‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 237 sur 572 · ÉTATS DE LA LIGUE A FRANCFORT · texte numérisé non relu

ÉTATS DE LA LIGUE A FRANCFORT

Philippe de Hesse chercha à procurer le bonnet d'Électeur à « un prince bien intentionné pour l'Évangilo, de façon à pouvoir compter sur cinq voix dans le collège électoral. Tout d'abord, il l'avait ambitionné pour l'un de ses fils ; mais voyant toutes les difficultés que présentait ce projet, il l'avait abandonné. D'iiUeiiigence avec l'Électeur Palatin, il lit élire le chanoine Sébastien de Heusenstamm, en secret f ivorable aux nouvelles doctrines, et décidé à introduire le mariage des prêtres et le calice laïque dans l'évêché *.

Les Alliés s'étmt réunis à Francfort résolurent de défendre l'archevêque de Cologne, Hermann von der Wied, des accusations portées contre lui ^ (décembre lo45).

L'Empereur avait accordé des lettres do protection au chapitre et au clergé de Cologne pour les dispenser d'obéir à Hermann ; à maintes reprises il avait enjoint verbalement ou par écrit à l'archevêque de rentrer dans le droit chemin, l'avertissant qu'en persistant dans sa ligne de couduile il s'exposait à perdre à la fois le titre d'archevêque et le rang d Électeur, puisijue l'un dépendait de l'autre. Mais Hermann avait tenu bon ; un procès lui avait été intenté à Rome, et l'Empereur l'avait invité à venir se disculper en sa présence à Bruxelles 2; au lieu d'obéir, Hermann en avait appelé (( au concile libre et chrétien qui devait sous pou se réunir en Allemagne,» et s'était de nouveau placé sous la protection delà Ligue.

Aux États de Francfort, les Alliés, après avoir déclaré que la cause de l'archevêque était la leur, se joignirent solennellement à son acte d'appellation et résolurent de faire dire à l'Empereur, par rentremise de leurs ambassadeurs, « que l'archevêque était dans son droit et n'avait encouru aucune condamnation. » Ils convinrent de faire parvenir sans tarder un important secours à Hermann dans le cas où il se verrait menacé par l'Empereur. Afin de bien s'entendre sur l'étendue et la forme de ce secours et

Grâce Electorale avait eu malheureusement le gouvernement en un déplorable tem|)s, qu'il n'avait ni argent, ni céréales, ni vins: que Sa Grâce était élenclue sur son lit do mort et n'avait presque rien à manger ni à boire, » priant le chapitre d'acquitter du moins ses8,UÜ0 fl »rins dedettes. Le chapitre repoussa cette demande disant « l'archevêché si endetté, que non seulement Albert, mais son successeur n'en |)ourraienl jamais tirer de quoi se maintenir honorablement. » Voy. Mav, t. II p. 478-482.

' Voy. Neudecker, AclensUicke, p. 076. Seckenoorf, t. III, p. 568.

* Pour plus de détails sur les Etats de Francfort, voy. Schmidt, Zur Gesliichle des Schmal kalder Dundiis, p. 71-98.

ä L'Empereur eut même quelque temps la pensée de chercher par tous les moyens possibles à s'emparer de la personne de l'archevêque, de le conduire avec lui en Flandre, et de donner sa charge à son coadjuteur. » Happort du nonce. 22 juillet 1545. Schwarz, hämische BeilräßP, p. 394,

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