PLAINTES DES CATHOLIQUES A LA DIÈTE DE RATISBONXE
invitations, mais les chefs de la Ligue persistèrent dans leur abstention. Ce ne fut que le 5 mai qu'il fut possible d'ouvrir les séances, avec un très petit nombre d'assistants.
Dans son premier discours, l'Empereur rappela tout ce qu'il avait tenté jusque-là pour rétablir en Allemagne la concorde et l'unité religieuse; il se plaignit de la rupture de la conférence de Ratisbonne et de l'absence de tant de princes, et réclama l'avis de l'assemblée sur la fixation des subsides indispensables à la guerre turque et sur le rétablissement de la Chambre Impériale.
Les Catholiques le prièrent de remettre les questions religieuses au Concile de Trente et d'obliger les Protestants à en accepter les décisions ; mais les Alliés déclarèrent qu'ils ne pouvaient s'en remettre pour les intérêts de la foi qu'à un concile national suivi d'une Diète, ajoutant que ce serait alors aux Catholiques à se soumettre i. L'Empereur, renouvelant la demande qu'il leur avait déjà adressée à Worms, les pria de venir du moins à Trente pour y exposer leurs difficultés et les motifs de leur récusation : ils n'y voulurent jamais consentir.
Depuis son arrivée à Ratisbonne, Charles, comme à toutes les Diètes qu'il présidait depuis 1530, recevait des Catholiques d'innombrables plaintes sur les persécutions auxquelles ils étaient en butte.
L'évoque d'Hildesheim demandait pourquoi dans son évêché, oij les Protestants n'avaient pas le moindre droit d'intervenir, les couvents avaient été saccagés, les religieuses, les moines, les prêtres, les maîtres d'école, chassés; pourquoi le peuple avait été contraint d'adopter une foi nouvelle, et quels droits les Protestants avaient de se conduire chez lui en maîtres? N'était-il donc plus évêque et prince du Saint-Empire? » Vingt-trois prêtres de son diocèse protestèrent avec lui contre les persécutions dont ils avaient été victimes, ce Parce que nous entendions rester hdèles à notre foi et garder l'obéissance que nous devons à notre évèque, » écrivaientils, « on nous a chassés, on a été jusqu'à confisquer le patrimoine de beaucoup d'entre nous. »
« Nos parents et nous avions fondé des messes, établi des écoles pour que la jeunesse fût élevée dans la vraie foi catholique, » écrivaient à leur tour les bourgeois de Mulhausen; « mais notre conseil, par crainte delà Saxe et delà Hesse,a embrassé la nouvelledoctrine et interdit notre religion. Ce que nous avions donné a été confisqué ou bien attribué au nouveau culte. En vain avons-nous protesté,
^ Heyd, t. 111, p. 331.