second^ le Milanais. L'Empereur abandonnait tous ses droits sur la Bourjjogne; le roi restituait la Savoie, et renonçait pour son propre compte au Milanais, à Naples, à la Flandre et à l'Artois. Les deux monarques se promettaient de combattre ensemble les Turcs et de se prêter un mutuel appui dans les affaires de religion.
Mais François, comme toujours, n'avait pas la moindre intention de remplir ses engagements. Ce dont il se souciait le moins, c'était, en travaillant à la concorde religieuse, d'aider à cicatriser les plaies de l'Allemagne. A la vérité, comme il l'avait promis à l'Empereur, il fit exprimer au Saint Père son désir de voir bientôt s'ouvrir le Concile, mais en réalité il travaillait en sous main à y mettre obstacle *.
L'Empereur avait fait l'épondre verbalement au bref du Pape qu'en temps voulu il saurait bieu prouver qu'il n'était pas responsable des maux qui accablaient la Chrétienté et qu'au contraire il avait toujours cherché à y porter remède, comme l'y obligeaient son titre d'Empereur et ses devoirs envers le Saint-Siège. Si chacun, selon son pouvoir et son rang, eût suivi son exemple, la Chrétienté n'tùt pas eu à subir les calamités actuelles^. Il sollicitait la prompte réouverture du Concile.
Le Pape, qui avait accueilli par des fêtes d'actions degràces la nouvelle de la paix deCrespy, leva, le 19 novembre lo44, la suspension du Concile et fixa la reprise de ses séances au 15 mai de l'année suivante.
Mais à Rome on vivait dans une constante alarme. L'ambassadeur de Charles-Quint avait dit confidentiellement au cardinal Farnèse que si son raaitre triomphaitdes Français^ il ne manquerait pas d'intervenir dans les affaires de la Chrétienté et particulièrement dans celles du Saint-Siège 3. On tremblait aussi, en France, au sujet du Concile. Les déclarations de l'Empereur faisaient supposer qu'il entendait dominer à la lois l'Église et 1 État et être en même temps Empereur et Pape '*. Paul 111 enjoignit aux légats qu'il avait envoyés à Trêves pour préparer le Concile d'ouvrir les séances, quand bien même un très petit nombre d evêques seraient arrivés, aussitôt qu'ils seraient informés qu'à la Diète qui, d'après le recez de Spire, devait s'ouvrir à Worms des uécisiuns portant atteinte à la foi catholique auraient de nouveau été prises •'.
* Voy, V. Drüffel, p. 243-243.
' Pallavicino, lib. \', cap. 6. Voy. Madrenbrecher, Karl V unddie Protestanten, p. (31, note 2, et voa Drüffel, Kari V und die rünüsche Curie, partie I, p. 222 2 io.
» Voy. Hanke, t. IV, p. 229.
* Dépêche du plénipolenliaire anglais datée de Calais, du 18 au 21 oct. 10-44. State-Papers, t. X, p.. 131, 140.
=■ Pallavicino, lib. V, cap. X. Voy. Bocholtz, t. V. p. 40.