EXCITATIONS A LA HAINE DES CATHOLIQUES
le temps est venu pour lui de s'affranchir de sa tyrannie et de fouler aux pieds le serment qu'il a prêté. » « Lorsque les papistes se lamentent et répètent: les Pères, les Conciles, les décrétalcs, les canons, les anciennes et vénérables traditions, la baniue de Saint- Pierre, le Saint-Siège et l'Éfi^lise apostolique, ne les écoulez pas: c'est la voix de la flatteuse sirène; et Votre Majesté doit se boucher les oreilles pour ne pas l'entendre, comme le fit Ulysse pour n'être pas entraîné par les charmeuses qui voulaientl'empêcherde continuer sa route. » Les Papes sont les perturbateurs de l'ordre; il faut retrancher de la Chrétienté ces êtres dangereux. » « Tout ce que le Pape possède, il l'a mendié ou volé; serviteur do l'Église, il doit, comme les simples prêtres, se contenter du vivre et du vêtement, au lieu de gouverner des pays et des citoyens, au lieu de posséder des châteaux et des cités •. »
L'Empereur fut très irrité de ces écrits 2, et bien plus encore d'un « furieux libelle » que Luther publia alors, à la prière de l'Électeur de Saxe et du chancelier Brück.
Ce dernier, le 20 jjinvier lo45, avait écrit à l'Électeur que, si vraiment le Concile reprenait ses séances, il fallait de toute nécessité que Luther « mit une bonne fois la cognée à la meine de l'arbre, » besogne pour laquelle« il avait reçu de Dieu un génie plus excellent que tous les autres hommes ^. »
Le monde put bientôt apprécier l'excellence de ce génie dans l'écrit intitulé : Contre la Papauté fondée à Rome far le diable.
"^Sleidax, /?ef/cn, p. 2G, 39, 77-78, 12t, 141, 214-224, 229. En 1344, Bucer proposa au Laiid^^ravö de Hesse de faire choix de son ami Seidan pour étrire l'histoire de la réforniution. « Les merveilles du Seijjiieur, dont Noire Grâce a été l'instrument, ont été très exactement étudiées et décrites par lui. » Kn acceptant les services de SIeidan, l'KItcleur de Saxe et le Landgrave lui imposèrentlobligation de ne publier ni laisser paraître son travail qu'apiès qu'il aurait été examiné par des docteurs de leui' choix, afin qu'il ne parût qu'avec leur assentiment. Baumgarten, SIeidan, p. LXVletsuiv., p. 113, 114. Le dl décembre lo43, SIeidan écrivait à Henri VIII: << Principes ordinesque Protestantes confœderati, in ea conditione, qua me sibi devinxerunl, iiitt'r alla mihi mandarunt, ut tolaiii historiam renovat;e religionis. . . ordiiie conscribam ad hüdiernum usque diem...» « Frimum ejus histori;c librum .ibsolvi. Nihil autem evulgabitur a me, nisi de consensu et mandato Principum. Nam et hoc mihi ab Ulis injunctum est. » State l'apers, t. X, p. 7t)4-7lJö.
' Lelirede SIeidan à Jacques Sturm, 13 avril 1345. Urem und Veide'sr/ien ßihliotfie/c (Hambourg, 173.'i , t. 1, p. lUti. d du 14mai 1345 au cardinal du Bellay, voy, Geiueh, Bric/' Sfeidan's, p. 177.
'■> Lettres de l'EIccleur et de Brück, Corp. Reform., t 'V, p. 635, 062. Voy. SciiMiuT, Meluric/il/ioii, p. 443. Luther avait encore un antre objet en vue, c'était la réfutation du bref du Pape. Ce bref, adressé ù l'Empereur et daté du 2i août 1:144, était, à linsu de IKmpereur, tombé entre les mains des Protestants. S'il faut en croire Jean-Jacques Eugger, très informé de tout ce qui se passait à la cour impériale, (jrandvi.dle avait fait p;irTenir ce bref à I>uther par renlrcniise d'un homme de confiance. Voy. von Duuki'el, lùirl ]' und die n'imisctie Curie, partie I", p. 231-233.